‹ Œuvres complètes; nouvelle édition collationnée et augmentée des lettres de Sainte Chartal, des lettres inédites de l'auteur, du portrait de lui et d'autographes (volume 3)Chapitre 433 sur 450 · NÇOIS DE SALES, A UN GENTILHOMME · texte numérisé non relu

NÇOIS DE SALES, A UN GENTILHOMME

MDtoit de grandes frayeurs de la mort et des Jugements de Dieu.

sieur, me voici certes en une grande de savoir combien vous en avez eu cette forte et fâcheuse maladie de le . comme j'espère , vous relèverez , t j'eusse eu infiniment plus de dé- , si de toute part on ne m'eût assuré ^ces à Dieu , vous n'avez été en aorte de danger, et que vous coms à reprendre les forces et le chemin ^uérison.

loe qui me donne plus d'appréhen- Mintenant, c'est ce qu'on crie, Bit BMd que vous avez par les acci-

dents corporels, vous êtes surchar^ d'une violente mélancolie : car je m'imagine combien cela relardera le retour de vôtre santé, et engendrera des dispositions contraires.

Or, c'est ici. Monsieur, où mon cœur est grandement pressé ; et selon la grandeur de la vive et extrême affection dont il vous chérit plus qu'il ne se peut dire, il a aussi une extraordinaire compassion au vôtre : et s'il vous plait , monsieur, dites-moi , je vous supplie , quel sujet avez-vous de nourrir cette triste humeur qui vous est si préjudiciable? Je me doute que votre esprit ne soit encore embarrassé de quelque crainte de la mort soudaine et des jugemensdeDieu. Hélas! que c'est un étrange tourment que celui-là ! Mon ame qui Ta enduré six s- maines durant, est bien capable de compatir à ceux qui en sont afQi-

Mais, Monsieur, il faut que je vous parle un peu cœur à cœur, et que je vous dise que quiconque a un vrai désir de servir notre Seigneur et fuir le péché , ne doit nullement se tourmenter de la pensée de la mort ni des jugemens divins : car encore que l'un et l'autre soit à craindre, si est-ce que la crainte ne doit pas être de ce naturel terrible et effroyable qui abat et déprime la vigueur et force de l'esprit; ains doit être une crainte tellement mêlée avec la confiance en la bonté de Dieu que par ce moyen elle en devienne douce.

Et ne faut pas. Monsieur, que nous révoquions en doute si nous sommes en état de nous confier en Dieu, quand nous sentons des difficultés à nous garder du péché, ni quand nous avons défiance ou peur qu'es occasions et tentations nous ne puissions pas résister. Oh non, Monsieur; car la défiance de nos forces n'est pas un manquement de résolutions, ains une vraie reconnaissance de notre misère. C'est un sentiment meilleur de se défier de pouvoir résister aux tentations , que non pas celui de s'en tenir pour assuré et assez fort , pourvu que ce qu'on n'attend pas de s forces, on l'attende de la grâce de Dieu.

En sorte que plusieu**s, qui, avec grande consolation, se sont promis de faire des merveilles pour Dieu, quand c'est venu au point ont manqué; et plusieurs qui ont eu grande défiance de leurs forces, et une

B fteroit pas possible ^e faire avec 1m conrorence^ pnr écrit entre nous ; apM somme» trop «loignés. De plus, et qM.pWtrioDâ-noud écrire qui nuit été réf«4U«VBt foid ? Conférez à volro salul i ai-

gtiV)iai6ciilation sur vosorareona et sur anciens Pères; et j'y conférerai mea psuvreselchétlves prières que je présentmi' Afa miséricorde de notre Suuveur, ^lOuef <Bt pour l'amour duquel Je vous oE&s ■■■«nice, el suis voire, etc.

,;,', ; LEmiE DCCCLxxm.

iroii à iMTcn ta cran de J«*b»-

"IMlBie. si Dieu vous a rendue plus ■rtttt vaillante a supporter vos ad versi- •Çl 1 1> gloire en soit à sa bonté , laquelle 4it loqjours prompte su secours des âmes

Si espèrent en lui : espéreî donc toujoui Jnï, madame, et pour espérer en li ■qreBimjours toute sienne, immolez sou-

4M ln> iWttaa aïnli pu

e, quand J'eus Is

ma cbëre dame, i la regarde!

vent votre cŒur à son amour sur VmH même de larroi!! en laquelle il imnoUlfl

sien pour l'amoor de vous.

La crois est la porte royale pour enbrr ait temple de la sainteté. Qui en cherche ailleurs, n'en trouvera jaiDal% un seul bnn.

Madame, je ne vous dirai pas que vous ne regardiez point vos alSiclions, car voire esprit qui est propre à répliquer, m- diroil qu'elles se font bien regarder par l'âprelé de la douleur qu'elles donnent : mais je vous dirai bien que vous ne les rc.i^nrdtex qu'au travers de la croit, et vous les trouverez ou petites, ou du moin« si a^ableà, que vous en aimerez plus la Muffraoce que la puissance de toute consolation qui en est séparée.

Et me ressouvenant d lérieure que vou& portie; contentement de vous voi aimez bien votre croix, car elle est toute d'or, si de vos yeux d'amour : el bien que d'un côté vous voyez l'amour de votre cosor mort et crucitié entre les clous et les épines, voua trouverei de l'autre un assemblage de pierres précieuses, pour en composera ooiironne de gloire qui vous attend, si eo attendant de l'avoir, vous poriei amoureusement celle d'épines avec votre roi, qui a tant voulu ..^ouOrir pour entrer en ?a fébcité. Vous conniittrez bien que mim c«eur se dilate en vous parlant, et que c'est uos sailliede l'amour qu'il a pour le vôtre, qu» Je conjure d'en faire aussi souvent devant Dieu, pour impétrer sa miséricorde Btir moi qui suis eo vérité votre, etc.

LETTRE DCCaXXI\'.

s. FRANÇOIS DE SALES, A CNE DAIIK.

L'aiDODT de X>ita rend douce* le> •OQlTrBDCeL

Si notre Seigneur vous donne quelque conlenlemenl, ma Irès-chére lille, en la véritable el nonpareille dileclion qu'il a mise dans mon cœur pour le vôtre. J'en bénis son saint nom et remercie sa providence, vous assurant fort Ddèlemenl que ce m'est une consolation toute p^irliculiëre de savoir que réciproquement votre ame cliérisje puissamment la mienne de cet amour Buc/é que la divine bonté peut donner : el si pour tout cela Je ne veux pas vous prier

de me le continuer, sachant bien qu*i) est impérissable comme le motif duquel il prend sa source. Or sus, mais parmi tout cela, je ne suis pas sans variété d'amertumes intérieures, bien que je ne sache aussi qu'étant ce que vous êtes à noire Seigneur, votre amertume ne peut être qu'en paix, et que Tamour soulage votre douleur; car vraiment j'ai un certain cœur de père , mais qui tient un peu du cœur de mère.

J'aime votre avancement en la solide piété ; et cet avancement requiert des difficultés, afin que vous soyiez exercée à Té» cole de la croix, en laquelle seule nosamcs se peuvent perfectionner ; mais je ne me puis empêcher des tendretés maternelles qui font désirer les douceurs pour les enfants. Soyez seulement courageuse, ma Irès-chèro fille. 11 n'est pas des rosiers spirituels comme des corporels : en ceux-ci, les épines durent et les roses passent ; en ceux-là les épines passeront, et les roses demeureront

Je remercie infiniment mademoiselle N.

de la charité qu'elle me promet. 0 qu'elle sera généreuse, si elle s'unit à celui qui, pour s'unir à nous, descendit du ciel en terre , et pour nous tirer à sa gloire embrassa notre abjection I Ma très- chère fille, le porteur qui m'a apporté votre lettre, ne me donne que des moments pour vous écrire ; c'est pourquoi je finis, vous dédiant en notre Seigneur tout mon cœur et mes affections ; votre, etc.

LETTRE DCCCLXXV.

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