LETTRE LXXIX
L PBAIIQOIS DE SALES , A MADAME l'ABBESSB DU PUITS-D*ORBfi.
GonfoUtion sur ane infirmité corporeUe.
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Ma sœur et ma très-chère fille , opprimé et accablé d'affaires en cette visite de mon diocèse , que je fais , je ne laisse pas de prier notre bon Dieu tous les jours , et de loi offrir le saint sacrifice , afin que vous œ soyez pas accablée des douleurs que ^^otre jambe vous apporte , ni des dilficullée que nos saintes entreprises ont et doivent avoir en ces commencemens.
Monsieur notre bon père m'écrit souvent
in
de vos nouvelles : rien ne peut arriver du plus souhaitable que quand elles sont bonnes , comme elles sont toujours selon Dieu, en qui je sais que vous jetez toute votre vue intérieure , au bon plaisir duquel tous vos desseins et tous vos désirs se vont fondre. Courage , ma chère fiille ; Dieu vous sera propice sans doute , pourvu que vous lui soyez fidèle. Quel bonheur que sa divine majesté vous veuille employer à son service , non-seulement en agissant , mais aussi en pâtissant !
Ayez soin de conserver la paix et la tranquillité de votre cœur : laissez bruire et gronder les vagues autour de votre barque , et ne craignez point ; car Dieu y est , et par conséquent le salut. Je sais , ma chère sœur , que les petits ennuis sont plus fâcheux , à cause de leur multitude et de leur importunité , que les grands , et les domestiques que les étrangers ; mais aussi je sais que la victoire en est souventefois plus agréable à Dieu que plusieurs autres, qui aux yeux du monde semblent du plus grand mérite.
Adieu , ma chère sœur : on me ravit les lettres pour les emporter, et n'ai loisir que de me dire votre , etc.