‹ Œuvres complètes; nouvelle édition collationnée et augmentée des lettres de Sainte Chartal, des lettres inédites de l'auteur, du portrait de lui et d'autographes (volume 3)Chapitre 64 sur 450 · LETTRE LXXXVI · texte numérisé non relu

LETTRE LXXXVI

s. FRANÇOIS ne SALES , A MADAME

DE cha?;tal.

II 11 console sur les tentations oentfe la léi et lai montre Tosage de r imagination daoa l>raiHli«

mattUtilt.

Je suis consolé que M. Galemand splt de même avis avec moi pour le remède de ce$ importunités que vous recevez touchant b foi: il dit vrai, il ne faut pas disputer , mais s'humilier ; ni spéculer avec l'entendement , mais roidir la volonté.

Le livre de la Méthode de servir ZHe% est bon , mais embarrassé et difUcHe plti| qu'il ne vous est requis : celui du Comhà\ spirituel contient tout ce qu'il dit, etplui clairement et plus méthodiquement.

Il n'est pas possible de ne se servir et l'oraison ni de l'imagination ni de l'entendement; mais de ne s'en servir point quf pour émouvoir la volonté, et, la volonté étant émue , l'employer plus que l*imadnation et l'entendement, cela se doit fairi indubitablement. Il n'est pas besoin , dj! cette bonne mère (1) , de l'imaginàtioi pour se représenter l'humilité sacrée dt Sauveur; non pas peut-être à ceux qui sont déjà fort avancés on la montagne de perfection : mais pour nous autres, qui sommes encore es vallées , quoique désireux de monter , je pense qu'il est exp6 dient de se servir de toutes nos pièces , cl del'imagination encore.

Je vous ai néanmoins marqué en quel*

tienne loi qui étnltBonUnti pnr «te» rnlonncs. Cc", cul97i nés sont U!> lionnes résolnttnns de inaiiamr o'o Clianlal lurtoat le lœu de cti&stclé.

(1) Il 7 a frando opparcMico que c'est une prieure lic: Carmélites , parce qu'il «o e*t p*rlé dans <rauire« letuct daoa lu néwM lermat.

DE S. FHAMÇDIi DE SALES.

IMjpitr qui cMto iiMghiadDn doit étro fort Bimple, et comme senrant d*aig;uillo pour enfiler dans votre esprit les affoctions •t révélations. C'est le grand chemin , ma chèrt fille, daquel 11 no vous faut pas eneore départir, jusqu'à ce que le Jour soit ■I petit plus ^nd , et que nous puissions diiêemer les sentiers. Il est bien vrai que ces imaginations ne doivent point être en- Inrtillées de beaucoup de particularités , Mis simples.

Demeurons, ma chère fille, encore im peu de temps ici en ces basses vallées ; bailODS encore un peu les pieds du Sauveur : il nous appellera quand il lui plaira à sa sainte bouche. Ne vous départez point cntm de cett0 méthode , juiiqu'^ co qm nous

nous revoyioQg,

Hais quand sera-ce, me dircz-vous? Si TOUS pensez, ma chère flUe, que vous puism tirer de ma présence tant d'aide et de km fruit, et des provisions spirituelles, epoune vous m'écrivez, et que vous en nrez beaucoup de désir, je ne serai pas si dur que de vous remettre à Tannée prodiaine, mais je vous remettrai volontiers m premier dessein , lequel ne me donne MUe peine que celle que vous aurez au loyagi : car , au demeurant , il m'est plein ^sunvité et de contentement. La difficulté iit que je n^al à mon commandement que les octaves de Pentecôte et celle du Saintfeerement (4). Auxquelles des deux que lius vouliei venir, vous me trouverez ici fiein de oosur , et , Dieu aidant, de joie è IMS servir.

El voyei-vous, ma chère fille, en ces cfceaee non nécessaires, ou au moins désoles on ne peut pas bien discerner la | téoMsité, ne prenez pas mes paroles rie- • inrie; car Je ne veux pas qu'elles vous ser^ > rent , mais que vous ayez la liberté de foire es que vous croirez meilleur 81 donc vous iroyei que votre voyage vous soit fort ; uUte y Je m'accorde qu'il se fosse , mais cela avec aise et toute volonté. Seulement, il Inidra m'avertir duquel des deux temps vons voudriez foire choix , car Je veux foire venir ma mère ici en ce temps-là : et croyez qa'elle et mol en serons bien consolés, aux dépens de votre travail.

Dieu aoit à jamais avec nous, et

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veuille vivre en nos coeurs éternellement. Adieu , ma tr^s-chère fille; Je suis celui qu'il a rendu si uniquement vôtre.

UETTRE LXXXVIL

s. fRANÇOIS DB SALES , A VAPAM9 U

PAiswcifTS eauLia?.

H f«Dt H rendre parfait dans son état, sans déai rer celui auquel on ne peut panrenir.

s ami iHi.

Madame ma très-chère scsur , Je vous ai déjà écrit mon avis sur le sujet de votre dernière lettre ; mais voyant que vous lo désirez fort , et craignant que si mes paquets s'étoicnt égarés, vous n'en demeurassiez en peine , je vous dirai qu'il n'y a nul danger que vous entriez au monastère de notre sosur (4) , jusqu'à ce que la clôture y soit exactement établie. Les âmes oui vous en font scrupule sont bonnes et dévotes, comme elles témoignent par leur scrupule , lequel néanmoins n'a nul fondement ; c'est pourquoi il ne s'y faut pas arrêter. Plût à Dieu que les hommes qui n'entrent en cette maison-là que par curiosité et indiscrétion , en fissent bien scrupule I car ils auroient bon fondement pour cela, mais non pas vous jusqu'à ce que , comme je dis, la closure y soit établie, qui ne sera jamais sitôt que je le désire. J'ai su tout ce que vous me dites des inquiétudes de toutes les religieuses, et en suis marri , elles arrivent foute d'une bonne conduite et ménage de leurs esprits. C'est le mal des maux entre ceux qui ont de bonnes volontés , qu'ils veulent toujours ce qu'ils ne peuvent pas être , et ne veulent pas être ce qu'ils ne peuvent n'être pas. On me dit que ces bonnes filles sont toutes éprises de l'odeur sainte que répandent les saintes carmélites , et qu'elles désireroient toutes .< d'en être : mais je ne pense pas que cela se puisse aisément. Elles n'emploient pas bien ce bon exemple , qui leur devoft servir pour les animer à bien embrasser la perfection de leur état, et non pas à les troubler, et faire désirer celui auquel elles ne peuvent arriver. La nature a mis une loi entre les abeilles, que chacune d'icelles fosse le miel dans sa ruche et des fleurs qui lui sont autour. Adieu, madame ma

(i) L'UMna da PallMfOrbo,

IM

LETTRES

irès-chère fille; tenex bien serré le sacré crucifix sur votre comr. Je suis votre , etc.

LETTRE LXXXVIÏI.

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