‹ Œuvres complètes; nouvelle édition collationnée et augmentée des lettres de Sainte Chartal, des lettres inédites de l'auteur, du portrait de lui et d'autographes (volume 3)Chapitre 68 sur 450 · LETTRE XCIV · texte numérisé non relu

LETTRE XCIV

s. FBANÇOISDBSALES, AMADAMBDB CHAlfTAL.

11 lal enseigne comment tWt doit le comporter A l'égerd de celui qui a tué son mari.

utjuUletifQi.

rai reçu votre dernière lettre, ma trèSf chère fille , ainsi que je montois à cheval i pour venir ici en cette action (3). Vous me

(1) H. Claude Frémlot.

(f) H. le baron de Chantai

(8) A la Biolle . f lllage attoé à qMtre IteoM ^AiuMCf, an lod-eiiiti , et dMl la yaroiaaa UMlnt« VIerg«.

êtdamla dédMeà

LETTRES

deioandiez commeBt je vouloîs que \oiis fifisiez^à Tcntrcvuc de celui qui tua M. votre Ruiri : je réponds par ordre. >

Il n*est pas besoin que vous en cherchiez ni le jour ni les occasions ; nuiis s*il se présente , je veux que vous portiez votre cœur doux , gracieux et computissiint. Je sais quo sans doute il se remuera et se renversera, quo votre sang bouillonnera ; mais qu*ostcc que cela? Si fit bien a*lui do notre cher Sauveur à la vue de son Lazare mort , et de sa passion représentée. Oui, mais que i dit rÉcriture ? Qu'A Tun et à Tautre il leva I les yeux au ciel. C'est cola , ma fille : [ Dieu nous fait voir en ces émotions com- \ bien nous sommes de chair, d'os et d'esprit, j

C'est aujourd'hui et tout maintenant que je vais prêcher l'Évangile du pardon des offenses et de l'amour des ennemis. Je suis passionné quand je vois les grâces que Dieu me fait , après tant d'olTonses que j'ai commises. Jo me suis assez expliqué; je réplique.

Je n'entends point que vous recherchiez la rencontre do ce pauvre homme, mais que vous soyez condescendante ù ceux qui i vous le voudront procurer, et que vous témoigniez que vous aimez toutes choses : oui , la mort mémo de votre n)ari , oui , celle de vos père, enfans et plus proches, oui , la vôtre, en la mort et en l'amour de notre doux Sauveur.

Courage, ma fille; cheminons et pratiquons ces basses et grossières , mais solides , mais saintes, mais excellentes vertus. Adieu, ma fille; demeurez en paix, et tenez-vous sur le bout de vos pieds, et vous étendez fort du côté du ciel.

Je me porte bien , mu chère fille, parmi une si grande quantité d'affaires et d'occapalions, qu'il ne se peut dire de plus. Ci:à un petit miracle que Dieu fait; car tous les soirs quand je me retire , je ne puis rennier ni mon coq)s , ni mon esprit , tant je suis lus partout , et le matin je suis plus gai que januûs. D'ordre , do mesure, de rai son , je n'en tiens point du tout maintenant , car je ne vous saurois rien dissimuler : et cependant me voilà tout fort , Dieu merci.

0 ma chère fille, que j'ai trouvé un bon peuple parmi tant de hautes montagnes 1 quel honneur, quel accueil , quelle vénéraiioD à tour évèque ! Avant-hier j'arrivai en cette petite ville tout de nuit , mais les ha*

bitans avoie&t tant fait de lumière , tani de fête, que tout étoit au Jour. Ahl qu*Ul mériteroient bien un autre évéque.

Vivez joyeuse; communiez les fttes «h lennelles, et les dimanches, quoique ce soit consécutivement; levez souvent vos yeux au ciel pour les divertir des curiosités de la terre. A Dieu , ma fille , mais à Diea soyons-nous à jamais , comme il est nôtrs éternellement! Vive Jésus!

LETTRE XCV. aéciT DE LA VIE ÉDiFiA^rrE d'uni flUknmi V

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