PBARÇOISDB SALES, AMADAMB DB CHANTAL
Sur les peines intériearet; leur avenlage pour la perfectioD. Diea le communiqae platôt dîne let eflUctioiif que dans les doacears.
U jowdê l*EitluUoo ds la Salote^Sroli, 14 Mpltmbrt 1608.
Ne vous mettez nullement en peine de moi pOtar tout ce que vous m'écrivez ; car, voyez-vous, je suis en vos affieures comme
(1) Pnlehrt ot lona, eltcta ot fol. Caiit. o. ti, t* t. (t) Vers !■ fête de TAfioniption de la Vlerte , 8. Ild«roBM , •'étant diapoié par trois jovrt de jeûoee , alla de grand malin à réf llie aelon aa oontnaM, aaaUlé aeiilêaent d'an diacre et d*an lona-diacre. Dèa rentrée 11 apwgnt la Irte-ealate mère de Dlen anlie anr le trône éplaoopal. en- ' tonrée d'une tronpe d'anfei qnl chantoient ; alors la dlf Tlne Marie renrlsageant, loi dit cw parolee : « Approebes, I • serrllear de Dleo très-fldèle, recoTes ce présent de ma • main : je roas l'ai apporté dn trésor de mon flis.» C'étolt tne très-riche cliasable dont elle le revêtit , loi ordon> nant de s'en sertir senlemeat au Jours des fêtes qnl serolent célébrées en son lionnear. Cette apparition fnt si aathenllqae , qn'en nn concile tenu en Espagne , sons réTêqae de Tolède appelé GlUe, Il fut ordonné qa'en considération de la iràce qoe la sainte Vierge arolt Cslteà S. ildefonse , cette fêle seruit soltmnlsée avee olllre double par iMt U dlocèaa. (drej. Fie ém 8mimlh aa H jUTltr.) C^ SUpaia ■• aaliSi Gaav. «. u» ▼• ••
Abraham (4) fîit tout un jour. Détoit ooodié parmi les obscures ténèbres, en un lieo fort affreux : là , il sentit de grands épouvantemens ; mais ce fut pour peu, car soudain il vit une clarté de feu , etotût la voix de Dieu qui lui promit ses bénédictions. Mon esprit sans doute vit parmi vos ténèbres et tentations, car il accompagne fort le vôtre ; le récit de vos maux me touche do compassion ; mais je vois bien que la fis en sera heureuse , puisque notre bon Dieu nous fait profiter en son école , en laquelle vous êtes plus éveillée à la sentinelle qu*eii autre temps. Écrivez-moi seulement à coBur ouvert et de vos maux et de vos biens ; et ne vous mettez en nulle peine, car mon cœur est bon à tout cela.
Courage , ma chère fille, allons, allons» tout le long de ces basses vallées, vivons la croix entre les bras, avec humilité et patience.
Que nous importe que Dieu nous parle parmi les épines ou parmi les fleurs? Mais je ne me ressouviens pas qu*il <ait jamais parlé parmi les fleurs , oui bien parmi les déserts ethalliers plusieurs fois. Gheminei donc , ma chère fille , et avancez chemin par les mauvais temps et de nuit ; mais surtout écrivez-moi fort sincèrement : c*est le grand commandement que de me parler à cœur ouvert , car de là dépend tout le reste ; fermez les yeux à tous respects quo vous pourriez porter à mon repos , lequel , croyez -moi , je ne perdrai jamais pour vous pendant que je vous verrai ferme do coeur au désir de servir notre Dieu , et jamais, s'il platt à sa bonté, je ne vous verrai qu*en celte sorte-là; partant, ne vous mettez nullement en peine.
Soyez courageuse , ma chère fille , nous ferons prou. Dieu aidant, et croyez-moi que le temps est plus propre au voyage que si le soleil fondoit sur nos têtes en ses ardentes chaleurs. Je voyois Tautre jour les abeilles qui demeuroient à recoi dans leurs ruches , parce que l'air étoit embrouillé ; elles sortoient de fois à autre voir que c'en seroit, et néanmoins ne s'empressoient point à sortir, ains s'occupoient à repaître
(t) Cùm sol occumberet , sopor IrroU super Abram, et
borror magnns et leoebrotos ioTsalt eum Cùm ergd
occubnlfset sol, facta est cslig o lenebrosa et apparaît ellbanus fomans , et lampas ignls translens Inter dlTlsIoaas nias (anlmallom scllicet Immolandoram). In lllo die p#> piflt DoaUans fœdns cam Abram , dloeas : fîiwlnl Mi lat Oia. «. a?, t. ilb IT al llk
leur miel. 0 Dieu I courage I les lumières ne sont pas en notre pouvoir, ni aucunes consolations que celle qui dépend de notre irolonté , laquelle étant à Tabri des saintes résolutions que nous avons faites, et pendant que le grand sceau de la chancellerie déleste sera sur votre cœur, il n'y a rien à craindre.
Je vous dirai ces deux mots de moi. Depuis quelques jours je me suis vu à moitié malade (4). Un jour de repos m*a guéri ; j*ai le cœur bon , Dieu merci , et j*espère de le rendre encore meilleur, selon votre désir.
Mon Dieu ! que je lis avec beaucoup de consolation les paroles que vous m'écrivîtes, que vous désiriez de la perfection à mon ame , presque plus qu'à la vôtre. C'est une vraie fille spirituelle, cela ; mais faites courir votre imagination tant que vous voudrez , elle ne sauroit atteindre où ma volonté me porte pour vous souhaiter de l'amour de Dieu.
Ce porteur part tout maintenant , et je m'en vais faire une exhortation à nos pénitens du crucifix : je ne peux faire plus de paroles que pour vous donner la bénédiction ; je vous la donne donc au nom de J^us-Christ crucifié , la croix duquel soit notre gloire et notre consolation , ma chère fille ; que puisse-t-elle bien être exaltée parmi nous , et plantée sur notre tête , comme elle le fut sur celle du premier Adam (2) 1 Que puisse-t-elle remplir notre cœur et notre âme , comme elle remplit l'esprit de S. Paul, qui ne savoit autre chose que cela (3) ! Courage, ma fille, Dieu est
(1) La Mint prélat, en fiiful U Tlsite de son diocèse , pttooanil des monUf aes d'un très-diOlcile iccès; lorsqu'il lot arrivé an sommet de ces moniaf oes , oâ est située Rotre-Dame de Nancy-sor-Cluses. Il se trouva avoir les pieds toot écorehés et ensanf lantés, en sorte que dix Jours •près 11 ponvoll à peine se soutenir ; cependant il ne laissa pu de continner sa visite sans Interruption Jusqu'au tl d'octobre, on 11 l'Interrompit.
(I) C'est une ancienne tradition , que Jèsus-Christ fnt erudfiè au même lieu ou Adam avoit été enterré , c'est^^dlre sur le Calvaire , ou que du moins la I6te du premier komme fut apportée après le déloge sur cette nontagne , qui pour cette raison fut appelée Calvaire. Cette opinion iti appuyée sur les rapports qui se trouvent entre le pre- Bler et le second Adam, et entre le péché de l'un et la réparation dn péché par l'autne. On compte parmi les pères qel ont suivi ce sentiment , Orifène ( traité xxxv sur S. ■atihieo) , Tertnllien , S. Athanase, S. Basile, S. Chrysosleme, S. Epiphane, hérésie xlvi ; 8. Ambrolse, livre x, snr S. Luc. et dans l'épltre lxx. nombre 10 ; et 8. Jérôme, sur le chapitre xxvii de S. Matthieu S. Irénée avance qu'Adam ■oarut un vendredi. C'est pour toutes ces raisons qne Tom a bâti sur le Calvaire , vers l'endroit ou Jésus-Christ ftot cmclflé . nue chapelle en Thonneur d'Adam , laquelle «st deaaervie par les Grecs.
(f) Non enlm Judicavi mesolre aUqald Interroe, util 1 Ghriilav. •Ili«i« encMiQ». I. Cm. Of u, f. H
pour nous. Amen. Je suis éternellement vôtre , et Dieu le sait , qui l'a voulu ainsi , et qhi l'a fait d'une main souveraine et toute particulière.
LETTRE a.
s. FBANÇOIS UE SALES , A M. DE VILLARS , ARCHEVÊQUE DE VIENNE.
(Tirée de U vie de Mme de la Fleehère, fondatrlw di monastère de Rumllly.)
Le Saint lui démontre qu'il a eu raison de te servir « dans les lettres qu'il lui écrivoit, du titre de monseigneur, que If. r«rchevéque refusoit dans ses relations avec S. François
Monseigneur,
Novembre itM.
Permettez - moi , je vous supplie trèshumblement, cette petite opiniâtreté : car vraiment tout aussitôt que vous avez voulu que je bannisse des lettres que je vous envoie , le titre de monseigneur, mon opinion s'est soudainement délogée de ma volonté, laquelle est irrévocablement soumise à la vôtre ; mais elle s'est sauvée dans mon entendement , où elle s'est tellement retranchée , que je suis en peine d'entreprendre sa sortie. Ce n'est pourtant pas que mon entendement ne veuille céder à votre jugement, duquel il révère extrêmement l'autorité , et la reconnott pour souveraine en son endroit ; mais c'est qu'il lui est avis que vous n'avez pas bien conçu la bonté et sfucérité de ses intentions pour ce regard. Oserai-je bien disputer avec vous, monseigneur ? Votre douceur , je pense , m'excusera : c'est simplement pour m'expliquer. Je dis donc , avec votre congé , premièrement, que je vous puis appeler monseigneur, et que ce titre n'est pas trop grand pour vm», ni do moi , ni d'aucun autre évéque : cela est clair par l'autorité de tous les plus dignes évoques de l'Église de Dieu , qui ont appelé de titres bien plus relevés non-seulement les patriarches el archevêques, mais les autres évéques même. Et à cet argument ne satisfait pas la réponse, que tous les prêtres étoient censés saints , heureux , pères , et que par conséquent il falloit qualifier les évoques sur iceux : non , monseigneur ; car tous ces titres regardoient leur état , leur ordre. Je dis secondement , que non - seulement Je puis vous appeler monseigneur , mm il
inruBi
m% eipédient que je le faase , et aeroit ben que cela se fit par tous les é^ôquos Car quelle raison y a-*t-il que j'appelle les princes du siècle messeigueurs , et non pas ceux quos constituU Dominus principes populi sui (4)1 Et ne sert à rien de dire : Non dominantes in cleris (2) ; car comme non debetis dominart , sic nostrum est subjici (3). Je vous supplie , pesez bien , monseigneur, cette raison d'état. Puisque nous ne pouvons refuser aux princes mondains ce titre d'honneur, ne ferions-nous pas bien de nous égaler, tant qu'en nous est, à eux pour5!e regard, desquels on peut dire : Dérident nos junior es tempore, quorum non (tudebant patres cum sacerdotibus junioribus incedere (i). Je dis troisièmement, qu'il est bjon séant ; car encore que l'Italie et la France sont séparées , et qu'il ne faut pas porter le langage de l'Italie en France ; si est-«ce que l'Église n'est pas séparée , et le langage , non pas de la <xmr« mais de l'Eglise de Rome , es) bon partout en la bouche doQ ecclésiastiques. C'est pourquoi, puisque le pape même vous appellerait monseigneur, il est séant que j'en fasse de môme. Il ne reste à résoudre que l'argument fondamental de votre volonté : mais il ne se peut résoudre ; car ce n*estque votre humilité, ut qui major est dignitate sit potior humilitatei^). J'y réponds néanmoins, et dis que j'appelle ainsi tous les évéques à qui j'écris en esprit de liberté, et les rends égaux, quant à cet honneur extérieur, laissant à mon intérieur de donner diverses mesures de respect , sous W même mot, selon la diversité de mes devoir^ ; comme à vous, monseigneur, c'eçt je vous assure, avec une révérence toute cordiale, toute particulière.Vpil^pe que je vous puis dire , allaqt compie je vais dans une heure, monter en chaire. J'attendrai vos commandements pour y obéfr : car en sonune je suis prêt i déposer toutes sortes d'opinions que vous n'approuverez pas, et fiuivre en tout et partout vos volontés ; mais
(1) Que le Self nenr a ètablli prlacei de loo peuple. Ps. nr, T. 17.
(t) Lm évftqoef UB doi?enl pas domiaer avec enplre tur rberiUffe du Seifoear. I. Pctk. u. t, t. 3.
(t) Oaoiqoe tuui m deviez pas doniner, cela ne booi 4Ùpeose pa« de ouua soumettre.
(^) Les Jeunes %tM d'aujourd'hui n'oot que du mépris poar les évéques , taudis que leurs pères n'osoisat pss pïàmê ae comparer aux sinpies prttrea.
(8) Que plua ou est élevé en difnilé , plot en doit étra
je voua demande pardon pour tt aa«p.V«ire dilection , qui souffre tout, et qui est noBseulomont patiente, mais débonnaire, me rendra excusable, vous assurant que je m& votre, etc.