‹ Œuvres complètes; nouvelle édition collationnée et augmentée des lettres de Sainte Chartal, des lettres inédites de l'auteur, du portrait de lui et d'autographes (volume 3)Chapitre 83 sur 450 · FRANÇOIS DE SALES, A UADAHE DE CIIANTAL · texte numérisé non relu

FRANÇOIS DE SALES, A UADAHE DE CIIANTAL

Les croix intérieures sont l'école où l'on apprend A se eonnoltre soi-iuéuie; la résignation en est

la remède.

Le premier Jeodl, 9 leptembre 1607.

Qae de choses, ma fille, j'aurois à vous

(1) Il fat fait arrbeTCqne de Taremalee.

<l) Il éerlTlt eneore plus amplement a réTéque de Sa- ^MM». Bouce de Savoie, et Ot taul qu'eoOn le p^pe. auquri n appj*fftenolt d*y mettre ordre, aprèa atuir bien pe^é et BèivMteai coa»ldéré cet mUona. impo«a iHenceaux ona ai •■! aatree, rendant par la un admirable témoiRnafe éa 1 aattMo «B'il falaoU 4a sa aafeaaa ai da la praToa-

dire, si j*en ayols le loisir 1 car J'ai reçu votre lettre du jour de Ste Anne , écrite d'un style particulier, et qui ressent au cœur, et requiert une ample réponse.

Vous voilà bien , ma fille ; continuez seu* lemcnt : ayez patience sur votre croix intérieure. Hélas 1 notre Sauveur vous la permet, afin qu'un jour vous oonnoissiez mieux ce que c'est que vous êtes de vousmême. Ne voyez- vous |)as , ma fille , que le trouble du jour est éclairci par le repos de la nuit? signe évident que notre ame n'a besoin d'autres -choses que de se résigner fort en son Dieu , ot se rendre indifférente Ô le servir, soit parmi les épines, soit parmi les roses. Croiriez-vous bien, ma trèsbonne fille , que ce soir propre j'ai eu une petite inquiétude pour une affaire qui ne méritoit certes pas que j'y fisse pensée ! Or cela néanmoins m'a fait perdre deux bonnes heures de mon sommeil, chose qui m'arrive rarement. Mais il y a plus, c'est que je me moquois en moi-même de ma foiblesse ; etmon esprit voyoitclair comme le jour que tout cela étoit une inquiétude d'un vrai petit enfant; mais de trouver le chemin d'en sortir, nulle nouvelle : et je connoissois bien que Dieu me vouloit faire entendre que si les assauts et grandes at taqiics ne me troublent point, comme à la vérité elles ne le font , ce n'est pas moi qui fais cela , c'est la grâce de mon Sauveur : et sans mentir, après cela je me sens consolé de cette connoissance expérimentale que Dieu me donne de moi-mcm \

Je vous assure que je suis fort ferme en nos résolutions , et qu'elles me plaisent beaucoup. Je ne puis vous dire beaucx)up de choses , car ce bon père part dans une heure , et il faut qtio je dise la messe : je laisserai donv; tcul le reste. Vous me fîtes un grand plaisir en l'une de vos lettres de medemander voir si je faisois pas l'oraison. 0 ma fille ! si faites ; dr mandez-moi toujours l'état de mon ame ; car je sais bien que votre curiosité en cela sort de l'ardeur de la charité que vous me portez. Oui , ma fille , par la grâce de Dieu je puis dire maintenant mieux que ci-devant , qqe je fais l'oraison mentale, parce que je no manque pas un seul jour à cela; si ce n'est quelquefois le dimanche, pour satisfaire aux confessions ; et si Dieu me donne la force de me lever quelquefois devant le

LBRlia^

jour pour cet effet , quand je pfévoi« la multitude des cmbarraBsemens du jour, et tout cola gaiement : et me écntble que je m'y aflectionne , et voudroiâ bien pouvoir en Taire deux fois le jour ; mois il ne m'est pos possible.

Vive Jésus 1 vive Mario ! Adieu, ma chèro fille , je suis celui qu'il a rendu , sans un ,

sans réserve et sans comparaison , vôtro.

LFrniE cxxiv.

B* FRANÇOIS PE SALES , A UN CUfté.

n Tencourage à continuer les fonctions de son ministère dans la place qu'il occupoit, et A demeurer coostaui dans sa vocation.

A Sales, !• 18 septembre K07.

Monsieur mon très-cher confrère , pardonnez-moi , je vous prie , si j'ai tant tardé à répondre sur la première lettre que vous m'avez jamais écrite : il n*en sera pas ainsi des autres, si j*ai la consolation d'en recevoir; mais je fus si occupé à mon départ, que je n'eus nulle sorte de loisir pour vous rendre ce devoir ; et avec cela je me promis bien de votre dilection que vous interpréteriez ce retardement en bonne part.

Je persiste toujours à vous dire que vous devez ser\'ir Dieu où vous êtes et facere quod facis (4). Non pas, mon cher confrère, que je veuille forciore raccroissement de vos bons exercices, ni la purification continuelle do votre cœur : mais fac quod facis, et meliùs quam facis (2); car je sais bien que Dieu commande en la personne d*Âbraham , à tous les nd(!-les : Ambula coram me y et esta perfectus (3) ; et que £eali qui ambulant in viis Vomini (I) ; et que nos pères eunles ibant^ et in corde $v() ascenf^iovetn disponebant , ut irent de viriule in virtutem (o).

Ayez donc bon courage de cultiver retto vi.iijne, contribuant votre petit travail au bien spirituel des âmes, quas servavit sibi Vu minus y ne flecterent genua ante

(1) Et de faire ce qae Tonsfflltei.

(1) ¥»Hei n qift ruu- faites, et mleai sucorB qns Tone no Iv (•iiteii Hriucllvinenl.

(il siarclKz on ma {ifésenre, et lojez parfait. Ckn. g.

Zfll. T. t.

(V) Uii'i.iirureux sont ceux qai narchent dans lei Toles du Seigiii'ur. P* cxxvii , T 1.

(I) >!)« porvs mnrchotrni arec oae Mlnle fcrTeur. al lia dltpofoieut (Jaos leur lour de» dafré» pour f 'f f tncSf de vertu en vertu. Ps. ixxxtn, v. #•

Baal (1), in vinHe jKqnfN poïlufa fadim

habentis (3). Ne vous étonnez pas si les fruits ne paroissent pas encore : Qufa H patienter opus Domini feeeriê, labot tuus non erit inanis in Domino (3).

Uélas > monsieur , Dieu nous a nourris do doux lait de plusieurs consolations, aGn que, devenus grands, nous tûchions d'aider à la réédification des murs de Jérusalem, ou en portant des pierres , ou en brassant le mortier , ou en martelant. Croyez-moi , demeurez là; faites fidèlement tout à la bonne foi ce que moralement vous poiu'rez faire ; et vous verrez que ii credideriê^ videbiê gloriam Dei (4).

Et si vous voulez bien faire, tenez pour tentation tout ce qui vous sera suggéfé pour changer de place; car, tandis que votre esprit regardera ailleurs que là où vous êtes, jamais il no s'appliquera bien à profiter où vous êtes.

Or sus, tout ceci soit dit en la confiance que vous me donnez par votre lettre, et eo la sincère amitié que je vous porte in vii* ceribui ejus cujus viscera pro amor$ noêtro transfixa sunt (5). Je le supplie qu'il affermisse de plus en plus le zèle de son honneur en vous, et suis d'un cooar tout entier, etc.

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