‹ Œuvres complètes; nouvelle édition collationnée et augmentée des lettres de Sainte Chartal, des lettres inédites de l'auteur, du portrait de lui et d'autographes (volume 3)Chapitre 91 sur 450 · LETTRE CXXXVII · texte numérisé non relu

LETTRE CXXXVII

(Urée &9 pnmttr nonntèn 4% 1« VisIlailoM de Room.)

Sur le aiéme sujet que la précédente.

9 mal leos.

Monsieur, je jette cette feuille à part ,

afin de vous y parler avec plus de libertéi et vous en laisser aussi pour montrer ma lettre, s'il y échoit. Vous verrez donc,s*il vous plaît, la lettre que je récris au roi ; et, s'il vous semble à propos , vous la lui donnerez, ou, si vous jugez autrement, vous pourrez parler à sa majesté vous-même à votre gré ; car en ceci j'ai grandement besoin de votre conduite.

Je n'ai pas cru, sur une proposition si générale comme est celle que sa rnsgest^ me fuit faire , de me devoir résoudre? car il se pourroit bien faire que, venant à join* dre et à voir le lieu ou l'occasion en laquelle on me voudi^it tirer, je me trouverois tout» à-fait insuffisant au service que l'on pré* tendroit de moi , ou qu'il ne seroit pas expédient que je me misse au change, d'autant que les changemens à mon avis sont toujours dignes de considération pour ceux qui ne sont pas mal. Si le sujet n'en est grand et digne , on est blâmé de légèreté, et l'attirail en est toujours de grands frais; car il faut un peu tout dire avec vous, qui avez mOn cœur en main.

Après tout cela , vous savez que sans l'autorité du pape je ne puis nullement mè remuer, et s'il m'importe que cette autorité prévienne toutes les nouvelles qu'on en pourroit avoir des deux : vous jugez bieti pourquoi. C'est cela qui me rend tout ceci difficile ; car, pour parler en conscience, je ne mérite pas remploi de tant de mystères. Je sais que la chose n'étant pas prête, il y a assez do temps pour penser à toutes ces choses ; mais encore m*a-t-il semblé que je vous dcvois ainsi tout dire naïvement, ado que selon les occurrences vous m'aidiez à prendre les résolutions convenables.

Et cependant je demanderai ineessamment la clarté du ciel, et dirai à notre Seigneur : Domine^ quid me vis facere (4), Seigneur , que voulez-vous que je fasse? Car je proteste devant sa souveraine mtjesté que je ne veux vouloir que sa volontô très-sainte, soit à demeurer, soit à chimger de place ; et si je la sais connoitra , je ne me veux divertir, ni à droite ni à gauche du chemin qu'p^le me montrera j car ce peu de temps que j'ai à passer ne m'est rien au prix de Tétemité. Pour donc laiaser entièrement la eonduke de men sort ès-mains de Dieu, je ne veux ni refuser ni

(1) AOT. ANtT., & IX, V. t.

DE S. FRilNÇOiS DE SALES.

leoepter, qnc Je no voie et considère que c'est.

Au demeurant , je ne doute point que votre amitié en mon endroit n*ait beaucoup contribué pour amplifier et agrandir l'estime que le roi fait de moi , de laquelle, sans mentir, je suis honteux ; et en cas que je dusse paroitre à sa vue , je serois bien en peine de soutenir cette opinion. Notre Seilineur vous conserve et agrandisse en ses saintes bénédictions, et me fasse la grâce de ne point parottrd ingrat dé tant de faveurs que je reçois de vous , ains de témoigner par effet que je suià de cœur, tout entier, monsieur, votre , etc.

Monsletir, on me presse de lier cepa-

rii; oseraî-je donc bien suppliei* monsieur révéfcndissime de Montpellier de me (tonserver ses grâces, et savoir par ces trois Hgoes que je suis son très-humble serviteur. Monsieur, obtigez-UOi de lui dire ; earU est fort Vrai.

LETTRÉ CtXXVllL

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