‹ Œuvres complètes; nouvelle édition collationnée et augmentée des lettres de Sainte Chartal, des lettres inédites de l'auteur, du portrait de lui et d'autographes (volume 3)Chapitre 94 sur 450 · LETTRE CXL · texte numérisé non relu

LETTRE CXL

i. FBANÇOn DE SALES, A UN CARDINAL.

(Ilria éê ta Tie do Saint, par Ch.-Aor. de Salas.)

DM]attifle da reproche qu'on lui faisoit de laisnr lépandre dans le diocèse de Genéf e des lirm kéiéliqaet.

IJaUlatiSOI.

Dhistrissime et reverendissime domine,

Dominus Medardus, Virdunensis ecclew canonicus , Româ rediens , mihi nuntiavit accepisse se à reverendissimft dofldnatione vestrâ, summum pontificem valdè esse in me indignatum , eô qu6d , per Cherobini Maurianensis litteras, libeDoB multos à Grenevatibus prodire quotidiè in Gebennensem diœcesim, quibus vacillarent, imô turpiter cespitarent multi, aooepiflBet : voluisset autem huic rei me iacombere » et émergeas in meam diœ- CHÎm danmum aliquibus tandem modis inpedire.

Plrofectè si res ità se haberet , illustrislîme ac reverendissime domine, justissimè BOB lantùm indignaretur in me sua sanctitaSySed negligentiam meam, imô verô itioiiaD, castigaret. At in rei veritate : cùm generalem dicBcesis meas visitationem, nullà prœtermissâ paroeciâ, penè aegerim, nullum omninô reperi hsretieom în paroedis quœ à Bernatibus et Ge- ■evatîbaa non fuenmt occupât» , nullum tihnm prdiibitom» antîqu» non nullia

exceptis, qui ex merâ negligentiâ et contemptu in alicujus domûs profundo pulvere restabant : et catholici nostri tantis anguntur scrupulis, ut, cùm de libre aliquo dubitant, vel in ignem projiciunt, vel deferunt ad delegatos. Verum est Genev® fa« bricari libelles multos pestilentissimos, sed quôd Sabaudi nostri eos legant, nulle modo verum est.

Fateor posteà me non tantft uti diligentiâ quanà necessarium forte foret; verumtamen in eâ quâ secundùm tenuitatem meam uti possum, fidelis sum et sinoerus, et in me nec perfidia, nec animi defectus, siquidem virium et insit® dotis» reperientur.

Obsecro te autem, illustrissime domine, uti hilaritatis mihi in afiliclissimâ hic provinciâ necessariœ protector esse velis : pendet verô ex eo haêc hilaritas, ut sciam sanctam sedem de actibus mois non contristari,utàgenerali illA suft ergà inferiores benevolentiâ non meexcludat, etc.

Très-illustre et reverendissime seigneur.

Le sieur Médard, chanoine de l'église cathédrale de Verdun, revenant de Rome, m'a dit qu'il avoit appris de votre reverendissime seigneurie , que sa sainteté étoit fort indignée contre moi, parce qu'elleavoit su, parles lettres du père Chérubin deMau» rienne, qu'il sortoit tous les jours un grand nombre de livres hérétiques de la ville de Genève, qui se répandoient dans le reste du diocèse; de là venoit que la plupart se laissant entraîner à la lecture de ces pernicieuses productions de l'erreur, étoient ébranlés dans la foi, et même bronchoient bien souvent avec plus de scandale; et elle auroit voulu que j'eusse pris soin d'empêcher ce malheur par tous les moyens imaginables.

Certes, s'il en étoit ainsi, sa sainteté auroit un juste sujet, non-seulement d'être indignéecontre moi, mais même de châtier ma négligence , pour ne pas dire, ma trahison. Mais, je le dis avec vérité, ayant presque achevé la visite générale de mon diocèse , sans en oublier la moindre paroisse , je n'ai point trouvé d'hérétiques dans les paroisses qui n'ont point été oc* cupées par les Bernois et les Genevois, ni aucun livre défendu, excepté quelques-uni qui, par l'indifférence et le mépris que V(m

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a pour eux , sont restés dçins la poussière de quelque maison ; et nos ciitlioliques sont tellement scrupuleux, que quand ils doutent de Quelque livrp, ou ils le jettent au feu, ou bien ils le portent aux députés. C'est bien |a vérité que Ton fait à Genève beaucoup de livres très-perqicieux ; mais il n*est nullement vrai que no^ Savoyards les lisent.

Après tout, je confesse que je n*uso pas de la diligence qui seroit peut-être nécessaire; cependant je suis fidèle et sincère en celle qui dépend dp moi, et Ton no trouvera point en moi dç perfidie ni de manque de courage, cjuoique je sois dépourvu de force etdetalens naturels.

Je vous supplie, monseigneur, de vouloir bîpn me procurer |a joie qui ip*est nécessaire en cette prQvince très-alïligée : joie qui dépend ppur moi de savoir que le saintsiéj^e n*ost point fât-bé de mes actions, afin que je ne sois point privé de cette bienveillance dont il use envers tpus ses inférieurs, etc.

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