‹ Œuvres complètes; nouvelle édition collationnée et augmentée des lettres de Sainte Chartal, des lettres inédites de l'auteur, du portrait de lui et d'autographesChapitre 103 sur 365 · DU PROGREZ £T PERFECTION DE L'AMOUR · texte numérisé non relu

DU PROGREZ £T PERFECTION DE L'AMOUR

aiÀPlTRB PREMIER.

Q«c ramoor sacré peut estre augmenté éê plus en plu« en un Ghateun de dma*

Le sur ré concile de Trente nous asseure que lesi mibdi h.eu , « (4) aliunl do vertu en vertu , » sent reiionvellez de jour en jour; c*erl-à-ciire, (Toi^sent pur bonnes œuvres en la justice qu*ils ont roceue |^r Ia;.ri:Ci'oi>iue, etM>nldepluâen plusjustifieiL, bolon ccsceltsles advcrtis>eineus : c (3) Qui ii:>i juste . qu'il boit diTccUi'f jusa tilié; et qui est sainct , qu'il soit encore a plus niini-ufiô. » « (3) Ne Uuute pujntd^esp aiie ju^tdié jiisque> a la murt. » a (4) Le » «entier des justes s'avuncis et croist » comme une iumièri* resplendis anle jusa ques au Jour parruict. a t (5) Faisant a lu venté avec chanté, crois.-ons en tout a euci'luy qui est le chef, à bÇiiVKir JésusaChti^t. a Et eiiliii, (6) Je vous prie, que a va-^tre citante crois e de plus en plus a^ qui sont touieg iKirolen sucrées selon David, saïuct ieuu recctéaiustiquo , et suiuct P.»ul.

Je n'ay jamais sçou qu'il se trouvast aucun uiiniiul qui n eubt point de borni*b et liuiittfto eu sa cioisaance , sinon le cioco*

(l) l't. LUIU. 8. ^(1) ApOC XXH. 11.

|i^ Km*», stih, fi. •«- y,kf f ruT. iv, il. (t. kpto*. IV, ta. — ,'C) PkOiy. 1.9.

dille, qui estant extresmeraent petit en ton commencement , ne cesse jamais de crois* Ire tandis qu*il est en vie , en quoy ii re- {Nresente esgulement et les bons et les inanvni;). « (4) Ciir roiiirecuidance de ceux a qui hnïssenl Dieu monte lousjours, a dit le «^raiid roy David , et « (2) les bonsci-ois« a ^enl selon Tordre du jour, a de splen> a dcur en splendeur; et de demeurer en un estât de consi9Umce lont;Memcnt, il est impuriïible. Qui ne gaigne , fierd en ce (ra* lie; (|ni no « (3) monle, descend en ct»tte e^chclle ; » (|ui nV.'^t vainqueur, est vaincu en ce combat. Nous vivons entre les ha» ziird:^ dos batiiille!^ que nos ennemis nous livrent : si nous ne résistons, nous péris* sons; et nous ne pouvons résister sans surmonter, ny surmonter sans victoire.

Car, comme dit le glorieux sainct Bernard, il est o cnt iros spécialement de Tliomme, qiio « (4) jtimais il nV»t en un mesine es* a lat, a il fiiul ou qu'il a-vunce ou qu'il re« tourne en arrière. « (5) Tous courent, a iDiiis un Seul emporte le prix : courez, a en sorte que vous Tobtemez. Qui est le a pni sinon Je us^iiri&t? et conune le a pourrez- vous a ppix'liender, si vous ne le a suivez? Que si vous le suivez, vous irei

(1; Pi. LXiiii. tS. — (x) Pror. iv, il. i%t iimmm kiviii. i. (4 Ëpu iftj.rfd oariuam. ivl». xiy, a.

jtj 1. «d Cvr. u, 14.

uyhe in, CHAPimi n. u%

• et courrez tousiiours; car il ne s'arresta / jours plus eiebUente, malt doU pM que

* Jamais, ains continua la course de son i jamais elle puisse estre Infinie. L*e9|>rlt de f amour et (4) obéissance jusques à la ' Dieu peut eslever le nostre et rappliquera

> mort, et la mort de la croix. »

Allez donc, dit sainct Bernard, allez, dîs-je, avec luy : allez, mon cherTheotime, et n'ayez point d'autres bornes que celles de vostre vie; et tandis qu'elle durera, courez après ce Sauveur : mais courez ardemment et vistemenl ; car de quoy vous servira de te suivre , si vous n'estes si heureux que de Tacconsuivre ? Escoutons le prophète : a (t) J*ay incliné mon cœur à' k faire vos justifîciitions éternellement. » n ne dit pas qu*il les gardera puur un temps, mais pour jamais : et parce qu'il veut eternellemonl bien faire , il aura un Hernel salaire. « (3) Bienheureux sont ceux

> qui sont purs en la voyo , qui marchent

> en la loy du Seigneur. » Malheureux sont ceux qui sont souillez, qui no marchent point en la loy du Seigneur. Il n'appartient qu'à Sathan de dire qu'il soi a « (4} ar^sis • sur les flancs d'Aquilon. » Dotestable, tu terasas^'isl Hé! ne cognois-lu pas que tu es au chemin et que le chemin n*est pas ftiîct pour s'asseoir, mais pour marcher? Et il est tellement faict pour marcher, que inarcher s^appelle cheminer. El Dieu ()arlanl à l*un de ses plus grands amis : « (5) llarche , luy dit-il , devant moy, et sois parfaict. »

La vraye vertu n*a point de limites , elle va tousjours outre : mais surtout la saincle charité ; qui est la vertu des vertus , et laquelle ayant un objet inûni , seroit capaible de devenir inûnie , si elle rcncon- Iroit un co^r capable de Tinfinilé; rien o*empeschanL cet amour d'estre inûni) que la condition de la volonté qui le reçoit et qui doit agir par iceluy ; condition à raison de laquelle , comme jamais personoe ne verra Dieu autant qu'il est visible, aussi oncques nul ne le peut aimer autant qu'il est aimable. Le cœur qui pourroit aimer Dieu d'un amour osgal à la divine bonté, auroit une volonté infiniment bonne ; et cela ne peut estre qu'en Dieu seul. La charité donc entre nous peut estre perfectionnée jusques à l'infini, mais exclusivement; c'est-à-dire, la charité peut estre rendue de plus en plus et tuus-

(t) pbui». 11. I. -> (1) n. txfw, m..- (t) PB. I.

{k) IM. xiT, 18. -~ (i) GeoM. xm, 1.

*uppliquei toutes les actions surnaturelles qu*ll luy plaist , tandis qu'elle:) ne sont pas inflniee; d'autant, qu'entre les choses petites et les grandes, pour excessives qu'elles soient , il y a tou-jours quelque Horte de proportion , pourveu que l'excès dés excessives ne soit pas Infini : mais entre le Ûrti et l'infini il n'y a nulle proportion ; et ponf Y en mettre , il faudrait ou relever le fini et le rendre infini , ou ravaler l'Infini et le rendre fini , ce qui ne peut estre.

De sorte que la charité mesmequi est en noiitre Rédempteur en tant qu'il est homme , quoy qu'elle soit grande , au-dessus de tout ce que les anges et len hommes peuvent comprendre; si cst^K^e qu'elle n'est pas infiuio en son estre et d'elle-mesrae , uins seulement en l'estime de sa dignité et de son mérite ; parce qu'elle est la charité d'une (versonne d'infinie excellence , c'està-dire, d'une personne divine, qui est le Fils éternel du Père lout-putssant.

Cependant c'est une fjveur extresme pour nos âmes qu'elles puissent crolstre sans fin de plus en plus en Tamour de leur Dieu tandis qu'elles sont ea cette vie cthduque

(1) aottuntâ lé ttè ét«méné, a* Tf rtp M verta D^tTCll*.

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