LITRE IV, CHAPITRE X
etramonrhamain qu'elle prof^jjit en nous:
car la voix de la charité ^.-^aionce , intime et opère Ions les commandomons do Dieu dedans nos cœurs : l'amour humain qui reste après elle , les dit voirement et intime quelquefois tous ; mais il ne les 0|>ore jamais tous , ains quelques-uns seulement.
La charité prononce et assemble toutes les syllabes , c'est-à-dire , toutes les circonstances des commandemens de Dieu ; cet amour humain en laisse tousjours quelqu'une en arrière, et surtout celle de la droicte et pure intention. Et quant au ton, la charité fa fort esgal , doux et gracieux ; mais cet amour humain va toujours ou trop haut es choses terrestres, ou trop bas es célestes ; et ne commence jamais sa besoigne qu'après que la charité a cessé de faire la sienne. Car tandis que la charité est en rame, elle se sert de cet amour humain qui est sa créature , et l'employé pour faciliter ses opérations ; si que pendant ce temps-là les œuvres de cet amour, comme d'un serviteur , appartiennent à la charité qui en estia dame : mais la charité estant e>loîg;née , alors les actions de cet amour sont du tout à luy , et n'ont plus l'estime et valeur de la charité. (4) Car comme lo baston d'Elisée, en l'absence d'iceluy , qooyqu'en la main du serviteur Giezi qui ravoii receu de celles d'Elisée , ne faisoit nul miracle , aussi les actions faictes en l'absence de la charité par la seule habitude de l'amour humain, ne sontd*aucun mérite ny d'aucune valeur pour la vie éternelle , quoyque cet amour humain ait appris à les faire de la charité, ot ne soit que son serviteur. Et cela se fait de la aorte, parce que cet amour humain , en l'absence de la charité, n'a plus aucune force surnaturelle, pour porter l'ame à l'excellente action de l'amour de Dieu sur toutes choses.