LE L'UNION DE L'AME AVEC SON DIEU. QUI SE PARFAIT EN L'ORAISON
CHAPiniE phemieb.
Nous ne parlons pas iri de l'union générale du cœur avec son Dieu , nrnisde cprtains actes et moiivpmon>i particuliers qite l'omc recueillie en Dieu fait piir manière d'oraison, sifin des'nn r et joindre do plus e-n plus à sa divine bonté. Oir il y a, certes, ditlerencR entre unir et joindre une «"hose à l'autre , et serrer ou presser une cbose contre une aiilro ou sur une autre : cj 'autant que pour joindre et unir il n'est t>e~oin que d'une simple application d'une chose à l'autre, en sorte qu'elles se touclientetsoyenl ensemble, ainsi qho nous Joignons les vignes aux ormeauï ellesjiisxnins aui treilles des biTceaui que l'on fait es jardins; mais piiur serrer et près- i Ber, il Faut Taire une application [orle qui accroisse et auijmento l'union ; de sorte que serrer, c'est inlimemenl el furtcmenl joindre , comme nous voyons que le lierre Se joint aux arbie-; car ii nos'nnilpas Seulement, mais il se presse et serre si Tort ft etii, que meïDie il pénètre et entre dans I Wnrsescorres.
I La compiiraison de l'amour des pelil'» »nfans envers leurs mères ne doit point esire abantlonnée. A cuuse de si in innocence et pureté. Voyons donc ce beau |»clit enfant auquel fa mère assise présente son -ein. Il se jelie de force entre les bras d'irelle, mniiissunt el pliant tout son |ielil curps dan^ ce giron el sur cette poitri"aimable. El voyez réciproquement sa meri', comme, le recevant, elle le serre, el ^r manière de dire le colle à son sein, et le baisanljointsabuuelieàlasieiirie voytz dereclief ce petit pouiiun aiipiisté des caresses maternelles , comme de so: coftlé il cooi»erB à colle union 4'entre sa mère el lui ; car il se serre aus»i et se presse tant qu'il peut par luy-mesme
In pftîlrine et le vi 'ase de «a mère, el wmhle qu'il se vcuilli' tout enfoncer el cacher dans ce sein agréable duquel il est es< trairt.
Or alors, Tlir^ilime, l'union esl parfaicle ; laquelle n'esianl qu'une, ne Inisse pas de procéder de la mère et do l'enfant; en sorte neanlmoins qu'elln dépend loule delà mère, car elle a attiré à soy l'enfant, elle l'a la première serré entre ses bra-î et pressé sur sa poitrine , et les forces du poupon ne sont pas si grandes qu'il eiist pu se serrer el prendre si fort à sa more. Mais toirlcfois ce pauvre petit fail bien ce qu'il peut de son coslé, el se joint de lotite sa fnrce au sein maternel, non-seulement consentant à la douce union que sa mère praclique , mais y contribuant ses foibtes efforts de tout son cœur. Et je dis ses fi»htes efforts, psirce qu'ils sonlsi imbéciles qu'ils re-semblenl presque pluiost désossais d'union que non [>i(s une union.
Ainsi donc, Thcotimi-, Noslrc -Seigneur monsirant letre<-aimablesein do son divin amouràl'ame dévote, il la tire toute à soy, la ramasse, et, par manière do dire, il replie toutes les puissances d'icelles dans le giron de sa douceui plus que m:>ternelle ; puis, bruskintii'amoiir. il serre l'amo , il la joint, la presse el colle sur ses lèvres de siiiiïité et sur sa délicieuse poictrine , la bainapt du sacré baiter de in bouche . et lui faisant savourer si-s maminellti mtil' teuTti que te vin (1). Alors l'aine, auwrcée des délices de ses faveurs , non-soulerneht conseni el se preste à l'union que Dieu fait, mais de luul >on pouvoir elle coo|>cre, s'effurçant de se joindre el serrer de plus en plusàladivific lionté; de sorte loiile^riiis qu'elle rccognoist bien que SOU union et liaison à celte souveraine duui'cur di pi'ud toute de l'operatiun divine, sunj laquelle elle ne pourroil seulement pai
TRAITÉ DE L'AUÛUR Bfi DIEU.
faire le moindre essay du inonde pour s'unir à icolle.
0»iar.d on voit une exquise beauté rognrdée avec grarulc nideur, ou uneoxcelleiile mélodie escoulôe avec une grande attention , ou un rare discours entendu avec grande contention, on dit «luo celte beiiilélà tient collez sur soy les yeux dos sp<'ctateurs, que celte musique tient ait; chées les oreilles, que ce discours ravit les cœurs des auditeurs. Qirest-co à dire, tenir collez les yeux , tenir attachées les oreilles , et ravir les cœurs , sinon unir et joindre fort serrés les sens et puissances dont on paile, à leurs objets? L*amc donc se serre et se presse sur son object, quand elles*y affectionne avec grande allenlion : car le .serrement n'est aulrc chose que le progrez et avancement de Tuniou et conjonction. Nous usons mesme do ce mot, selon nostre longago , es choses morales. Il me presse de faire ceci ou cela , il me pres-e de demeurer ; c*esl-à-(lire, il n'employé pas seulement sa persua-^ion ou sa prière , mais il IVmploye avec contention et effort, comme fuenl les pèlerins en Kui- Dirli-», qui non-seulement supphererii Nostre-Scigneur, mais le pressèrent et serrerer.t à force, le covtraignavs, d'une amoureuse violence , d'arresler au loiji? avec eux (<).
Or, en Toraison , l'union se fait souvent pî:r manière de petits, mais fre«|uenseslancemens et ailvancemens do l'anie en Dieu. Et si vous pienez garde aux p(Hits enfans unisel joincts au >v\u de leurs autres , vous verrez que de temps en t(MUj>s ils se pressent et serrent par* îles petits «slans que le plaisir de telter leur dorme. Ainsi en Ti raison le cœur uny à son Dieu fait mainleslois ceilaines recliari^es d'union par de> niouveriiens avec los(|ue's il se serre et pre>se davanliige i a sa «liviiK? douceur. Grume par cxrmple, Taure av. .ut longiii m« i)t ilcmeur é arr >fnl lintni d'union par letjuel elle savoure ctn.et un ni eaubien elle est lieuri M?e d'est re à Dm'U, enfin aeeioirsinl celle uiii-ri [ ar un st rrement et eslan c« niii.i . ■ Oii\ , S^Mgueiir, di-
ra-t-ell<* , j< ^UIS^O^!! t«. Uli , ioUtO, tOUlC
6«:n>txc«p i(,n.»oril)i«ii « lie, Seigneur, je le buis C: rtcs , et jf le vmx i stre toujours plus; » ou bien, par manière de prière lu 0
doux Jésus, hé ! tirez-moy tousjours plus avant dans vostre cœur, afm que votre amour m'englorrlisse, et cpre je soisdu tout aby^mée en sa douceur î »
Maisd'arrtres fois l'union so fait, non par des eslanciMuens repelez, ains par manière d'un conlinucl insensible [iressenuMil et advancement du cœur en la divine bonté. Car comme noirs voyon-^ qu'une grande et pesante masse do pl«imb , d'uifain, ou de pierre, quoyqir*on ne la ïX)«r>sc point, se sorre , enfonce el presse lellomeril contre la terre sirr laqiri'lle elle e-l |)osée, qu'enfin avec le temps (»n la trouve tout enterrée à causo de Tinclination de son poids, qui par sa pe-antfur la l:iil tousjours tendre au centre; ainsi noaire cœrrr estant une fois joint à son Difu, s'il d( meure en celte union, et que r ien nel'" n diver lisse , il va .s'enlonçant conlrnurllement par un insen^ible pr*ogrez d'un on, jusqires à ce qu'il soil tout en Dieu, à canse de l'inclination sacrée que le sainct amour luy dc'une de s'unir lou-jours davantage à la souveraine bonté. Car, comme drlle grand apo Ire tie France, l'amcMir est ur>e vertu unli\e,cVsl-à-dire qir'il n(»ns porte à la [):rl.i( le uninM dir SDUverain bien. Et puisijue c'e^t uni' v(»rilé in :id)ilal)le qi;;- le divin auK'ur, tîimlis (|ue i.jus :-orrmii*-en ce monde, e^t irn mouvement ou au mo ns une Irabiiude aelive et tendiiiitt» au mouvement ; lor» me^me (pr'rl est parvenu à la >im[>le union, il ne lai-^e pas U'auir, quovque impeiceî>l»bi('meMt , pour l'accroir Ire et prrfeetionriir de plus en plus.
Ain>i les arltr'c-^ tpri aimerrt d'entre Iran-planli'z , après qir'ils le yont, eslen- (jer>t leurs racines et ^e f.<ui*ienl bien avant dans le sein de l«i teire, qiri e.'jt leiir élément et al:menl, nul ne .s'apper» cevnni «le cela tandis qu'il se fait, ains spulemeni (piand il e>l f.iit. El lecaMrr humain , lran>planlé (lu nîonde en Dieu par le Cilesle ; mour, s'il ï>'ex<'ree fort eu i\»« rai-on , certes il sVslemlra coutinrrtdloment. et se serrera à la Divinité, s'uriis>iint dtî p!u- vu pirrs à sa bonté, mai- p r des aecr'oiss<>mi'i s im|)erceptibles , desquels on ne reruarcju.- pa ^ bonnement le progrez tandis qir'rl .se fart , ains quand il est T-it, Si \oirs l>guvez quelque ex(|ui>ft li(]ueur, par exemple de l'eau impériale, la simple union d'icelle avec vous se fera à mesure