LIVRE VII, CHAPITRE II
que vons la recevrez ; car la réception et Tunion sont une mesnip cliose on rot endroit : mais par npro-i, prlit à petit, colle union s'agrandira par un progroz iniporcopiiblonjoni son-ihie; car lu vorlu de C4'Ue eau, ponotrant de loulos parts, conforlora le cerveau, reviiiorora lo cœur, et estiJidra sa force sur tous vos osprils Ainsi un sontinienl de dilecti* n . comme, par exemple, quê Dieu esl ^on.' eslanl entré dedans le cœur, d'abord il fait Tu- Dion avec celte bonté; mais estant entretenu un peu longuement comme un parfum précieux, il ponetrede tous costez lame, il serespand et dilate dans nostre volonté, et, piir numiore de dire, il s'incorfwre a\ec no.-lre esprit, se joignant et serrant de toutes parts do plus en plus à nous et DOtis unissiint à luy. Bt c'e>t ce que nous enseigne le grand David, quand il compare les siicrées paroles aujniel il). Ciir qui ne ^ç;ùt que la douceur du miel s'unit de plus en plus à nostre senrtpar un progrez continuel de savourement, lors(|ue le tenan-i longuement en la bouche, ou que Tavalan.^ tout bellement, sa saveur pénètre plus avant le sens de nostre gousl? Et de mesme ce sentiment do la bonté céleste, exprimé parcelle [wrolede sîiinct Bruno: O btrnlé! ou j»ar celle de «linct Thomas : Mon Seigneur et mon Pieu!
011 par celle de Magdeleine : //é! mon maiêtre! o\i [mt celle de s;iinci Fnmçois : Mon Ihen et mon tout! Ce sentiment, di:»-je, demeurant un peu longuiMuent dt»dans un cœur amoureux , il se dilaté, il 8*e-tend et s'enf. nce f>ar une intime p<'netration en res[)ril, el de pins le delrempe tout de sa saveur, (|ui n'est autre chose qu'accroislre Tunion , comme fait l'onguent précieux (ju le b<»aume, qui, tombant sur le cotlon , se mesie et sunil tellement île plus en plus, petit A petit, avec* iceluy, qu'enlin on ne sçauroit plus dire si le cotlon e>t parfumé ou s'il est parfum , ni si le parfum e>i cotlon ou le cotlon parfum. 0 qu'heureuse esl une ame qui , en la Iranquillile de son cœur, conserve amoureusement le sacré seiilimenl de la pre:»ence le Dieu I car son union ivec la divine bonté cioistra perpétuellement, quoyqu'insonsiblinient, et detrenii)era tout resphl d'iceluy de soo
(i; ts*csviii,l<t.
înOnie suavité. Or, qnnnd je parle du sacré sentiment de la présence de Dieu en cet endroit, jo nVnlends pas parler du sentiment sensible, mais de celuy qui réside en la cime et supresmc poinctedo l'e^ prit, où le divin amour rc^ne et (ait 605 exercices principaux.