‹ Œuvres complètes; nouvelle édition collationnée et augmentée des lettres de Sainte Chartal, des lettres inédites de l'auteur, du portrait de lui et d'autographesChapitre 192 sur 365 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

nion de nostrc volonté avec la volonté le, qu'on appelle volonté de bon plaisir.

n no se fait, hormis le péché, que I volonté de Dieu , qu'on appelle voabsolue et de bon plaisir, que per- I ne peut empescher , et laquelle no est point cogncue que [)?v les effects, stant arrivez nous manifestent que les a voulus et desseignez.

Considérons en bloc, Theotime , tout i a esté , qui est , et qui sera ; et tout

d'estonnement,nousscronsconlraint3 lamer, à Timitation du psalmisto :

eigneur , je vous loueray , parce que s estes excessivement magnifié : vos ires sont merveilleuses . et mon amo 3COgnoist trop plus (4). Vostre science admirable au-dessus do moy , elle vaut et je ne puis y atteindre (2). » Et nous passerons à la tres*saincte comloce , nous resjouyssans de quoy Dieu infîny en sagesse , puissance et bonté, soties trois proprielez divines , deses Tunivers n'est qu'un petit essay et ae une monstre.

Voyons les hommes et les anges , et cette variété do natures , de qualitez, itions, facultez, affections, passions, )3 et privilèges que la suprcsme proice a establies en la multitude inuomle de ces intelligences célestes, et des mnes humaines, esquelles est si adblement'exeicée la justice et miseri- 3 divine; et nous ne pourrons nous }nir de chanter avec une joie pleine spect et do crainte amoureuse :

yàj pour objet de moa cantique

La Justice et le Jagemenl.

le TOUS coDMcro ma miutqM ,

O Diea tout Jttfte et tout cleineBl(8)t

HàXm, cxxxviii, 14. — (t) Ibtd. 6.

Nala. a»i.

Theotime, nous devons avoîriineextresme complaisance de voir comme Dieu exerce sa miséricorde par tant de diverses faveurs qu'il distribue aux anges et aux hommes , au ciel et en la terre ; et comme il practique la justice par une infinie variété de peines et chastimens : car sa justice et sa miséricorde sont esgalcment aimables et admirables en elles-mesme , puisque l'un^ et l'autre ne sont autre chose qu'une mesm^ très-unique bonté et divinité. Mais d'autant que les effects de sa justice nous sont aspreset pleins d'amertume, il les adoucit tousjours pur le meslange de ceux de sa miséricorde, et fait qu'emmy les eaux da déluge de sa juste indignation, l'olive verdoyante soit conservée; et que Tame devoie , comme une chaste colombe , l'y puisse enfin trouver , si toutes fois elle veut bien amoureusement méditer à la façon des colombes. Ainsi la mort, les afflictions, les sueurs , les travaux , dont nostre vie abonde, qui, par la juste ordonnance de Dieu , sont les peines du péché, sont aussi par sa douce miséricorde , des eschelons pour monter au ciel , des moyens pour profiter en la grâce , et des mérites pour obte* nir la gloire. Bienheureuses sont la pau* vrelé, la faim, la soif, la tristesse, la maladie , la mort, la persécution ; car ce sont voirement dos équitables punitionf.

de nos fautes ; mais punitions tellement tempérées , et comme parlent les médecins, tellement aromatisées de suavité, debon* naireté et clémence divine, que leur amertume est tres-aimable.Ghoseestrange,mais véritable , Theotime , si les damnez n'estoient aveuglez de leur obstination et delà haine qu'ils ont contre Dieu» ils trouveroient de la consolation en leurs peines, et verroient la miséricorde divine admirabement meslée avec [les 'flammes qui les bruslent éternellement. Si que les saincts

IHAHÊ DE L'AMOUR DS DIEU

consideraDs, d*unepart, les tourmens des | damnez , si horribles et effroyables , ils \ en louent la justice divine , et s*escrient :

Tonf ettet jDSt« , A Dleo ! tous eslcf tquIUblt t La Jiutice à JamaU rerua an tob Jagaaieua (1).

Mais voyant d'autre part que ces (icinos, quoique éternelles et incompréhensibles, sont toutesfois moindres de beaucoup que les coulpes et crimes pour lesquels elles sont iiifligées, ravis de l'infinie miséricorde de Dieu : 0 Seigneur, diront-ils, que vous estes bon I puisque au plus fort de voslre ire, vous ne pouvez contenir le torrent de vos miséricordes, qu'elles n'e>coulent leurs ^ux dans les impétueuses flammes de Tenfer.

Vou fe'âfti oublié la bOBté dt Tottra ama ,

Muo pa» nietiuie Jetjut las damnex dam la OaniM

l>a retirer eieru«l ; emmj vusira fureur

Yoiu a ai«i «< eu garuar To»tre Mibcte tfoacew

De rc«paii(ire Ira traUu (te la i-anipa»tioa

EmiD} le» Ju»ia« coat» de U pattUlon.

3. Venons par après à nous-mesmes en particulier, et voyons une quantité de biens intérieurs et extérieurs, comme aussi \in nombre très-grand de peines intérieures et extérieures, que la providence divine nous a préparées selon sa tres-ï^aincte justice et miséricorde, et comme ouvrans les bras de iiostre consenlement, embrassons tout cela tres-amoureiiseincnt, acquiesç<in> à sa Ire.-^aincte volonté, et chantansà Dieu, par manière d'un hymne d'éternel ac^[uic^c^.•ment : « Vostre volonté > soit faicle en la terre comme au ciel (2). » Ouy,Seij;neur, voslre volun lé soit faicle en la terre, où nous n'avons |)oint de plaisir sans mcsiange de quelque douleur, point de roses sans e>pines, point de jour sans la suile d'une nuict, [>oink de printemps sans qu'il soit procédé de i'hy ver : en la terre, Seigneur, où les consolations sont rares, et les travaux innombrables. 0 Dieul neantmoins que vostre volonté soit faicle, non-seulement en Texeculion de vos commandemens, conseils et inspirations qui doivent estre pracliquez par nous, mais ^ aussi en la souffrance des afflictions et peines qui doivent estres receues en nous, afin que vostre volonté fasse par nous, en nous et de nous tout ce qu*il luy plaira.

(1) Paalm. gxtiii, ill.

(I) IMjUu n, It^

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