‹ Œuvres complètes; nouvelle édition collationnée et augmentée des lettres de Sainte Chartal, des lettres inédites de l'auteur, du portrait de lui et d'autographesChapitre 204 sur 365 · CHAPITRE Xîlî · texte numérisé non relu

CHAPITRE Xîlî

Comme la volonté, estant morte h foy,Tit parement en la volonté de Dieo.

Nous parlons avec uno propriclë touto particuliero do la mort des hommes , en noslre langage françois : car nous l'appelions trcspns; et les morts, trépassez, signifiant (pio la mort entre les hommes n'est qu'im passage d'une vie à l'autre , et que mourir n'est autre chose, sinon oulre))asser les confins de cette vie mortelle pour aller à l'immortelle. Certes , nostre volonté ne peut jamais mourir, non plus que nostre esprit : mais elle outrepasse quelquefois les limites de sa vie ordinaire, pour vivre toute en la volonté divine. C'est lorsqu'elle ne sçait ni ne veut plus rien vouloir, ains elle s'abandonne totalement el sans reserve au bon plaisir de In divine Providence; se meslant et destrempanl tellement avec ce bon plaisir, qu'elle ne paroi>t plus, mais est toute cachée avec Jesus-Christ en Dieu , où ello vit , non plus cile-mcsme , ains la volonté de Dieu vit en elle.

(jue devient la clarté des estoiles, quand le soleil paroiîst sur noslre horizon *? Elle ne péril certes pas , mais elle est ravie et engloutie dans la souveraine lumière du soleil , avec laquelle elle e-t heureusement mesléi; et conjoincte. Et que devient la volonlé humaiiH',(juand elle est entièrement. abandonnée au bon i>laisir divin ? KiU» r,f^ péril p.is tout a fait :mais elle est tellement' aby^îiiécct inesiéeavcc la volunléde Dieu^ qu'elle ne paroi>l plus, et n'a plus aucur» vouli»irst paré d(î celui de Dieu. Ima^vinez" vous, Tlu'olime, le glorieux, et non jamais assez loué, S. Louis, qui s'embarque etfait vnih» pour aller outre mer, vi vove^quo la re\ ne , -a chère femme, s'embarqua avec ra majesté. Or, qui eusl demanda a. celte briive princesse : où allez-vous , ma^* dame V E1I»î eusl sans doute respondu : Jervay cil le roy va. El (pii eu^t derechef do^mandé : Mais savez-vous bien , madame, où h* roy va? Elle oust aussi respondu : lit me l'a dit en gênerai, et neanlmoins j n'ay aucun souey de sçavoir où il va, ains^ tseulemenl d'aller avec luy. Que si on eust ropliqué: Doncques, madame, vous n'avea point de de.*sein en ce voyage ? Non , cust-elle dit , je n'en ay poit^l d'autru que

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