‹ Œuvres complètes; nouvelle édition collationnée et augmentée des lettres de Sainte Chartal, des lettres inédites de l'auteur, du portrait de lui et d'autographesChapitre 213 sur 365 · CHAPITRE IL · texte numérisé non relu

CHAPITRE IL

Qoe ce divin commandement de l'amour (end an ciri, mais e6t loulesroia donné aui fidèles de ee monde.

Si aucune loy n^est imposée au juste (5), parce que prévenant la luy , et sans avoir besoin d'eslre sollicité puricelle , il fait la volotilé de Dieu , par l'instinct do la clunitc qui rej^no on son amo, combien devons-nous estimer les bienlh?ureiix do paradis, libres et exempts de toute sorte de commandemens, puisque de la jouissance en laquolle ils sont de la souveraine beauté et bonté du bion-aimé, rx>ule et procède une douce mais inévitable nécessité en lours esprits d'aimer éternellement la tres-suincte divinité ? Nous aimeruDs

(1) MaUh. ixiv. 40; Joan. su, 17.

(«j I. R«ir- &TIII. — (i) tieiiM. uix.

(4) G«OM. UUT. -(I) L ad TIBB. ^ ti

Dieu aa ciel , Theotime , non commo lief et obligez par la loy , mais comme attire^ et ravis par la joye que cet objcct si perfaictement aimable donnera a nos cœurs.

Alors la force du commandement cessera pour faire place à la force du contente-' ment , qui sera le fruict et le comble da Tobservation du commandement. Nous sommes donc destinez au contentement qui nous est promis en la vie immortelle, par ce commandement qui nous est fais en cette vie mortelle , en laquelle fioof sommes , à la vérité , obligez de robservcf tres-estroictement, puisque c'est la lof fondamentale que le roy Jésus a donnée aux citoyens de lu Hierusalem militantOt pour leur faire mériter la bourgeoisie et la joye de la Hierosalem triomphante.

Certes, là-haut, au ciel, nous aoroa^ un cœur tout libre do passions , une ame toute espurée de distractions, un esprit affranchy de contradictions , et des forcer exemptes de répugnances ; et partant nous y aimerons Dieu par une perpétuelle eft non jamais interrompue ddeci ion » ains* qu'il est dit de ces quatre animaux sacrez^ qui , represcntans les evangelisles , san^ cesser nijourni nuict (1) , louoient con-^ linuellement la Divinité. 0 Dieul quelle joye,(iuand, eslablis en ces éternels ta— * bernaclos, nos esprits seront en ce moii— ^ vement perpétuel , emmy lequel ils auronC^ le repos tant désiré de leur éternelle di— *" lection !

Heareoz qui loire cd ta maUon, Il l« loue aa toute salfoa (l>.

Mais il no faut pas prétendre à cet amour*' si exlresmenunt parfaict en celte vie mor— telle: car nous n'avons pas encore ny 1(^ cœur, ny l'ame, ny res|.rit, ny les furco* des bienheureux. Il suffit que nous aimions do tout lo cœur , et de loulo» les forces que nous avons. Tandis <iuo nous sommes polits enfans, nous sornnu's sages comme petits onfiuis, nous parlons en petits enfans, nous aimons comme petits enfan^(3), mais quand nous seron» parfaicts là-haut, au ciol, nous^oruiis quittes de nostre enfance, et aimerons Dieu parfaiclcmonl. El no faut pas non plus, Theotime, que pendant l'enfance du noslre vie mortelle, nous laissions défaire ce qui

(1) Apoe. iT, •■ — (1) PsalB. Lxufiii, §. (t) LadCor. un, 11.

LIVHË X, CHAPITRE III.

rtl en nous, selon qu'il nous est commandé, puisque non-seulement nous le pouvons, mais il est tre.^-aisi^; tout ce cornmanficmont estant de l'amour, et de l'amour do Dieu qui, estant souverainement bon , est souverainement aimable.

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