‹ Œuvres complètes; nouvelle édition collationnée et augmentée des lettres de Sainte Chartal, des lettres inédites de l'auteur, du portrait de lui et d'autographesChapitre 223 sur 365 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

Du lele on Jtlonsie que nous itods pour Nosire-Seigneur.

Un chevalier désira qu'un peintre fameux luy fist un cheval courant ; et le peintre le luy ayant présenté sur lo dos . ec comme se vautrant , le chevalier commençoit à se courroucer, quand le peintre retournant Timage sens dessus dessous:

Ne vous faschez pas, monsieur, dit-il, pour changer la posture d*un cheval courant en celle d*un cheval se vautrant , il se faut que renverser le tableau. Theotime, qui veut bien voir quel zele ou j quelle jalousie nous devons avoir pour Dieu , il ne faut sinon bien exprimer la jalousie que nous avons pour les choses humaines, et puis la renverser; car telle devra estre celle que Dieu requiert de nous pour luy.

Imaginez vous , Theotime , la comparaison qu1l y a entre ceux qui jouyssent de la lumière du soleil , et ceux qui n*ont que la petite clarté d'une lampe. Ceux-là ne sont point envieux ny jaloux les uns dee autres ; car ils sçavent bien que cette lumiere-là est tres-suffisante pour tous , quela jouyssance de Tun n*empesche point la jouyssance de Tautre, et que chacun ne la possède pas moins , encore que tous la possèdent généralement , que si un chacun luy seul la possedoit en particulier. Mais quant à la clarté d'une lampe , parce qu'elle est petite , courte , et insuffisante pour plusieurs , chacun la veut avoir en sa chambre ; et qui l'a est envié des autres. Le bien des choses mondaines est si chelif et vil , que quand l'un en jouyt , il faut que l'autre en soit privé ; et l'amitié humaine est si courte et inGrme , qu'à mesure qu'elle se communique aux uns , elle 8'affoiblit d'autant pour les autres : c'est pourquoy nous sommes jaloux et faschez quand nous y avons des corrivaux et compagnons. Le cœur de Dieu est si abondant «n amour, son bien est si fort infiny, que

tous le peuvent posséder, sans qu'un chacun pour cela le possède moins ; celle infinité ne pouvant es ire espuisée , quoy» qu'elle remplisse tous les esprits de l'univers ; car, après que tout en est comblé , son infinité luy demetire tousjours tout entière , sans diminution quelconque. Le soleil ne regarde pas moins une rose avec mille millions d'autres fleurs , que s'il ne regardoit qu'elle seule; et Dieu ne respand pas moins son amour sur une ame, encore qu'il on aime une infinité d'autres, que s'il n'aimoit que celle-là seule , la force de sa dilection ne diminuant point pour la multitude des rayons qu'elle respand y ains demeurant toujours toute pleine de son immensité.

Mais en quoy donc consiste le zele ou la jalousie que nous devons avoir pour la divine bonté? Theotime, son office est premièrement de haïr, fuir, empescher, détester, rejetter, combattre et abattre , si l'on peut , tout ce qui est contraire à Dieu, c'est-à-dire à sa volonté , à sa gloire et à la sanctification de son nom. « J'ay haï Tini- » quité , dit David , et l'ay abominée (4). » Ceux que vous hayssez , 6 Seigneur, ne B les hayssois-je pas? et nesechois-je pas B de regret sur vos ennemis (2) ? Mon zele > m'a fait pasmer parce que me> ennemis » ont oublié vos paroles (3). Au matin je » tuois tous les pécheurs de la terre , afin » de ruiner et exterminer tous les ouvriers » d'iniquité (4). » Voyez , je vous prie , Theotime , ce grand roy, de quel zele il est animé, et comme il employé les passions de son ame au service de la saincte jalousie. Il ne hayt pas simplement l'iniquité, mais l'abomine y il sèche de detresse en la voyant , il tombe en defail' lance, etdefiniment de cœur; il la persécute , il la renverse , et Vextermine, Ainsi Phinées , outré d'un sainct zele , transperça sainclement d'un coup de glaive cet efi'ronté Israélite et cette vilaine Madianite qu'il trouva en l'infâme trafic de leur passion (5). Ainsi le zele qui devoroit le cœur de Nosire-Sauveur fit qu'il esloigna, et quant et quant vengea l'irrévérence et profanation que ces vendeurs et adieteurs faisoient dans le temple (6).

(1) Psalm. cxTiii, iU, — (t) PosIb. cmviiibll* (tj Pula. eiriii, IM. — (i) Ibid. o, H Ci) Muk XJEV, •. — (I) Jou. II. M» m

TRilTÉ M, VAMOqit «»WKD.

Le zclc , en srçond lieu , nous rend ar* | cretsi quelle çolere I ^mi te Jalouff dfl demmeni jaloux pour le pureté des amee j peree et mères pour tours enbM* des iM^ qui sont espouscs de Jesus-Chrisi, selos * ' '" ' ^ " '

le dire du sainct apostre aux CorintbionSf c Je suis jaloux de vous, de le jalousie de » Dieu, car je vous ay promise un homme, nafin de vous représenter comme une SI vierge chaste à Jesu^-Christ (4). » Elleter eust esté exlresmcment piqué de ja« lousie , 8*il eust veu la chaste et belle RefïCccB qu'il conduisoit pour estre espousée $u nis de son soigneur, en quelque péril; et snns doute il eust pu dire à cette saincte damoisello : Je tuii jaloux de %ouê , d# ta Jalousie que j*ay pour mon maistre ; ^rje voue ay fiancée à un homme pour tout présenter comme une merge chaste au fils do mon seigneur Abraham. Ainsi veut dire le glorieux S. Paul à ses Corin* thicns : J*ay esté envoyé de Dieu à vos âmes pour traicter le mariage d'une éternelle union entre son fils nosire Sauveur et vous ; je vous ay promis à 1uy pour vous représenter^ aimi gu^une vierge chaste à ce divin Bspoux ; et voilà pourquoyje suis jaloux ^ non de ma jalou«ie, mais de la jalousie de Dieu , au nom duquel j*ay traicté avec vous. Cette ja« lousie , Tbeotime , faisolt mourir et pasmer tous les jours ce sainct apostre. « Je » meurs, dit-il , tous les jours pour vostre » gloire (2). Qui est infirme , que je ne sois » aussi infirme ? Qui est scandalisé , que » je ne brusle (3)? s Voyez, disent les anciens , voyez quel amour, quel soin et quelle jalousie une mère poule a pour ses poussins (4). (Car Nostre-Seigneur n*a pas estimé cette comparaison indigne de son Evangile.) La poule est une poule , c'est-à-dire un animal sans courage ny générosité quelconque, tandis qu'elle n'est pas mère { mais quand elle Test devenue , elle a un cœur de lyon , tousjours la teste levée , tousjours les yeux hagards ; tousjours elle va roulant sa veuë de toutes parts, pour peu qu'il y ait apparence de péril pour ses petits ; il n'y a ennemy aux yeux duquel elle ne se jette pour la défense de sa chère couvée , pour laquelle elle a un souci continuel qui la fait tous* jours aller glossant et plaignant. Que si quelqu'un de ses poussins périt) quels re-

(1) IL e«r. «,%: —(I) t. té Oor. XV, tt. (t) 11. 14 Cor, II. fl. «. («) lilllk ito^ S^.

leurs pour leurs ouaiUeii des frères poor leurs I reres. Quel zèle de% enfane dl« iMb. quand ils sçeurent que Dîna «voit eeli déshonorée (4)1 Quel zèle de job* awrl*^ préhension et crainte qu'il avolt que ses enfans n'offençassent Diep (S) ! Quel ide de S. Paul pour ses fireres sdon hs eAdr, et pofip tes enféns aekm Dieu , pour lesquels il avoit désiré d'estre extermioé comme criminel d'oïkillUffme ai d^exeommunicalion (3) ! Quel xi^le de Moyae eevam son peuple , pour lequel il veut bien ta certaine façon estre ragé A» ttm^ ds vie (l)t

3. £:) la jalousie humaine noua enignom que la chose aimée ne soit posaedée pif quelque autre; maie le xele que noua avoaf envers Dieu, fait que au contraire nous rai doutons sur toutes cboaee que noua aa soyons pas assez entieromeoi poeaedei par iceluy. La jalousie humaine noua faitap» prehender de n'estre pas asaex aimex; la jalousie cbrestienne noua met en peine de n'aimer pasassez. C'est pourqney laaaiDde Sulamite a'escrioit : c 0 le bien«aimé de » mon ame, montrez-moy où voua repossa » au midy, afin que je ne m'esgare, et que » je n'aille à la suite des troupeaux de vos > compagnons (5). » Elle craint de n'estre pas toute à son sacré berger, et d'estre tant soit peu amusée après ceux qui sa veulent rendre ses rivaux : car elle ne veut qu'en façon du monde les plaisirs, les honneurs et les biens extérieurs puissent occuper un seul brio de son amour qu'elle a tout dédié à son cher Sauveur.

CHAPITRBXV.

Advlf ptor la eoBdalle d« Mdnel ntaw

D'autant que le xele est une ardeur ei véhémence d'amour, il a besoin d'estre sagement conduit, autrement il violeroit les termes de la modestie et de la discrétion. Non pas, certes, que le divin amour, poar véhément qu'il soit, puisse estre excessif en soy-mcsme, ny es mouvemens ou incli* naUoos qu'il donne aux esprits, mais parca qu'il employé à l'exécution de sca projatt

n) atMi. ixm. - (t) joè, I, t. - m iiMk II, t. s. , ii»fttcnMi,afc»is)ai«LC>Éti,e.

UYRS X, CBAPITIB ZV.

renCendement, ïuj ordonnant de chercher les moyens de les fuîre réussir; et la hardies<« ou colère , pour surmonter les difficuHez (|U*îl rencontre, il advient tres-sou- Tcnt que Tentondement propose et fait prendre des voyes trop aspreset violentes, et que la colère ou audace estant une fois esmeue, et ne se pouvant contenir dans les limites de la raison, emporte le cœur dans le desordre, en sorte que le zèle est par ce moyen exercé indiscrètement et desreglemenl: cequi le rend mauvais et blasmable. David envoya Joab avec une armée contre 8on desloyal et rebelle enfant Ab^alon , lequel il défendit sur toutes choses qu'on ne touchast point, ordonnant qu*en toute occurrence on eust soin de le sauver (1). Mais Joab estant en besoigne, eschauffô à la poursuite de la victoire, tua luy-mesme de sa main le pauvre Absalcn , sans avoir esgard à tout ce que le roy luy avoitdit(3). Le zèle de mesme employé lu colère contre le mal , et luy ordonne tousjours tres-expressement qu*en destruisant Tiniquité et le péché, elle sauve, sM se peut, le pécheur et Tinique. Mais elle estant une fois en fougue, comme un cheval fort en bouche et bigearre, elle se desrobe, emporte son homme hors de la lice, et ne pure jamais qu*au défaut d*hatcine. Ce bon père de famille que Nostre-Scigneur descrit en TEvangile cognent bien que les serviteurs ardcnsetvioIenssontcou.stumiersd*outrepasser rintcntion de leur maistre(3) : car les siens s*offrant à luy pour aller sarcler son champ, afin d*en arracher Tivraye:

• Non, leur dit-il, je ne le veux pas, de » peur que d*advent(ire avec Tivraye vous une tiriez aussi le froment (4). > Certes, Theotime, la colère est un serviteur qui estant puissant, courageux et grand entrepreneur, fait aussi d*abord beaucoup de besoigne; mais il est si ardent, si remuant, si inconsidéré et si impétueux, qu*il ne fait aucun bien quo |)our l'ordinaire il ne fasse quant et quant plusieurs maux. Or, ce n*est pas bon mosnuge, disent nos gens des cbam()S, do tenir des paons en la maison : car, encore qu'ils chassent aux araignes et en défont le lo;^is, ils gasient toutesfois tant les couverts et les toits, quo leur uti« lité n'est pas comparable au grand desgusi

(1) 11. Réf. XVIII — («) IMd. u.

(Il BaUfe. jiim H. — (Vj IM. XIII, M, M.

qu'ils font. La oolera est un Baoonrs donné de la nature à la raison, et employé par la grâce au service du zele pour IVzecatioa de ses desseins ; mais sec^iurs dan<{ereaz et peu désirable : car si elle vient forte, elle se rend maistresse, renversant l'autorite de la raison et les lois amoureuses du zele. Que si elle vient foible, elle ne fail rien que le seul zele ne fit^t luy seul sans elle ; et tousjours elle tient en une juste crainte, que se renforçant elle ne s*empare du cœur et du zele , les sousmettant à sa tyrannie, tout ainsi qu'un feu artiûciel en un moment embrase un édifice, et ne sçaiton comme l'esteindre. C'est un acte de de^ espoir de mettre dans une place un secours eslranger qui se peut rendre le plus fort. L*amour-propre nous trom|)e souvent , et nous donne le change, exerçant sea propres passions sous le nom de zele. Le zele s'est jadis servi aucunefois de la colère ; et maintenant la colère se sert en contrechange du nom de zele, pour, sous iceluy, tenir à couvert son ignominieux desreglement. Or je dis qu'elle se sert du nom de zele, parce qu'elle ne sçauroit se servir du zele en luy-mesme, d'autant que c'est le propre de toutes les vertus, mais surtout de la charité, do laquelle le zele est une dépendance, d*estre si bonne que nul n'en peut abuser.

* Un pécheur fameux vint un jour se jetter aux pieds d'un bon V digne prestre, protestant avec beaucoup de sousmisbioo qu'il venoit pour trouver le remède à sea maux, c'est-à-dire, pour recevoir la saincte absolution de ses fautes. Un certain moyne nommé Demophile, estimant à son advia que ce pauvre pénitent s'approchast trop du sainct autel, entra en une colère si violente, que, se ruant sur luy à grands coups de pieds, il le poussa et chassa hors de là ; injuriant outrageusement le bon prestre, qui , selon son devoir, avoit doucement recueilli ce pauvre repentant; puis, courant à l'autel , il en esta les choses tressainctes qui y estoient et les emporta , de peur, comme il le vouloit faire accroire , que, par rapprochement du pécheur, le lieu n'eust esté profané. Or, ayant fait ce bel exploit de zele, il ne resta pas là, mais en fit grande feste au grand S. Denis areopagite, par une lettre qu'il lui cscrivit, de laquelle il receut une excolleote responso

TRAitft tk Vhvwn MiUn.

digne de rospril Apostolique dont ce grand dhciplo de saînct Pani estoit animé : car 11 laf fit voir clairement que son zele avoit esté indiscret, imprudent et impudent tout enaemble , d'autant qu'encore que le zele de rhonnour deu aux choses sainctcs soit bon et looable, si est-ce qu'il ayoit esté practiqué contre toute raison , sans considération ny iugement quelconque, puisqu'il avoit employé les coups de pieds, les oairages, injures et reproches, en un lieu, en une occasion et contre des personnes qu'il devoit honorer, aimer et respecter; si que le zele ne pouvoit eslre bon , estant exeicé avec un si grand desordre. Mais en oette mesme response ce grand sainct recite un autre exemple admirable d'un grand zele procédé d*une ame fort bonne, gsstée neantmoins et viciée par Fexcès do la colère qu'elle avoit cxcitéB.

Un payen avoit séduit et fait retourner à lldolastrie un chrestien candiot nouvellement converty à la foy. Carpus, homme eminent en pureté et saincteté de vie , et lequel, il y avoit grande apparence, avoit esté evesquo de Candie ^ en conceut'un si grand courroux, qu'oncques il n'en a souffert de tel , et se laissa porter si avant en cette pnssion,qiic s'esta m levé à la minuict pour prier selun sa coustiimc, il concluoit é fuirl soy qiril ii'estoit pas raisonnable que Ie& hommes impies vescussent davnniago, ' priant par grande indignation la divine justice de faire mourir d'un coup de fondre ces deux pécheurs ensemble , le payen séducteur et le chrestien séduit. Mais oyez, Theolimo, ce que Dieu fit pour corriger l'asprcté de la passion dont le pauvre Carpus estoit outré. Premièrement, il luy fit voir comme à un autre sainct Estienne le ciel tout ouvert, et Jesus-ChnsI, Nostre- Seignenr assis sur un grand tbrosne, environné d'une multitude d'anges qui luy assistoient en forme humaine; puis il vit en bas la terre ouverte comme un horrible et vaste gouffre, et les deux desvoyez auxquels il avoit souhaité tant de mal , sur le bord de ce précipice, trembla ns et presque pasmez d'effroy, à cuuse qu'ils estuient prests à tomber dedans, attirez d'un costé |)ar une multitude de serpens, qui, sortant del'abysnie, s'entortilloient à leurs ]ambes,etavoclesqueuesleschatouilloient et provoquoient à la clieute; et de l'austre

costé certains hommes les j/ooÊÊtâétà H frappoient pour les faire toinber, si qulli sembloient estre sur le point d*estre abya» mez dans ce précipice. Or, considérez, Je vous prie, mon Theotime, la violence de la passion do Carpus. Car, comme il racontoît par après luy-mesme à S. Denys, H ne tanoitcomptede contempler Nostre-Seigneiir et les anges qui se monstroient au ciel, tant il prenoit plaisir de voir en bas la détresse eflhiyable de ces deux misérables chetifs, se faschant seulement de œ qu'ils tardaient tant à périr, et partant s'essayoil de les précipiter luy-mesme; ce que ne pouvant sitost faire, il s'en dépitait et les man* dissoit , jusqu'à ce qu'enfin levant les yeux au ciel, il vit le doux et tres-pitoyable Sauveur qui , par une extresme pitié et coob* passion de ce qui se passoit, se leva de soa throsne, et descendant jusqu'au lieu où estoient ces deux pauvres misérables, leur tendait sa main secourabte, à mesme temps que les anges aussi, qui d'un costé, qui d*austre, les retenaient pour les empesdier de tomber dans cet espouvantable gouffre : et pour conclusion, l'amiable et débonnaire Jésus s'adressent au courroucé Carpus:

Tiens, Carpus, dit-il, frappe désormais sur moy ; car je suis prest de pastir encore une fois pour sauver les hommes , et cela me seroit agréable, s'il se pouvoit faire sans le péché des autres hommes. Mais au surplus, udvise ce qui te sennt meilleur, ou d'estre en ce gouffre avec les serpens, ou de demeurer avec les anges qui sont si grands amis des hommes. Theotime, le sainct homme Carpus avoit raison d'entrer en zele pour ces deux hommes, et son zele avoit justement excité la colère contre eux; mais la colère estant esmeue avoit laissé la raison et le zele en derrière, outre-passant toutes les bornes et limites du sainct amour, et par conséquent du zele qui en est la ferveur. Elle avoit converty la haine du péché en haine du pécheur, et la tres-douce charité en une furieuse cruauté.

Ainsi y a-t-il des personnes qui ne pensent pas qu^on puisse avoir beaucoup de zele si on n'a pas beaucoup de colère, n'estimans pas do pouvoir rien accommoder s'ils ne gastent tout, bien qu'au contraire le vray zele ne se serve presque jamais de la colore : car comme on n*applique pas le fer et le feu aux malades, que lors-

UntE X , CHAMTRE XVI.

vW ne peut faire autrement, aussi le iloct zèle n'emploie la colère qu*ès ex* mmes nécessitez.

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