TRAITA DE L'AMOUR M MVT
beauté trcs-delectable , et enfin espanche ses eaux sur toutes les facultés et opérations d*icelle , pour donner à l'entendement une prudence céleste , à la yolonté une saincte Justice » à Tappetit de convoitise une tempérance sacrée , et à Tappetit irascible une force dévote; àOn que tout h cœur humain tende à l'honnesleté et félicité surnaturelle, qui consiste en l'union avec Dieu. Qile si ces quatre courans et fleuves de la charité rencontrent en une ame quelqu'une des quatre vertus naturelles i ils la réduisent à leur obéissance ; 9ê meslant avec elle pour la perfectionner, comme l'eau de senteur perfectionne Teau naiurelle quand elles sont mesiées ensemble. Mais si la saincte dilection ainsi res|)8ndue ne trouve point les vertus naturelles en rame, alors elle-mesme fait toutes les opérations sdon que les occasions le requièrent.
. Ainsi Tamour céleste trouvant plusieurs vMius en 8. Paul, S. Ambroise, S. Denys, S. Piicome, il respandit sur icelles une agréable clarté, les réduisant toutes à son service. Mais en la Magdelalne, en Sainte MarieEgyptiaque» au bon larron, et en cent autres tels penitens qui avoient esté grands pécheurs, le divin amour ne trouvant aucune vertu , flt la fonction et les oeuvres de toutes les vertus, se rendant en iceuz patient, doux, humble et libéral. Nous semons es jardins une grande variété de graines, et les couvrons toutes de terre, comme les ensevelissant jusqu'à ce quc'ie soleil plus fort les fasse lever, et, par manière de dire, ressusciter, lorsqu'elles produisent leurs feuilles et leurs fleurs, avec de nouvelles graines, une chacune selon son espèce ; en sorte qu'une seule chaleur céleste fait toute la diversité de ces productions par les semences qu'elle trouve cachées dans le sein de la terre.
Certes, mon Theotime, Dieu a respandu eh nos âmes les semences de toutes les lertus, lesquelles neantmoîns sont tellement couvertes de nostre imperfection et foiblesse, qu'elles ne paroissent point, ou fort peu , jusqu'à ce que la vitale chaleur de la dilection sacrée les vienne animer et ressu>citer; produisant par icelles les actions de toutes les vertus ; si que , comme It manne contenoit en soy la variété des
saveun de tontes laa viandet^tt en toit le goust dans la bouche dm^ tes (I], ainsi l'amour céleste comprend soy la diversité des perfections do tou les vertus, d'une fagon si eminenie et m releva , qu'elle en produit toutes les actions en temps et lieu saloo les oocorrencee. Josué desfil certes vailiammeiil; les ennemis de Dieu par la bonne conduite des armées qu'il eut en charge; mais Samson les desfaisoit encore fSos glorieusement y qui de sa propre mais avec dos maschoires d'asne en tuoit à milliers (2). Josué, par son commaodemeat et bon ordre, employant la valeur de sei .troupes, faisait des merveilles; mais Samson , par sa propre force, sans employer aucune autre, faisoitdes miracles, iosoé avoit les forces de plusieurs soldaU som soy; mais Samson les avoit en soy, et pouvoit luy seul autant que Josué et plu* sieurs soldats avec luy eussent pu tous ensemble. L'amour céleste ezcelie en I'um et l'autre façon ; car trouvant des vertus en- une ame (et pour l'ordinaire an moins y trouve-t-il la fby, l'espérance et la pénitence), il les anime, il leur commande, et les employé heureusement au service de Dieu ; et pour le reste des vertus qu'il ne trouve pas, il fait luy-mesme leurs fonctions, ayant autant et plus de force luy seul qu'elles ne sçauroient avoir toutes ensemble
Certes, le grand apostre ne dit pas seo* lement que la charité nous donne la patience, boniguité, constance, simplicité»
mais il dit qu'elle-mesme elle est patiente, bénigne, constante (3); et c*esl le propre des supresmes vertus entre les anges et les hommes , de pouvoir nonseulement ordonner aux inférieures qu'elles opèrent, mais aussi de pouvoir elles* mesmes faire ce qu'elles commandent aui autres. L'evcsquc donne les charges dt toutes les fonctions ecclésiastiques , d\)U vrir l'église, d'y lire, exorciser, esclairer, jirescher, baptiser, sacriGcr, communier, absoudre, et luy-mesme aussi peut faire et fait tout cela , ayant en soi une vertu eminente qui comprend toutes les autres inférieures. Ainsi sainct Thomas en considération de ce que sainct Paul asseure que
UYRE n j CMÂJntBM IX.
kl diariW est patiente , benigli» et forte : La ohariié, dil^il, fait et accomt)1it les œu- Troé de toutes les Terliis. Et sainct Âmbroiae, escrivani à Demeliius, appelle la
Ctience et les autres vertu!), membres de charité ; et le grand sainet Adgui^tin dit que Tamour de Dieu comprend toutes les vertus et fiiit toutes leurs opérations en nous. Yoicy ses pnroles : t Ce qU*on a dit qud la rertu est divisée en qtiHtre (il a entend les quatre vertus eanlinales), on a le dit , ce me semble , à raison des dl- > verses affections qui proviennent de Taa mour ; de manière que ]e ne feray nul a douta da définir ces quatre Vertus : en a sorta que la tempérance sôit Tamotir a qui sa donne tout entier à Dieu ; la a force, un amour qui supporte volontiers a tautea choses pour Dieu ; la justice, une a force aervànt à Dieu seul , et pour eela a commandant droiclement à tout ee qni a est aiibject à i*bomme; la prudence, un a amour qui choisit ce qui luy est profitaa ble pour 8*unir avec Dieu , et rejette te a qui luy est nuisible (4). a Celuy donc
:ui a la charité a son esprit revestu d'une alla robe nuptiale, laquelle, comme celle da Joseph , est parsemée de toute Ifl variété des vertus (%) ; ou plustost il a Une perfection qui contient la vertu de toutes las perfections ou la perfection de toutes les vertus) et par ainsi la ekwriié »it M/taule, biiSgntf $11$ n'est p^ni an* pUuiê, mais honteuse ; êlU na fait point i$ legêreten , ains elle eat prudente ; $llè ne M'enfie point d*orgueil , B\n^ elle est humble ; elle n'êst point amMHeuêe OU dasdaigneusc, ains aimable et affable ; elle ]i*est point pointilleuse à vouloir tê (f^i lai appartient t ains franche et condes^ oendante; «Wana^'trrflapofiil, ains est paisible ; êUê ne peme aucun mal , aina est débonnaire ia//ana «a re$iouit point jur le mal, aim ee réjouit avec la vérité et en la vérité; elle eouflte tmt, elle croit aisément tout ce qu'on luy dit de bien, sans aucune opIiHoalrel^, oontention ny défiance ; eUe espère tout bien du prochain , sans jamais perdre courage de luy procurer son aalut ) elle eoutient tout (3), attendant aans inquiétude eequi Juy est promis^ Bt pour aondualoD la ah»' (1) at MHk fleek «. tu ^(i) ataii. «ttvii, i
Wh9à Car. %u».
rilé eit le Rh or et enflammé que MMra- Seigneur èonseltloit à l'evesque de Laodicée d'acheter 0), lequel contient le prix de toutes choses, qui peut tout et qui fait tout.