CHAPITRE IX
Qae Im Tertot Urent lêar ptrftetloa dé TàiêMt
Msré.
La charité e<(t doncques le lien fèction (i), puisqu'on elle et par alla sont contenues et assemblées toutes les perCaétiens de Tame, et que sans elle non*aattlement on ne sçiiuroit avoir l'assemblage entier des vertus, mais on ne peut mesme sans elle avoir la perfection d'auenna vertu. Sans le ciment et mortier qui lie les pierres et murailles , tout l'édifice ae dissout; sans les nerfs, mu -clés et tendons, tout le corps seroit défait; el aans la charité, les vertus ne peuvent a'entratenir les unes aux autres. Nostre-Sei^eur lie tousjours l'accomplissement den com^ mandemens à la charité, t Qui a dea com^ » mandemens, dit-il, et les observe, o'eal
> coluy qui m'aime. Celuy qui ne m'aima
> pas ne garde «pas mes commandemena
> (3). > ^t quelqu'un m'aime U garêoré mes paroles (4). Ce que repelant le diaci« pie bien-aimé : t Qui observe les eodi* » mandemens de Dieu , dit-il , la charilé » de Dieu e^^t parfaicte en iceloy, al aalle- » cy est la charité de Dieu, que noua gaf* » dions ses commandemena (5)é • Or, qui n'auroit toutes les vertust garderait levé les commandemena : car qui aurait It vertu de religion, observeroit laa Iroii premiers commandemens i qui aurait It piété, observeroit le qualnesma; qui •«« roit la mansuétude et debannairaté, obv serverojt le cinquiesme ; par la chaatalé on garderait le sixiesmai par la libéralité on eviteroit de violer lé aeptieame | par \m vérité on feroit le huitiesme; al par la pai^ cimonie et pudicité on ohservaroil la na«* viesme et dixiesme. Que si en ne paal gaa» der les commandemens aans la obarité* à plus forte raison oapaui-onaaaaîoaUaàVali' toutes les vertus.
On peut, certes I bien avoir qiwktM vertu et demeurer quelque pavf^a
m. SI?, Il, M,II.-HI i*imt
tti.
nans uflcn.-^T D'k'U, «ivcoroque l'on D*ait pnk lé (livin iimour. Mais tout ainsi qne Oous voyons parfois dos arbres arrachez de terre faire quelques productions, non totitesfois pàrfai<nes ny pour long-lempa; de mesmeun cœur séparé de la chanté peut voirementpFoduire quelques actes de vertu niais non pas longuement.
^' Toutes les vertus séparées de la charité sont fort iroparfaictes, puisqu'elles ne peui^nt*^ sans icelle parvenir à leur fin , qqi «tde rendre l'homme heureux. Les abeil- •les sont en lear naissance des petits chadons et vermisseaux sans pieds , sans ailes et sans formes; mais par succession de temps elles se changent et deviennent petites mouches ; puis enfin quand elles sont fortes et qu'elles ont leur croissance , alors on dit qu'elles sont avettes formées, faictes et parfaicles , parce qu'elles ont ce qu'il faut pour YOler et faire le miel. Les vertus ont leur commencement, leurs progrès et leur perfection , et je ne nie pas que sans {•charité elles ne puissent naistre, voire mesme faire progrez; mais qu'elles ayont leur perfection pour (X)rter le titre de ver* ius faictes, formées et accomplies, cela dépend de la charité, ^i leur donne la force de voler en Dieu , et recueillir de la miséricorde d'iceluy le miel du vray mérite et de la sancliBciition des cœurs esquels elles se trouvent.
La charité est entre les vertus, comme la soleil entre les estoiles : elle leur distribue à toutes leur clarté et beauté. La foy, l'espérance , la crainte et pénitence , viensent ordinairement devant elle en Tame pour luy préparer le logis ; et comme elle tst arrivée, elles lui obéissent et la servent eomme tout le reste des vertus, et elle les anime, les orne et vivifie toutes par sa présence.
Les autres vertus se peuvenPreciproqnement entre-aider et s*ezciter mutuellement en leurs œuvres et exercices : car qui ne sçait que la chasteté requiert et excite la sobriété, et que Tobeissancé nous porte à la libéralité, à l'oraison, à Thumiliié?Or, par cette communication qu'elles ont entre elles, elles participent aux perfections les unes des autres : car la chasteté observée par obéissance a double dignité , à sçavoir la sienne propre et celle de robeissanee. Ainselle a plus de celle da
TRAITÉ W* LtANOUR IN>r «KU.
l'obeissanoe qm da hi atemia |NMpi4^: te comme Aristote dit que oelai qui desiûboit pour pouvoir oommettre la fbrmeatioa estoit plus fomtcateor qae larn», dlratant que son affection lendoit toute à la fomlcatioo , et ne se aervoît du Iwdii que comme d'un pasaage pour y parfenir, ainsi qui observe la chasteté pour obéir, i est plus obéissant que chattft, poiaqnl employa la chasteté au service de robe» sance. Mais pourlantdnmeslangedero»
beissance avec la chasteté ne peut réussir une vertu accomplie etparfaicte, puisqu»
la dernière perfection , qui eat l'amour, leur manque à toutes deux : de aorte qus si mesme il se pouvoit foire que toutes lei vertus se trouvassent ensemble eu ui homme, et que la seule charité luy maoquast, cet assemblage de vertus seroit voirement un corps tres-parfoictement aeoomply de toutes ses parties, tel que frt oeluy d'Adam, quand Dieu de sa mail maistresse le forma dn limon de la terre; mais corps neantmoins qui seroit sans mouvement, sans vie et sans grâce, jusqu'à ce que Dieu inêpirait en iceluy k spiraele de vie (I) , c'est^-dire la sacHe charité, sans laquelle rien ne nous profite. Au demeurant, la perfection de l'amour divin est si souveraine, qu'elle perfectionne toutes lee vertus, et ne peut estre perfectionnée par icelles, non q^s mesme par l'obéissance , qui est celle laquelle peut le plus respandre de perfection sur les autres : car encore bien que l'amour soit commandé , et qu'en aimant nous practiquions l'obéissance, si est-ce ni^antmoins que l'amour ne tire pas sa perfection de robeissanee, ains de la bonté de celuy qu'il aime; d'autant que l'amour n'est pas excellent parce qu^il est obéissant, mais parce qu'il aime un bien excellent. Certes, en aimant nous obéissons , comme en obéissant nous aimons ; mais si cette obéissance est si excellemment aimable , c'est parce qu'elle tend à Texcellence de l'amour : et sa perfection dépend , non de ce qu'en aimant nous obéissons, mais de ce qu'en obéissant, nous aimons. De sorte que tout ainsi Dieu est esgalement la dernière fin de tout ce qui est bon , comme il en est la première source , de mesme l'amour, qui est l'origine de toute bonne
. (l)fiMIM.U.T.
UTRE XI, CHAPITRE X.
afliKtion, «n mI pareillemont la dernière Su et perfection.
Ces anciens sages du monde Brent jadis des magnifiques discours à l'honneur des vertus morales, ouy mesme en Faïeurda la religion. Mais ce que Plularque a observa es stoïciens est encore plus à propos pourloul le reste des payens. Nous voyons, dit-il , des navires qui portent des inscriptîODS fort illustres : il y en a qu'on appelle Victoire, les autres Vaiilunce, les autres Soleil ; mais pour cela elles ne laissent pas d'estre subjectes aux vents et iiux vagues. Ainsi les stoïciens se vantent d'eslre exempt- de passions, sans peur, sans tristesse, sans ire, gens immuables et invariables ; mais en effect ils sont subjects au trouble , à l'inquiétude , à l'impétuosité, et autres impertinences.
Pour Dieu. Theotime, je vous prie, quelle vertu pouvoient avoir ces gens-là? qui volontairement et comme à prix faict , renvergoient toutes les lois de la religion? Seneque avoit fait un livre contre les superstitioDS, dans lequel il avoit repris l'impiété payenne avec beaucoup de liberté.
Or, cette liberté , dit le grand sainct Augustin, se trouva en ses escrits, et non pas en sa vie , puisque mesme il conseilla que l'on rejettast de cœur la superstition , mais qu'on ne iaissast pas de la practiquer es actions (1 )■ Car voicy ses paroles :« Lesiquellessuperatilions le sage ob^ervers 1 comme commandées par les loix, non pob ■ comme agréables aux dieux. » Comme pouvoient estre vertueux ceux qui, comme rapporte sainct Augustin, estimoienl que le sage se devoifcluer, quand il ne pouvoit ou ne devoit plus supporter les calamités de celte vie ■ et toutes fois ne vouloienl pas advouerque les calamité?, fussent misérables, ny les misères calamiteuses.ains maintenaient que le sage esloit toujours heureux et sa vie bienheureuse? n 0 quelle >vie bienheureuse, dit sainct Augustin, • pour laquelle éviter on a mesme recours « à la mort ! Si elle est bienheureuse , que »n*y demeurez-vous (*)' » Aussi celuy
(i)Ub »i Iwt4t1te. mil-
d'entre les stoïcienselcapitaines, qui pour sestre tué soy-mesme en la villn d'Utiqoe afin d'éviter une calamité qu'il eslimoit indigne de sa vie, a esti^ tant loué pnr les cervelles profanes, fit cette action avec si peu de véritable vertu, que. comme dit sainct Augustin, il ne tesmcigna pas un courage qui voulust éviter la deshonnestoté, mais une ame infirme qui n'eut pas l'assenrance d'attendre l'adversité (I). Car s'ileuste-liméchoseinfasme de vivre sous la victoire de Cc^ar, pourqooy eusl-il commandé d'espcrer en la douceur de Ce^^arî (k>mme n'eust-il conseillé à son fils de mouavec luy, ai la mort estoit meilleure et plus honneste que la vie? H se tua donc, ou parce qu'il envia à Ce?ar la gloire qu'il eust eu de luy donner la vie, ou parce qu'il appréhenda la honte de vivre sous un vainqueur qu'il hayssoit : en qnoy il peut estre loué d'un gros, et, encore à ladventure, grand courage, mais non pas d'un sage , vertueux et constant esprit. La cruauté qui se pnictique sans émotion et de sang-froid est la plus cruelle de loutes'l et c'en est de mesme du desespoir : cap celuy qui est le plus lent, le plus délibéré,' le plus résolu, est aussi le moios excusable et le plus désespéré.
El quant à Lucrèce (afin que nous n'oubliions pas aussi les valeurs du sexe moins courageux), ou elle fut chaste parmy la violence et le forcement du fils de Tarquinius, ou elle ne le fut pas (2S Si Lucrèce nefulpascliasle, pourquoyloue-l-ondonc la chasteté de Lucrèce? Si Lucrèce fui chaste et innocente en c«t accident-là, Lucrèce ne fut-elle pas meschante de tuer l'innocente Lucrèce ? Si elle fut adultère , pourquoy est-elle tant louée? Si elle fut pudique, pourquoy fut-elle tuée? Mais elle crai^noit l'opprvbre et la honte de ceux qui eussent pu croire que la deshonneslelé qu'elle avoit soufferte violemment Undis qu'elle estoit en vie , eust autôi esté soufferte volontairement, si après icelle elle fusl demeurée en vie : elle eut pour qu'on l'esiimast complice du péché , si ce qui avoit esté fait en elle vilainement estoit supporté par elle patiemment. Eé donc I taul-ilpour fuir la honte et l'opprobre qui dépend de l'opinion des hommes, accabler
«Ant
Honocenk ai lutr )• JotlaY FivMI nam»
laair llionnaur am dapaaa de la vertu , al la rapiikatian au péril de raqiilté^ Tallaa furrat lea vartut daa plus vartuaux payaoa anTera Olaa et envara auxHnaaaaa.
Bt pour lea vertus i|ui ragardanl lapra» duiin , ils fûuiarant aux piada at fort af*i fronlemeatt par leurs lois meanaa* la priaaipnla qui est la pieté. Car Arislota , la plua grand aervean d'entre aux, pro* noaca eetta barriblaet tres«iiiipitauâasam tmicse(4) : « Touehant resposition , a*aata Mira rabandonnemeat dasenfans« au a leur eduealioil , la taî aalt telle : Qu'il ne aae faut rien nourrir de oa qui est privé a da quelque membre. Et qupnt aux autres aanfiins , si lea lais et lea eoustumas da la adié défendent qu*an n'abandonna paa a lea enfans , at que le nombre des eafana aaa Multiplia A quelqu'un, en earta qu*il a an ait desjà au dauWe de la parlée da aaa akeultéa , il but prévenir et procurer l'a* a vorteanan t. a Seneqae , aa ange tant Innd : «Noua toana , dit-il , lea manstreai al naa aanfena aoni manqttéa, debilea, impars a bits ou menstroaux, naus les rejettona aat abandennoM (I). 1 De sorte que oa B^est pos sans eause que Tertulian repro-. cbe auK Humains qu'ils expoaoient leurs enfens aux ondes , au froid , à la faim et aux cbiens , et ceto non par force de pauvreté, car, comme il dit, les presidens mesmes et magistrats praotiquoient cette dénaturée cruauté (3). 0 vray Dieu, Théo* time , quels vertueux voilà I et quêtai sages peuvoient estre tes gens qui enseignotent une si cruelle et brutale sagesse t « Helas I
> dit le grand apostre , eroyana d*estre sa« âges, ils ont esté bits insensés, et leur
> bl esprit a été obseurcy , gens abanidonnoxau sens reprouvé <i). » Ah quelle horreur qu*un sf grand philosopbe conseille i'avortement; c'est devancer l'homicide, dllTer tulian,d'empescher un liomme oonceu de naistre; et sainct Ambroise reprenant les ftayené de cette mesme barbarie ! t Oa oste . dil-il , en cette sorte la » vie aux enfens avant qu'on la leur ait adonnée (5)».
Certes si lespayens ont practiqué qua^ <(ues vertus , ça esté pour la pluspart en
(1) us. VII. Pol- «. XVI. — (t) D« ira. lib. I. «. xv. m) ta Apol. c is, tt «Ma LfriKM* «MM. it ia-M^
aequent Ils n'ont eu de la varUi qaa IVkt tlon , et non paa le motif et rintentioo. Or, la vertu n'est paa vrayo vertu , ai elle n*t la vrave intentioq. La oonvoitiM himiiinf a faitla force dea payaM, dit le concile d'Aurange, at la charité divine a (ait cells des chrestlens (I ). Les vertus dai pnyeos, dit sainct Augustin, ont ^nténon vrayei, niais vray-semblablea , parce qu'ellea ns brent pas exercéea pour la An convenable, mais pour doi Ans perisaablaa. Fabricius sera moins puny que Catilina , non paa qus teltiy-lâ fust bon , maia parce que oe|uycy bst pire ; non pas que Pd>rlclua eust des vrayea vartua , mais parce qu'il ne fust paa si esloi^é des vrayes vertua. Si qu'aa jour du Jugeipent les vertus 4ea payena las défendront, non afin qu'ils soient savvex , malsafip qu'ils na soient paa tant damnev. Dn vice estoH oaté par un autre vice entra lea payena; les vices se feisana plac# le# ans aux autrea , sans en laisi^r aucmie à la vertu : et pour ce seul uniqua vice d^ la v^lne gloire , ils reprimaienl l'uvarioa at plusieurs autres vices, Voire meaipe quelqoefola Ils mesprlsoient la vanité par vanité, dont l'un d'entre eux qui sembloit I9 plus esloigné de la vanité , foulant aux pieds le llet bien paré de Platon : Que faistu , Diogenest luy dit Platon. Je fbute, resDondit-il, le bste de Platon. Il est vray, répliqua Platon , tu le foules , mais par ua autre feste. Si 8enequefutvain,on le peut recueillir de ses derniers propos ; car la fin couronne l'œuvre , et la dernière heure les juge toutes. Quelle vanité, je vous prie! autant sur le point de mourir, il dit à ses amis qu'il n'avoit pu jusqu'à l'heure les remercier assez dignement, et que partant il leur vouloit laisser un légat de ce qu'il a volt en soy de plus agréable et de plua beau ; et que s'ils le gardaient soigneusement , ils en recevroient de grandes louanges, adjoustant que ce magnifique légat n'estoit autre chose que l'imugo de sa vie. Yoyes-vous , Theotimo , comme les abois de cet homme sont puans de vanité? Ci ne fut pas l'amour de l'honnesteté, maii l'amour do l'honneur qui |K>ussa ces sages mondains à l'exercice des vertus , et leurs vertus de mesme furent aussi différentes des vrayes vertus, comme l'amour de
UYRE XI , CHAPITRE S.
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rhoniMttoté et l'amour du mérite d*avec Pamour de la recompense. Ceux qui ser- Tenl les princes pour l'intcrest font ordinairement des services plus empressez , plus ardens et sensibles ; mais ceux qui servent par amour les font plus nobles , plus généreux, et par conséquent plus estimables.
Les escarboucles et rubis sont appelés par les Grecs de deux noms contraires : car ils les nomment pyropes et apyropes ; c'est à-dire , de feu et sans feu , ou bien enflammez et sansflamme; iU les nomment ignées , de feu , charbons ou escarboucles, parce qu'ils ressemblent au feu en lueur et splendeur; mais ils les appellent sans feu, oa , pour dire ainsi , ininflammables, parce que non*seulement leur lueur n'a nulle àialeur , mais ils ne sont nullement sus* ceplibles de chaleur , et n'y a feu qui le pai>8e eschauffer. Ainsi nos anciens pères ont appelé les vertus des payens verlus et non vertus tout ensemble ; vertus , parce qu*el!es ont la lueur et Tapparence ; non vertus, parce que non-seulemenl elles n'ont pas eu celte chaleur vitale de Tamour de Dieu qui seule les pouvoit perfectionner , mais elles n'en esloicnt pas susceptibles , puisqu'elles esloient en des subjels infidèles. Y ayant de ce lerops-ià , dit S. Augustin, deux Romains grands en vertus. Cenr et Caton , la vertu de Caton fut de beaucoup plus approchante de la vraye vertu que celle de César (4 ). Et ayant dit en queU que lieu que les philosophes destituez de la vraye pieté avoient resplendy en lumière de verlu , il s*en desdit au livre de ses rétractations , estimant que celte louange estoit trop grande pour des vertus si imparfaictes comme furent celles des payens, qui en vérité ressemblent à ces vers à feu et luisans, qui ne sont luisans qu'emmy la nuict , et le jour venu perdent leur lueur (%), Car de mesme ces vertus payennes ne sont vertus qu'en comparaison des vices, mais, en comparaison des vertus des vrais chrestiens , ne méritent nullement le nom de verlus.
Parce neantmoins qu'elles ont quelque chose de bon , elles peuvent cstre comparées aux pommes verreuses : car elles ont la couleur , et ce peu de substance qui leur reste, aussi bonnes que les vertus entie-
(1) Uk. ». ft« «If. M, e. lu. • (D lik. I» Annule «h
res ; mate le ver de la vanité est au mîlîeo, qui les gaste. C'est pourquoy qui en veut user doit séparer le bon d'avec le mauvais. Je veux bien , Theotime, qu'il y eust quelque fermeté de courage en Caton , et que cette fermeté fust louable en soy ; mais qui veut se prévaloir de son exemple , Il faut quecesoil en un juste et bon subjeci, non pas se donnant la mort , mais la souU franl lorsque la vraye vertu le requiert, non pas pour la vanité de la gloire , mais pour la gloire de la vérité , comme il advint à nos martyrs, qui avec des courages invincibles firent tant de miracles de constance et de valeur, que les Calons, les Horaces , les Seneques, les Lucreces , les Arries, ne méritent certes nulle considération en comparaison : tesmoins les Laurens, lesVincens, le» Vitaux, les Brasmes, les Eugenes, les Sebastiens, les Agathes , les Ai^nès , Catherines , Perpétues , Félicités , Symphoroses , Nathalies, et mille milliers d'autres , qui me font tous les jours admirer les admirateurs des vertus payennes , non tant parce qu'ils admirent desordonnement les vertus imparfaites des payens , comme parce qu'ils n'admirent point les vertus tres-parfaicles des chrestiens; vertus cent fois plus dignes d'admiration , et seules dignes d'i<* mi talion.