DISCOURS XXVIII
^e rEfflise des prétendus reformex a violé eniiereiuenl les traditions apostoliques , qui soat ia seconde regU de ta foy chreittenne.
Tout le secret de cette controverse con-
siste à bien sçavoir ce que nous entendons icy par les traditions apostolic|ues; voicy les paroles expresses du sainct concile de Trente , session IV , parlant de la vérité et intégrité de la discipline chrestieune et
DE 8. FRANÇOIS DE SALES
emngeliqoe. c Prospîciens (sancta synodus) veritalem et disciplinam contineri in librisscriplis, et sine scriplo traditionibus, quae ab ipsius Christi ore , ab apostolis uo ceptas, ut ab ipsis apostolis, Spiritu sancto dictante, quasi per manus tradita, ad nos usque pervenerunt; orthodoxorum exempla patrumsecuta, omnes libros làm veteris, quàm oovi Testamenli (cum utriusque anus Deus sit author) nec non tradiliones ipsas, tum ad fîdem, tum ad mores pertinentes, tanquam vel ore tenus à Christo vel à Spiritu sanc:o dii^tatua, et continua suoœssione in Ecclesiâ calboiicâ servatas, pari pietalis affectu, ac reverentiâ suscipit, et veneratur. » Voilà à la vérité un décret digne d*une assemblée, qui pouvoit dire : • Yisum est Spiritui sancto et nobis; » car il o*y a presque pas un mot qui ne porte ooop sur les adversaires, et qui ne leur lere toutes les armes offensives etdeffensiftt:car de quoy leur proQtera désormais d« crier : (4) « In vanum colunt me , dicentel mandata et doctrinas hominum ; (2) initnin fecistis manda tum Dei, propler tnditionem vestram : (3) ne intendas faboiis judaïcis, (i) œmulalor existons palerairam tuarum traditionum ; (5) videte aequis vos decipiat per philosophiam, et inaDem fallaciam, secunîlum traditiouem bomîniUD ; (6) redempti estis de vanà vestrâ conversatione paternse traditionis? » Totttoecy , messieurs, n*est pointa propos, puisque le concile proteste clairement que les traditions qu*il reçoit, ne sont ny traditions ny doctrine venue des Lommes ; mais c ab ipsius Christi ore , ab apostolis accepts, vel ab ipsis apostolis, Spiriiu sancto dictante, quasi per manus tradil», ad DOS usque pervenerunr. » Ce sont donc les pures paroles de Dieu , et la doctrine du SaioctrEsprit , non pas des hommes; et en ce point vous verrez equivoquer presque tous vos minisires , faisant de grandes harangues pour montrer qu'il ne faut pas mettre en comparaison la tradition humaine avec i*Escriture ; mais à quel sujet crier tout cela , sinon pour embarrasser les pauvres auditeurs? nous en demeurons d 'accord, car jamais nous n*avons authorisé les traditions qui n*ont point d'aveu. Ils produisent contre nous ce que sainct Paul
(D^uii. (9) aatih. xi^ * (I) Tim. I.
|l2c«|.l.-.(DC^ll.'*MiI.PM I.
escrit à son Timothée : c Omnis scriptura divinitus inspira ta , utilis est ad docendum , ad corripienduin, ad erudiendum in ju>titiâ , ut perfectus sit homo Dei , ad omne bonum opus instructus. » Â qui est-cequ'ils en veulent? c'est une querelle d'Allemand ; car qui nie la très-excellente utilité de rEscrilure , sinon les huguenots, qui en lèvent les plus belles pièces, comme des choses vaines? El les son tires-utiles certes, et ce n*est pas une petite faveur que Dieu nous a faite , de les nous conserver parmy tant de persécutions; mais Tulilité de l'Escrilure ne rend pas les sainctes traditions inutiles, non plus que l'usage d*un œil , d'une jambe , d*une oreille ou d'une main, ne rend pas Tautre inutile. Le concile dit : c Omnes libros tàm veteris, quàm novi Testamenli, necnon tradiliones ipsas pari pietalis affcctu, ac reverentiâ suscipit et veneratur. » Ne voicy pas une belle façon de raisonner? La foy profite , cela est véritable : donc les bonnes œuvres ne profilent de rien : quelle logique ! De mesme : (1) « Multa quidem, et alla signa fecit Jésus, qu8B non sunt scripta in libro hoc. Haec auleni scripta sunt utcredatis, quod Jésus est Dei (ilius, et ut credenles, vitam habealis in nomine ejus. » Donc il n'y a rien autre à croire que cela? 0 la belle consequeece 1 nous ï'çavons bien que , « quaecumque scripta sunt, ad nostramdoclrinam scripta sunt. » Mais cela empe>che-l-il que les aposlres ne preschent, « hsc scripta sunt ul credalis , quod Jésus est filius Dei. » Cela ne sutlit pas tout seul , car « ()uomodo credent sine prsedici)nte?9LesEscritures sont données pour no>tre salut , mais non pas les Eicrilures seules , les traditions y tiennent leur place : les oyseauxont Tailo droite [)Our voler , donc 1 aile gauche ne sert de rien? Tune ne va pas sans l'autre. Je laisse à part les reS|>onses particulières : car sainct Jean ne parle que des miracles qu'il avoit à escrire , et qu'il croyoil sudire pour prouver la divinité du Fils de Dieu. Quand ils produisent ces paroles : (i) « Non addelis ad veibum, quod ego piaecipio vobis , nec auferetis ab eo ; (3j sed licet aut angélus (ie cœio evangclizet vobis, p.sterquam quod evungolizaviinus vobis, anathema sit. » Ils ne disent rien contre le concile , qui dit expressément, que ladoc«
CONTROVRIISES
lrineftvuns;ollque ne con^istepasf rul«mont mix F>criùiriv , inaisciicor aux lraililion>; yi-^criluro osl KvungiU* , mais l'Ue n'est pa^ loiil TEvangile , car les Inuliiionssiont l'autre i>;ïrlie : qui enseignera donc autre, cliaso , que ce qu'oui enseigne les BiH^slre*, maudit soil-il : mais les apo>- Ires ont enseigné imr escrit et j^ar tradition , et tout cela est Evangile et de
rEvant;ile.
Après tout , meîîsieurs , si vous considérez de près comme le concile apparie les Iraiiiliens avec lesEscritures. vous verrez qu'il ne Ti^<\i point du tout les traditions onlrain^s à l'Escrilure , car il reçoit la tradition et lEscrilure avec pareil honneur, iwrce que lun et l'autre sont des ruisst^aux Iresnloux et Ires-puri , qui sont piirlis d'une mesme bouche de No^lre- StMjzneur, comme d'une vive fontaine do >upience , et partant elles ne peuvent luy l»^lre contraires, puisqu'elles sont de' mesme gousl et qualité ; et se joi* gnant ensc^nble , elles arrosent gayemt ni col arbre sainct du christianisme , « Ouckl fructum suum dabit in lempore
suo. >
Nous app^^lons donc tradition apiistolique , loule doctrine , toil de ia fv y, soil à I o::ard de.- mœurs que No-ire Sei^î-cur a ens<ngnce de s«i propre Ivuche . 0^4 par la bvK.vhedes atK'>lros, laqueiio n'estant jwjnt escnie dans le- iix.es c^non.ques , a c^;e de m,dn on main Ci^ascr\ee ju^qu*a r.ous . a\ si\\ iii>sc sans altération ce siècle en suv.ê . p*ïr une ov nimuciie sucoos--u n iia:\s t E.^.î>e : en un met , c\^l .a par.le d'un Diou \i\an; , i:nivi::u\? , ncn sur ie p;ip:or. Uui;s >ur .a c*r»e b.a:.cae et animée di> ^^v..^^ .;o$ t.uo.ios. Ce r.\\>: j^no jus ure vaàr.e -.rAisli.»» uo> c<.nu:»:.Eîcs. ny ua c*\-unn vrore ii'^r.cur. arlitnaire, jxii- ;;i)«o , e: oe l:».e:':Munco : ni..i< . i\a;:ne ô.: lO si.-a: vvr.c.ie, ta us^ue »:>;*. i:.} ea ii«i.rm.:e oc r.v^^r*:..^ , »;-. ^jrpjri er.i a a U\ n^>nw t: au\ m^ï»::*; ^-.ty qu'à .ijSi^r^ i.*s u"J«i.i.«.n=' q'ùi CsT.»*:: crim le* ii.av;nh, ii \ en • s-- ni:.i:>u ..^-.r.; ;resi .K.un.cni . et a au;n» qL. z,c ïi,.-s ».*i pi\ tt>>oe* ;;to \*mr ixJr.ac'i- 1 ; j». li te n-irux ; ,:4 a-KX* nVsnai : |«À^ ».i«»L-neei ny en I^Hkj, |a*ia : î ^r. ;*H.: u»ii |:& . : > ùc '^««.«et»
pc«nu qu eue» iO«eiM a^if^uu^Mi ti fir-
$ées cnmme sainctps , ai nç sçi-nt tanMrairemcnt méprisée* (<)•