DISCOURS XXIX
Qall y a des Iraditiens «po^tolifines en n^gllse
orihodoit.
Hé de gmce ! messieurs , ne confessonsnous |>as aussi bien que vous , que la saincte Escriture est une doctrine Iresexcellenle et tres-ulite ; elle est escrite , afm que nous croyions ; rien ne luy peut eslre contraire, que lemensonse et l'impiété : mais peur mieux fstablir les veritez, il ne faut pas rejelter ce |)oint de religion, que les tra^li lions sont lre.--uliles, donn^ pareillement afin que nou- croyions ; rien ne leur esi contraire que l'impiété et te mensonge. El en effet . pi'ur establir une veriU' .il ne faut jamais détruire i'aulre^ l'Ecriture est utile pour ensei;:ner; op»prenez donc de IBscrittire me*me , qn*fl faut recevoir avec honneur la créance des sainctes traditions : s'il ne faut rien ajouter à c^> que Nostre-Seicneur a commandé , citez le lieu vu îl a com:i:andé qu'on ro» jettasi les traditions apostoliques? poni^ qwoy ajeu 1er -vous cecy à ses paroles? oè est-ce que Soslre-Si'ijnieur l'a jamafs en st'i^né? tant s'en fjut qu'il ait jamaîi ivmmandé le mépris des traditions B\^nr l'. liques» . que mesme îi n'a pas voulu mépriser aucune des venlables traditions de { la loy. 0 prophètes n.^u veaux . nouveaux interprètes du monde , coufvz et parcoum i h>ui l'Evan.ile . vous n'y verrez rien censurer oue lef trad.>:icns Ituma nés et cen* ■ lr«!res à l'Escntare. (^:e si Nostre-Scfenour r.y ses ap->>tr\*i ne se s^.inl jamais déclarez oniro ies b nres traditions , et , s'iis» ne l'inijanta^s escri: . p:»urquoy nous • evanieî:se;-Tvj?ce"e OiV.nne? Au conl,v.:re . iisde3f-0;v« de r J-f et ln«nquer e..Ci.r.i» ch""se d-.^ î Evr rjre : piiLrquoy ctxnc \i.. oj-Vv j> .o^iT tes irud.iiuns qui s«:*r.t Si exuvïck nitHût a^inera.que» dam les ..k'es ssor<r'?
NV>i->>*» ivas ià sji«r:;e E^^r.Uirc qoi «ji ^B >:i;rr4 Po.i : i; « 1;a.^m . fratres, «eiitir iiùsiA . 3;< . ^«uis ^\Vi jsu» , «ive \k' far.ïtjrH^î*. . s.»e |k*/ e$<»9;.:».ai» : (3)
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DK S. FRANÇOIS DE 8ALES
liinc palet, quod non omnia per epîstolam Uiidùterunt apostoli , sed multa eliam sine liîîi'ris : ciidem vero fide digna sunt, tàm i?ta quàni illa , » dit sainct Cbrysoslome en son commentaire sur ce lieu ; ce que sainct Jean mesme confirme : (1) « MuUa habens scribere vobis, nolul per cariham, et atramentum , spero enim me fulurum apud vos , et os loqui. » Cestoient choses Ires-dignes d*estre escrites , neanlmoins tttapostre ne l'a pas fait, mais il les a dius simplement , et au lieu d'Escriture il en a laissé la tradition (2). ccFormnm habcs siaorom verborum queB à me audigti , bo« Bum depositum custodi , » disoit sainct faulà son Timothée. N*estoit-ce pas luy recommander la parole apostolique non cscritc ? et cela s'appelle tradition. Plus bu : c QufiB audistis à me per multos tartEi , haec commenda Odelibus hominibu, qui îdonei erunt et alios docere. » ïéh\ rien de plus clair pour authoriser la Indition ? voila la forme, l'apostre parle, kitMioins le rapportent, sainct Timolhée k dalt enseigner à d'autres , et ceux-là !■ wtres ; ne voila pas une saincte subslîMion , et fide -commis spirituel pour Me l'Eglise ?
Lb mesme apostro loiie grandement (3) kl Corinthiens , de Fobservalion des tra- AîMft : c Quod per omnia meraores estis , cCiicat tradidi vobis, prascepta mea serntis. > Si celaestoitescrit par sainct Paul Ci la seconde des Corinthiens , on pourrait dire pour objection , que pur ces comnndemens, il entend ceux qui sont escrits «la première, quoy que le sons seroit fereé (car à cetuy qui ne peut marcher, iDul ombre sert) ; mais cecy est cscrit en b première lettre , où il ne parle d'aucun Efaogile , et il ne Tappelleroit pas , «Pradcepta mea : > qu'estai t*ce donc , sinon une doctrine apostolique non escrile , que nous appelions tradition ? à la fin de la lettre il leur dit : (i) • Cstera , cum venero , disponam. > Il nous laisse A conclure tresmiâonnablement , qu'il leur devoit eosei-
(I) Jmd. Il, in. Eptotota. » (t) II. TImotb. i.