LIVRE PREMIER
PBEPAHATION A TODT LB THAlCTfi.
CflAîlTRE PREMIER.
Oi. Mgr U biJBl* d« !• nilure hun.«ln«, Dl«i t dotmè 1" (tou.ernement du loulei le» hculW del'ima t >■ lalonit.
L'union «lablie en la distinciion fail IWre; l'ont" P">du'' '» convenance el Il prtportion ; et la conTenance , Ë> choseï (Dtiere»Bt accomplies, tait la beauté. Dne irmée eal bella , quand elle est composée àt toatM ses parties , lellemenl rangées an leur ordre, que leur distinction pit réduite m rapport qu'elles (loivenlavoirensemb le, mur ne faire qu'une seule armée. Afin qu'une musique Mil belle, i! ne taut pas ifiulement que les voii soionl nettes , clai- , res et bien distinguées; mais qu'elles | Eoyent alliées en telle sorte les unes aui autres , qu'il »'en fosse une Juste consoni>ani»«l barmonie , par le moyen de l'union qui est en la distinction , el la djBtinclion qui est en l'union des voii , que non »ans cause on appelleunaccord discordant, ou plualosl une discorde accordante.
Or, comme ditexcellemment l'angelique tainct Thomas après le grand eainct Deays.la beauté et la bonté , bien qu'elle.^ ayant quelque convenance, ne sont pas neanimoina une mesmo chose : car le bien esicequiplaiftlàrappetil et volonté; lu beau , ce qui plaisl * l'entendement été la OKOOissance , ou pour le dire autrement , le boa est ce dont laiouisaance nous de- Itcle !• beau, w dont la ec^oiwanoe
nous sgrée. Et c'est pourquoy Jamaii , i proprement parler, nous n'attribuons la
beauté corporelle , sinon aux objets dta dtiux sens , qui sont les plus cognoisuDR iit qui servent le plus à l'entendement, qui âonlla veuë et l'ouïe ; si que nous ne dîMU pas, voilà des belles odeurs, ou daboHat saveurs, mais nous disons bien, voîlAdaa belles voix , et des belles couleiira.
Le beau donc estant appelle l>eau,pann que sa cognoissanco délecte, il faut qt», outre l'union et la distinction d'inléiriié , l'ordre el la convenanoe de ses partiu , il ayt beaucoup de splendeur et clarté , aQa qu'il soilcognoissable et visible :1m vois, pour eâtre belles, doivent eslra clairas »i nettes, les discours intelligiblea, lea oou> leurs escla tantes et resplendissantes ; L'ob* scurilé , l'ombre , les ténèbres sont laides i et enlaidissent toutes choses , parca quoM icelles rien n'esl cognoissable , ny l'ordrtt , ny la distinction , ny l'union , ny la convenance; qui a fail dire à sainct Denis (1)t ( que Dieu , comme souveraine beauté, «•! » autlieur de la belle convenance, du beau » lustre et de la bonne grâce , qui est OB (toutes choses, > raisanl esclater, en forme de lumière , les distributions et deparlemensde son rayon , par lesquels toutes choses sont rendues belles , voulant que pour establir la beauté , il y eut la convenance , la clarté , et la bonne grâce.
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TRAITÉ DE TAMOUR DK mEU.
Certes , Tlieotîme , la heauté est sai»
effect , inutile , et morte , si la clarté et splendeur ne l'avive , et lui donne efficace ; dont nou^; disons les couleurs estre vives , quand elles ont de Tesclat et du lustre.
Mais quand aux choses animées et vivantes, leur heauté n*est pas accomplie sans la bonne grâce , laquelle , outre la convenance des parties parfaictes, qui fait la beauté, adjouste la convenance des mouvemens, gestes et actions, qui est comme Tame et la vie de la beauté des chos(>s vivantes. Ainsi en la souveraine beauté de nostrc Dieu, nous recognoissons Tunion , ains Tunité de Tesscnc^ en la distinction des personnes avec une in6nie clarté, joincte à la convenance incompréhensible do toutes les perfections , des actions et mouvemens , comprises tres-souverainement, et par manière de dire, joinctes et adjouslées excellemment en la très-unique et très-simple perfoclion du pur acte divin, qui est Dieu mesme , immuable et invariable , ainsi que nous le dirons ailleurs.
Dieu donc voulant rendre toutes choses bonnes et belles , a réduit la multitude et distinction d*icelles en une parfaite unité; et pour ainsi dire , il les a toutes rangées à la monarchie, faisant que toutes choses s'entretiennent les unes aux autres , et toutes à lui , qui est le souverain monarque. Il réduit tous les membres en un corps , sous un chef ; de plusieurs personnes il forme une famille ; do plusieurs familles une ville; de plusieurs villes uneprovince; de plusieurs provinces un royaume, et soumet tout un royaume à un seul roy. Ainsi, Theotime , parmy Tinnumerable multitude et variété d'actions, mouvemens, sentimens, inclinations, habitudes, passions, facultcz et puissances, qui sont en l'homme, Dieu a establi une naturelle monarchie en la volonté , qui commande et domine sur tout ce qui se treuve en ce petit monde ; et semble que Dieu ayt dit à la volonté, ce que Pharaon dit à Joseph : tu seras sur ma maison , tout le peuple ob4»ïra au commandement de ta bouche , sans ton commandement nul ne remuera.
Mais cette domination de la volonté se pratique certes fort difl'eremment.