LITRE I CHAPITRE III
bien ^uelqueroit il ordonne qu'elle mange iélle ou telle viande , qu'elle prenne tel oedicameni , dont la qualité se respandant dans le laict, et le laict dans le corps du petitenfant , la volonté du médecin reiissit eo ce petit malade» qui n*a pas seulement le pouvoir d'y penser. Il ne faut pas certes foire les ordonnances d'abstinence , sohtieté, continence, à l'éstomach, au gosier, au ventre; mais il faut commander aux mains de ne pouvoir fournir à la bouche les viandes et breuvages , qu*en telle et toile mesure. Il faut ester ou donner à la faculté qui produit les objecte , etsubjects, ei les alimens qui la fortifient , selon que la raison le requiert. Il faut divertir les yeux, ou les couvrir de leur chapperon naturel , et les fermer si on veut qu'ils ne voyent pas, eiavec ces artifices on les réduira au poinct que la volonté désire. C'est ainsi , Theotime , que Noatre-Seigneur enseigne qu'il y a des eunuques qui sont tels pour le royaume des cieux, c'est-à-dire, qui ne sont pas eunuques d'impuissance naturelle, mais par l'industrie, de laquelle leur volonté se sert , pour les retenir dans la saincte continence. C'est sottise de commander à un cheval qu'il ne s'engraisse pas , qu'il ne croisse pas , qu'il ne fepmbe pas; si vous desirez tout cela, levez-Iuy le râtelier ; il ne lui faut pas commander , il le faut gourmander pour le dompter.
Ouy mesme, la volonté a du pouvoir sur reoteodement, et sur la mémoire : car de plusieurs choses que l'entendement peut entendre, ou desquelles la mémoire se peut ressouvenir, la volonté détermine celles aosquelles elle veut que ses facultez s'appliquent, ou desquelles ^lle veut qu'elles se divertissent. Il est vrai qu'elle ne les peut pas manier, ny ranger si absolument, ccmme elle fait les mains , les pieds, ou la langue, à raison des facultez sensilives, et notamment de la fantaisie; qui n'obéissent pas d'une obéissance prompte et infaillible é la volonté; et desquelles puissances senlitives la mémoire et l'entendement ont besoin pour opérer : mais toutesfois la volonté les remue , les employé et applique selon qu'il luy plaist, bien que non pas si fermement et invariablement, que la fantaisie variante et volage ne les divertisse maintes fois) les distniXant ailleurs» de
sorte que comme l'apostre 8'escrie(4):
« Je fais non le bien que je veux , mais le mal que je hais : » aussi nous sommes souvent contraints de nous plaindre, de quoy nous pensons, non le bien que nous aimons, mais le mal que nous haïssons.