LA COMMUNION FRÉQUENTE
I. Qu'elle est tendre l'invitation que notre bon Sauveur nous adresse du haut de cet autel où il est exposé ! « Venez, nous dit-il avec amour, venez, mangez mon pain et buvez le vin que je vous ai préparé: » Venite, comedite
panem meum, et bibite vinum quod miscui vobis1. Venez vous asseoir à ma table, vous nourrir de ma chair et, vous enivrer de mon sang. 0 délicieuse invitation! ô bonté d'un Dieu attendri sur nos besoins ! Ecoutez, je vous prie, comme il nous invite tous, riches et pauvres, grands et petits, savants et ignorants: Venez, dit Jésus, venez et mangez ; venez me recevoir dans ce Sacrement d'amour que j'ai institué en votre faveur ; venez et donnez-moi asile dans votre cœur, où je trouve mes délices ; venez, mes enfants, venez. — Que répondez-vous, mes frères ? Etes-vous enfin éclairés, convaincus ? Un appel aussi chaleureux de la part de Jésus ne vous dit-il pas assez qu'il exige que nous nous approchions fréquemment de la sainte table, qu'il veut que nous le recevions souvent dans ce divin Sacrement? D'autant plus qu'il ne se borne pas à nous inviter simplement, mais au'il nous presse avec un amour excessif. Ecoutez.
II. Sainte Gorgonie s'entretenant u-n jour devant les sacrés tabernacles en attendant l'heure de la communion, vit notre bon Sauveur qui, sous la forme d'un petit enfant, lui montra un visage mécontent et, se plaignant en termes doux et affectueux, la reprit, en disant : Pourquoi attendre si longtemps à communier, ma fille? Eh ! communiez donc vite, bien vite. — La Sainte, touchée de ces aimables reproches, lui demanda pardon de ses retards et de sa négligence, puis le reçut dans son âme avec d'humbles actions de grâces. Ah! il me semble entendre ce bon Sauveur se plaindre de nous du haut de cet autel ; il se plaint de nous trouver si peu d'avidité pour son corps sacré et son précieux sang; il se plaint de voir que nous nous approchons si rarement de cette table sainte. Ah ! mes frères, pourquoi ne pas donner a. Jésus cette satisfaction? pourquoi no pas le contenter
(1) Irov. 0.5.