‹ Œuvres complètes (volume 2)Chapitre 30 sur 101 · MARIE, REFUGE DES PÉCHEURS · texte numérisé non relu

MARIE, REFUGE DES PÉCHEURS

I. Il y avait autrefois des villes de franchise ou de refuge, ainsi nommées parce que quiconque s'y réfugiait échappait à beaucoup de désagréments, et participait à une multitude d'avantages ; de sorte que ces villes attiraient d'ailleurs de nouveaux habitants et conservaient les leurs. Grâce au Ciel cependant, nous n'avons rien à envier aux anciens temps ; car Dieu nous a pourvus aussi, sous la loi évangélique, d'une cité de refuge, d'une seule à la vérité, mais qui l'emporte sur toutes les autres, parce que c'est la plus forte, la plus belle et la plus sûre ; et que quiconque s'y retire échappe à tous les dangers et est assuré de tous biens. Quelle est donc

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cette ville fortunée ? Ecoutez le saint roi David célébrer ses louanges : Gloriosa dicta sunt de te, civitas Dei* : « 0 cité de Dieu, on raconte de toi des choses glorieuses ! » Cette cité, c'est la reine du ciel, Ja mòre de Dieu : tel est le refuge des pécheurs : Refugium peccatorum ; c'est le titre que lui donne l'Eglise. C'est cette ville où les portes de la miséricorde sont toujours ouvertes, afin que tous y puissent trouver aide et secours : les esclaves la liberté, les malades la santé, les affligés la consolation, les pécheurs la grâce, les justes la gloire. Marie les accueille, les embrasse et les console tous ; et si vous pouvez m'en trouver un seul, dit saint Bernard, qui l'ait invoquée dans ces nécessités, et n'en ait pas été secouru, que celui-là, j'y consens, ne parle point de sa miséricorde, n'exalte point sa bonté et taise ses gloires: Sileat misericordiam tuam, Virgo beata, si quis est qui semel invocatam te in suis necessitatibus Ubi meminerit defuisse. — Je ne trouve pas qu'il en soit ainsi, rne dit quelqu'un: il y a si longtemps que je prie et que je supplie pour que la sainte Vierge m'obtienne une grâce, et j'en suis encore à l'attendre. — Eh bien ! que voulezvous dire par là? Ecoutez l'exemple suivant, et puis vous vous expliquerez.

II. Un dévot serviteur de Marie observait beaucoup de pratiques de piété en son honneur, et ne négligeait aucun moyen de la glorifier et de lui témoigner son amour. Il tint cette conduite assez longtemps, demandant toujours à la sainte Vierge quelque faveur particulière. Mais comme il lui semblait qu'il n'en obtenait rien, il se mit enfin, après bien des années, à s'en plaindre à elle-même avec quelque sentiment d'impatience. « Tout le monde, ô Mère de Dieu, lui disait-il, publie votre miséricorde, on vous nomme partout lo refuge des peli) Ps. es. 3.

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