‹ Œuvres complètes (volume 2)Chapitre 32 sur 101 · SOLLICITUDE DE MARIE POUR SES SERVITEURS · texte numérisé non relu

SOLLICITUDE DE MARIE POUR SES SERVITEURS

I. Chose étrange ! le croirait-on ? l'affaire la plus importante que nous ayons sur la terre, et qui n'est autre que l'affaire de notre salut éternel, est la plus négligée^ par la plupart des hommes, et ne saurait être en de plus mauvaises mains que dans les nôtres. Est-ce qu'il n'en est pas ainsi ? Dites-moi donc, que faites-vous pour vous sauver? Quelle sollicitude prenez-vous de l'issue d'une affaire de si haute importance? N'est-il pas vrai que votre journée tout entière se consume à penser au corps, à votre maison, à votre famille, à vos plaisirs, à vos divertissements, en un mot, à la terre et à la boue? Et à votre àme, y pensez- vous jamais? Il faut donc trouver quelqu'un qui y pense pour vous. Mais quel sera ce cœur dévoué et plein de sollicitude pour votre salut? Faut-il que je vous le dise? C'est la très-sainte Vierge. Oui, c'est elle qui vous gardera entre ses mains; c'est elle qui, étant la mère du Sauveur : Mater Salvatoris, sera aussi une mère toute dévouée au salut de votre àme, et ne vous abondonnera point, qu'elle ne vous ait introduit au ciel. Aimez donc Marie, servez Marie, et dès lors la grande affaire de votre salut est assurée. En effet, comme le dit notre docteur séraphique saint Bonaventure, de même que quiconque se détourne de la bienheureuse Vierge et en est abandonné se perd nécessairement, de même aussi il est impossible que

celui qui a recours à elle et en est accueilli périsse : Sicut, o beatissima Virgo, omnis a te aversus et despectus, necesse est ut intereat, ita omnis ad te conversus, et a te respectus, impossibile est ut pereat. J'en reviens donc à dire aimez Marie , servez Marie, et vous vous sauverez. L'exemple suivant va vous le prouver.

II. Le Patriarche saint Dominique, étant un jour occupé à exorciser un possédé, demanda entre autres choses aux démons quel est le saint qu'ils craignent le plus au ciel, et qui a le plus de pouvoir sur eux ici-bas. Il fallut les sommer plusieurs fois de s'expliquer, car ils s'obstinaient à garder le silence sur ce point. Enfin, contraints par les exorcismes, ils répondirent : « La mère du Christ est celle que nous craignons le plus parmi tous les saints : c'est elle qui a le plus d'empire sur nous, et c'est elle aussi qui mérite le plus d'être vénérée et honorée des hommes ; parce qu'une seule prière de sa part, uii seul soupir offert à Dieu par elle, vaut plus que les soupirs et les prières de tous les saints ensemble ; et nous sommes forcés de confesser malgré nous que nous ne pouvons vien contre ses fidèles et véritables serviteurs ; bien plus, nous devons avouer qu'aucun de ceux qui persévèrent dans la dévotion envers elle ne descend avec nous en enfer. » — Notez bien ces paroles : Aucun véritable serviteur de Marie ne tombera en enfer avec les démons ; parce qu'elle obtient à ses serviteurs une sincère contrition, moyennant quoi ils font une bonne confession et parviennent au salut. Avez-vous entendu? Les démons eux-mêmes confessent , malgré eux , qu'aucun vrai serviteur de Marie ne tombe en enfer. Oh! quel précieux encouragement, quelle douce consolation pour les serviteurs dévoués de cette auguste Vierge !

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