AUTRES DISPOSITIONS POUR LA COMMUNION
aimée; voici comment. La sainte hostie quitta les mains du prêtre, et volant en l'air en traçant un sentier lumineux, elle s'arrêta au-dessus de la tête de l'heureuse enfant. Les religieuses se mirent toutes à crier au miracle; et le prêtre, pensant qu'il était juste de donner la communion à cette sainte âme, que le Ciel favorisait, d'un tel prodige, entra dans la clôture, prit en main la particule sacrée, qui était miraculeusement suspendue en l'air, et la donna à Imelda, qui mourut d'amour et de joie entre les bras de son divin Epoux. Ah! mon Jésus, comme vous traitez bien ceux qui vous aiment ! Mes frères, Jésus est aujourd'hui dans ce divin Sacrement ce qu'il était alors, et s'il ne nous fait pas certaines grâces qu'il a faites à quelques saintes âmes, c'est notre faute, c'est que nous n'avons pas leurs dispositions.
III. Voyons donc, préparons-nous tous, et obéissons à la prescription de l'Apôtre : Probet autem seipsum homo : « Que l'homme s'éprouve lui-même. » Par ces paroles, il exige de nous, selon l'explication d'un pieux interprète, d'aller avant la communion au tribunal de la pénitence, et d'y porter un cœur contrit, une sinc.érité entière, et une véritable satisfaction. Mais, hélas ! nous y avons bien manqué par le passé ! Prosternons-nous donc devant cet auguste Sacrement, détestons par-dessus tout la dureté de nos coeurs, et secouant notre tiédeur, frappons-nous la poitrine, et demandons pardon de la froideur et de la négligence avec laquelle nous avons reçu ce pain de vie. Pardon, mon Jésus ! pardon, ô Jésus caché sous ces voiles sacramentels, pardon ! Avec quelle indifférence, hélas ! que dis-je? avec quelle légèreté nous nous sommes approchés de ce banquet céleste! Pardon, mon aimable Sauveur, pardon ! Non, il n'en sera plus ainsi désormais ; car nous sommes fermement résolus à nous préparer avec tout le soin possible à recevoir le pain des anges.
En conséquence, ce que je vous conseillerai ce soir, c'est une pieuse pratique pour vous bien préparer à la sainte communion. Dès la veille au soir, laissez là toute conversation étrangère, même honnête, retirez-vous de meilleure heure, soyez plus sobres dans vos repas. Puis le matin, levez-vous plus tôt que de coutume, allez à l'église avec le costume le plus modeste que vous ayez, pour faire voir qu'on va à la communion autrement qu'on ne va dans une réunion mondaine . Surtout faites votre confession avec plus de douleur, plus de soin et des dispositions plus parfaites. Après la confession et avant de communier, entendez une messe, et ne la passez pas à lire par routine quelque livre, ou à réciter machinalement quelques prières vocales; ce n'est pas là ce qu'il y a de mieux à faire. Mettez-vous plutôt en la présence de Dieu, et préparez votre cœur dans le silence et le recueillement, en répétant plusieurs fois et avec dévotion les actes de foi, d'espérance, de charité, de contrition, que nous avons coutume de réciter avant le sermon, et d'autres semblables ; et soyez sûrs que, lorsque vous vous serez ainsi préparés, Jésus vous accueillera de bon cœur, vous bénira, et vous remplira de célestes consolations. Faites-en l'essai, de grâce, faitesen l'essai.
IVe EXHORTATION.
I. 0 mon Jésus ! caché dans cette hostie, je ne sais ce dont je dois m'étonner davantage, ou de votre prodigieuse patience, ou de notre monstrueuse ingratitude.
Vous ne nous demandez qu'un quart d'heure d'entretien avec vous après la communion, et ce quart d'heure, trop souvent vous ne pouvez l'obtenir. Vous franchissez une distance immense en descendant du ciel en terre pour contenter nos désirs et nous refusons de vous contenter dans une chose si facile. Ingrats que nous sommes ! Quelques-uns en agissent avec Jésus comme ce chien, qui, après avoir arraché de la main d'un enfant un morceau de pain, s'enfuit sans même l'en remercier: eux aussi, tout chauds encore du sang adorable de Jésus, ayant encore dans la poitrine les saintes espèces non consommées , sortent précipitamment de l'église sans même adresser un remerciment à notre Seigneur. Ecoutez le trait suivant.