‹ Œuvres complètes (volume 2)Chapitre 7 sur 101 · LE SAINT VIATIQUE · texte numérisé non relu

LE SAINT VIATIQUE

T. Auguste Sacrement! Sacrement d'amour et de vie, unique asile, seule consolation de nos âmes au moment de la mort ! Ah ! mes frères, si Dieu me fait la grâce de mourir dans les sentiments où je suis en ce moment, je demanderai le saint viatique, et après l'avoir reçu, je traiterai seul à seul avec Jésus de l'affaire importante de mon salut éternel. Prosterné à ses pieds, je pleurerai mes égarements, et lui demanderai pour la dernière fois une indulgence plénière de toutes mes iniquités. Je le remercierai de l'amour immense qu'il a eu pour moi pendant ma vie, et de tous les bienfaits dont il a comblé une créature aussi misérable ; je lui rappellerai que je suis l'œuvre de ses mains, bien plus, un trophée de son amour, puisqu'il m'a racheté de son précieux sang. Enfin, je le prierai de faire que je sois tout à lui pendant l'éternité, pour jouir éternellement de lui dans le Ciel. Puis, lui remettant mon âme, j'attendrai la mort entre ses bras, comme un petit enfant entre les bras de sa mère attend doucement le sommeil pour s'endormir sur le sein bien-airné. Qu'ils sont donc insensés ceux qui redoutent le saint viatique comme un avant-coureur de tourments, de tristesses et d'angoisses ! Il se trouve môme des parents qui ne veulent pas qu'on parle de viatique à leurs malades, si ce n'est quand ceux-ci sont déjà à moitié morts, dans la crainte de les attrister et d'abattre leur courage. 0 illusion diabolique ! comment lé saint viatique nous attristerait-il, tandis qu'on

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