‹ Œuvres complètes (volume 4)Chapitre 15 sur 78 · SUR LE DÉSIR EFFICACE I»E SAUVER SON AME · texte numérisé non relu

SUR LE DÉSIR EFFICACE I»E SAUVER SON AME

alors douces et aisées! Que le Seigneur vous accorde cette grâce pendant ces saints Exercices. . .

m. De plus, votre désir doit être sotwerain. Qu'y a-t-il de plus important que de se sauver? Le désir du salut doit donc être le premier de tous vos désirs. Examinezvous un peu sur ce point. Quelle doit être .votre confusion si vous découvrez que vous n'avez traité qu'avec indifférence la plus importante de toutes les affaires possibles! Chose étrange! Ces biens éphémères qui passent avec la rapidité de l'éclair, vous les poursuivez avec une ardeur sans pareille, et les biens de l'éternité, qui après' tout sont les seuls biens véritables, vous les dédaignez; à peine sont-ils l'objet d'un regard fugitif, d'un désir languissant. Voyez d'où procède cette insouciance; peutêtre trouverez-vous qu'elle provient d une maudite sécurité fomentée par le démon, qui, au dire d'Eusèbe. ménage par là votre perte : Immittit securitalem, ut immittat perditionem. Vous réputez l'affaire de votre salut une affaire dont la réussite est facile ; il vous semble que vous teniez le paradis en main, et que malgré ce libertinage à la mode dans lequel vous vivez, Dieu aura des égards pour vous, comme s'il avait besoin de vous. Ne réfléchissez-vous donc jamais aux paroles et a la vie des Saints, et surtout aux paroles et a la vie de Jésus-Christ? Est-ce qu'ils ne vous dépeignent pas le salut comme très-difficile? Ne vous disent-ils pas que, pour l'assurer, il faut un zèle, une sollicitude à toute épreuve, jusqu'à compter tout le reste pour rien? Il est bien étrange que vous craigniez si peu. tandis que le Seigneur vous dit en termes formels qu'à peine le juste sera-t-il sauvé : Vix justus salvabitur^ ; qu'il y a peu d'élus : Pauci electi^ ; que la

' 1 Petn 4, b. 2 Matth. 22. 14.

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voie du ciel est étroite, et qu'il y en a peu qui la suivent : Arcta via est quœducit ad vitam, et fauci sunt qui inveniunteam}. Or, votre effrayante intrépidité en présence d'un danger si formidable, d'où peut-elle venir? — Il faut le dire : d'un effrayant aveuglement. Alil daigne le Seigneur vous éclairer, oui, qu'il daigne vous éclairer!...

IV. En outre ce désir doit être unique, c'est-à-dire que nous ne devons rien désirer qui soit contraire à notre salut éternel ; bien plus, que nous ne devons désirer toute autre chose que pour autant qu'elle nous conduise au salut. Faites-vous ainsi?... Dieu sait combien de mauvais désirs s'élèvent à chaque instant de votre cœur, désirs qui ne tendent qu'à vous perdre et à vous damner éternellement. N'est-il pas vrai que s'il y a dans l'endroit une jeune personne qui ait la réputation d'être plus hbre et plus éhontée que les autres, aussitôt vous concevez le désir de contracter liaison avec elle pour arriver à vos fins? S'il existe un compagnon qui l'emporte sur ses semblables dans l'art diabolique de tourner la dévotion en ridicule, et qui pousse l'effronterie jusqu'à se faire gloire de ses désordres, n'êtes-vous pas empressé de l'avoir pour confident, pour ami ? Si l'on parle d'un confesseur qui distribue les absolutions en l'air, sans ren\pntrance, ni interrogation, n'est-ce pas celui-là précisément que vous choisissez pour guide?... Or, je vous le demande, n'est-ce pas là le moyen de précipiter votre âme à sa perte?...

Et puis, ces mille préoccupations dans lesquelles vous vous engouffrez tous les jours de plus en plus, sans avoir, du matin au soir, un seul instant pour respirer, et trop souvent, hélas! à pure perte, comment s'harmonisent-

' Matt. 7, 17.

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elles avec les sentiments d'un chrétien, qui doit dominer toutes les affaires temporelles pour les coordonner a l'unique nécessaire, l'unum necessarium, si fortement recommandé par l'évangile? Et ces attaches nombreuses, ces frivoles désirs de plaire, ces empressements pour des bagatelles, pour des riens, ne sont-ce pas autant de chaînes qui vous tiennent d'autant plus attachés à la terre qu'elles vous détachent davantage de Dieu, en vous faisant perdre de vue l'affaire capitale de votre salut éternel?...

Ah ! que vous vous souciez peu de sauver votre âme ! que vous vous en souciez peu I Non, ce n'est pas vous qui pourriez faire la sage réponse que fit un jour le cardinal Bellarmin à un personnage auquel il recommandait une affaire : L'avez-vous fortement à cœur? lui demandait ce dernier. — Eh! Seigneur, répondit le vertueux cardinal, une seule affaire m'est fortement à cœur, c'est la grande affaire de mon salut. — Examinez combien vous êtes loin d'avoir ces beaux sentiments.

V. Pour apprécier quel est le caractère du désir que vous avez de votre salut, il faut voir si vous ne vous exposez pas au danger de vous perdre. Examinez donc si vous n'êtes pas du nombre de ceux qui sont, pour ainsi dire, en quête des occasions de faire bon marché de leur âme et de leur paradis, qui cherchent les assemblées les plus libres, les lieux de réunion les plus scandaleux, les liaisons les plus infâmes, et qui se lamentent ensuite de ne pouvoir se retenir sur la pente de tant de précipices. Mais de tous ces dangers quel est cependant le plus terrible? Ecoutez bien : c'est de s'endormir pendant des années et des années dans l'étal du péché mortel, sans jamais se secouer ; c'est de vivre continuellement comme si votre âme était l'âme d'une brute, ou l'âme du plus grand ennemi que vous ayez au monde. Pendant les révolu-

lions de Naples, on trouva parmi les blessés qui jonchaient la rue un des rebelles réduit presque à l'extrémité à cause du sang qu'il avait perdu en quantité. On lui amena un confesseur qui l'exhorta avec un saint zèle a sauver son âme prête à s'échapper. Eh ! mon âme! reprit le malheureux ; je veux me damner ; que voulez-vous ? Qu'on me tranche la tète, qu'on m'attache au gibet; je veux me damner. — Et en proférant ces affreuses paroles il expira, remettant en quelque sorte son âme entre les mains du démon. Vous voyez à quel point on en vient une fois qu'on s'est endurci dans l'iniquité ; on ne fait plus aucun cas de son âme, ni plus ni moins que si on n'en avait pas. Examinez si vous n'avez pas vécu dans ce déplorable état, et si jamais vous vous étiez endormis tranquillement dans le péché, hâtez-vous de sortir de votre sommeil.

VI. Mais ce réveil salutaire n'aura pas lieu, si vous ne mettez la main à l'œuvre pour faire disparaître tous les obstacles qui s'opposent à votre salut. Examinez votre conduite pour voir si vous n'y découvrirez présentement aucun de ces obstacles. Voyez si vous n'entretenez pas quelque liaison, quelque fréquentation coupable, ou quelque correspondance clandestine, avec échange de missives et de cadeaux ; s'il n'y a pas déjà des années et des années que vous suivez ce chemin glissant, qui aboutira un jour ou l'autre à l'enfer; si vous ne remplissez pas quelque emploi que, moralement parlant, vous ne pouvez exercer sans offenser Dieu ; si votre porte ne s'ouvre pas à toute sorte de personnes; si vous ne donnez pas des soirées, des bals et d'autres divertissements scandaleux ; si l'on ne tolère pas chez vous le blasphème et d'autres désordres. Surtout rentrez en vous-même et examinez si au fond de votre cœur ne règne pas une certaine ambition de l'emporter sur les autres, d'en savoir plus que les

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autres, de ne vouloir vous soumeltre à personne C'est là, à vous dire vrai, l'obstacle le plus redoutable à la grâce, el d'un autre côté votre vie molle et délicate, toute adonnée aux plaisirs, est une chaîne qui vous empêche de coopérer à cette grâce.

Voyez d'après cela combien vous ôte - exposé à vous perdre ! surtout si vous aviez laissé prendre racine dans votre cœur à quelqu'une de ces maximes souiDées par l'enfer pour propager le relâchement, comme, par exemple , que Dieu est bon et que par conséquent on peut pécher sans tant de crainte ; que le paradis est fait pour les chrétiens, que par conséquent on peut vivre à sa guise, sauf à se confesser ensuite ; que si vous ne savez pas vous venger, on ne vous respectera pas; qu'il fout que jeunesse se passe, que si vous ne vous donnez pas des jouissances tandis que vous êtes jeune, vous n'aurez plus le moyen de vous satisfaire plus tard, et d'autres adages non moins opposés à l'Evangile. Examinez-vous attentivement, et si vous trouvez que votre cœur est imbu de ces maximes infernales, sachez que vous entretenez là un grand obstacle à votre salut. En effet, si la volonii- est gâtée par quelque affection mauvaise, l'entendement peut la redresser ; mais si l'entendement lui-même est dépravé, quel en sera le remède ? Arrêtez, dans une horloge, la maîtresseroue, quelle autre pourra encore fonctionner? Le désordre est patent. . .

VII. Mais il ne suffirait pas de fuir les dangers, et d'enlever les obstacles, si vous n'aviez soin en même temps d'employer les moyens, et des moyens pratiques de vous sauver. Je ne voudrais pas que vous fussiez du nombre de ceux à qui on entend dire : Pourquoi tant de sermons, tant d'exercices, tant de dévotions? Ce n'est pas peu de chose pour moi d'entendre la messe les jours d'obligation.

— C'est-k-dire que vous ne voudriez pas dépasser d'une ligne les limites de ce qui est strictement prescrit; qu'y a-t-il d'étonnant après cela que vous n'observiez guère les prescriptions elles-mêmes? Prenez un peu les saints pour miroir : que n'ont-ils pas fait pour assurer la grande affaire d'où dépend l'eternile ?... Vous n'en trouverez pas un seul qui n'ait donné dans des excès, dirai-je, non-seulement pour sauver son âme, mais encore pour sauver celles des autres. Sainte Catherine de Sienne aurait voulu être placée vive a la bouche de l'enfer pour empêcher qu'aucune âme n'y tombât. Saint Paul ne se souciait pas d'être effacé du livre de vie, pourvu que ses frères fussent sauvés. Or, si les saints en faisaient tant pour les autres, que n'ont-ils pas dû faire, pensez-vous, pour leur propre salut? Que de rigueurs, que d'austérités, que de pénitences ne pratiquaient-ils pas? Ils ne disaient jamais c'est assez, dans la voie du salut; et vous, qu'avez-vous jamais fait, je ne dis pas pour sauver les autres, mais pour sauver votre pauvre âme? pourtant cette âme est unique, et une fois perdue, elle l'est pour toujours ; si vous vous trompez une seule fois, l'erreur est irréparable et sans remède ; c'en est fait pour toute une éternité. Examinez-vous bien, et prenez la résolution de faire un bon choix de moyens, non-seulement efficaces, mais pratiques, pour assurer l'affaire capitale de votre salut éternel.

VIII. Un des moyens les plus efficaces et les plus pratiques pour atteindre cette fin, c'est de sanctifier chaque jour de notre vie et d'en faire un bon emploi, le regardant comme un don de Dieu ; à cet effet il faut régler et déterminer les exercices de piété qu'on veut pratiquer le matin, pendant le jour et le soir. Le mondain en se levant pense aisément au monde qui le captive ; mais celui qui sait qu'il est ici-bas pour servir Dieu, qu'il n'a été créé de Dieu qu'à

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cette fin, n'éprouve pas non plus de peine à se souvenir de son Créateur dès son réveil. Il y a certains démons qui ont pour office de nous dérober les prémices de la journée, en nous fourrant dans la tête, dès le matin, quelque pensée mauvaise ou déréglée. C'est à nous à obvier 'a ce désordre, en nous emparant, aussitôt que nous sommes éveillés, de quelque pensée salutaire, en disant, par exemple : Mon Dieu, aidez-moi, préservez-moi du péché, ou bien : Dignare, Domine, die isto sine peccato nos custodire. Considérez un petit enfant ; à peine éveillé, il cherche le sein de sa mère, il demande son aliment et n'est tranquille que lorsqu'il l'a obtenu. Imitez-le. Puis, tandis que vous vous habillez, ne perdez pas le temps en vaines préoccupations, mais habituez-vous à réciter quelques prières ; celles que vous savez par cœur, ou d'autres que vous pourriez choisir, soit par vous-même, soit avec l'aide de votre directeur spirituel. Vous n'aurez pas peu gagné pour le paradis à la fin de l'année si vous observez cette pratique tous les jours. Voyez cette pauvre femme qui va chercher de l'eau à la source voisine ; elle tricote en faisa^ le trajet, et pourquoi ? Parce qu'elle est pauvre et n'a pas de temps à perdre...

Aussitôt que vous êtes habillé, mettez-vous à genoux pour adorer la très-sainte Trinité, et dans cette attitude faites, non pas à la hâte, mais posément, les cinq actes de foi, d'espérance, de charité, de contrition et d'offrande* ; altachez-vous à réciter avec une attention spéciale l'acte d'offrande , par lequel vous offrirez à Dieu toutes vos pensées, vos paroles et vos actions de la journée. Dieu,

' L'auteur veut parler d'un acte qu'il a composé et fait imprimer, qu'il recommandait et propageait dans ses missions et en toutes circonstances. Cet acte, qui commence par les mots : 0 Dieu eterne!, se trouve dans la Voie du Paradis, OEuvres, t. II, p. 278. P. u. VII. 5

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mes bien-ainiés frères, est notre fin dernière : nous devons tout rapporter à lui, tout lui consacrer. S'il était possible, nous devrions, dans chacune de nos actions, avoir constamment le cœur et les yeux tournés vers lui. Si nous ne sommes pas assez parfaits pour cela, ne manquons pas du moins, au commencement de nos actions, de former l'intention pure et droite de lui plaire en toutes choses. Que le courtisan obligé par état de faire antichambre, que la mère de famille obligée par devoir de veiller sur ses enfants, que 1 étudiant contraint par ses parents de passer tant d'heures chaque jour au travail, que chacun en un mot ait la ferme intention de tout faire par amour pour Dieu. Ces œuvres, qui de leur nature n'ont aucun caractère religieux, étant rapportées à Dieu deviendront des prières véritables et fort méritoires. La sainteté ordinaire ne consiste pas à faire pour Dieu des actions d'éclat, mais à bien faire ce que Dieu exige de nous. Par conséquent, cette vieille qui passe ses jours à filer, si elle le fait avec l'intention de plaire à Dieu, peut mériter davantage que celui qui feraiO des choses incroyables pour gagner des âmes à Dieu, mais qui n'agirait pas avec cette intention pure. Voilà une bien grande consolation pour une multitude de chrétiens qui, à raison de la condition où il a plu à Dieu de les placer et qui les oblige de vivre du travail de leurs mains, ou pour d'autres motifs, ne peuvent guère vaquer à des exercices de piété. Ils acquerront beaucoup de mérites devant Dieu, s'ils s'appliquent à remplir les devoirs de leur état avec l'intention, si non actuelle, du moins virtuelle de lui plaire en tout. Ainsi, tous les jours au matin, adressez-vous au souverain Maitre, en récitant la prière : 0 Dieu éternel, qui est imprimée. Tenez d'autant plus à cet acte-là, qu'en en faisant usage vous multiplierez vos mérites ; en effet, il y a un mérite distinct

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correspondant à chaque intention bonne el distincte, et comme l'acte que je vous indique contient dix intentions formelles et distinctes, il s'ensuit que vous gagnerez plus en un jour qu'en dix jours, plus en un an qu'en dix ans : voilk un moyen ingénieux de mériter beaucoup à peu de frais... Après que vous aurez offert et rapporté toutes vos actions à Dieu, continuez à réciter vos prières ordinaires, puis avant toute autre chose ^ez entendre la messe, dont je vous parlerai spécialeraenf dans une autre Réforme spirituelle.

IX. Il ne suffit pas de bien commencer la journée, il faut encore la passer et la terminer saintement. Il conviendrait que tous les jours de votre vie fussent entrecoupés de bonnes œuvres et de pratiques de piété, telles que les visites au Saint-Sacrement, surtout dans les églises où il est exposé, diverses dévotions envers la Mère de Dieu, un souvenir fréquent des âmes du purgatoire, et autres semblables. Mais j'ai surtout à cœur que vous ne négligiez pas les moyens qui sont les plus propres à contribuer à votre sanctification, comme serait une bonne lecture spirituelle tous les jours. Saint Dominique prenait ses livres spirituels et les pressait sur son cœur, en disant : Voila ceux qui me donnent le lait, c'est en eux que mon esprit puise de nouvelles forces. En réalité, les mauvaises herbes croissent toutes seules, mais les bonnes ont besoin d'être semées et cultivées. Ainsi les mauvaises pensées germent d'elles-mêmes ; les bonnes proviennent de la lecture des bons livres. L'expérience le démontre : dans les premiers siècles du christianisme il y avait beaucoup de sainteté et peu de sermons; mais aussi alors on était continuellement occupé à écrire el à lire les actes des saints, et celte lecture formait de nouveaux saints. On sait que la lecture de quelque bon livre a été le principe de la sainteté pour

plusieurs, comme saint Ignace, sainte Terese et autres. Parfois même une lecture faite par hasard et avec un cœur mal disposé a produit d'admirables effets. Le bienheureux Jean Colombino s'impatientait un jour de ne pouvoir se mettre a table; sa femme lui conseille de lire quelque chose; il saisit de mauvaise humeur un livre spirituel, et se convertit.

Vous me direz que vous n'avez pas le temps. — Ce n'est pas cela. Vous trouv^du temps pour lire les feuilles et les gazettes, et vous ne pourriez pas en trouver pour la lecture d'un bon livre ? On accorde tant à une vaine curiosité, et si peu à l'âme ! Est-ce une charge après tout que la lecture d'un livre de piété pendant une demi-heure chaque jour, l'été après le dîner, l'hiver dans la soirée '? Vous pourriez même la prolonger un peu les jours de fête. Si vous me demandez quels livres vous conviendraient le mieux, je vous conseillerai les vies des saints et les livres écrits par des auteurs d'une vertu consommée. Quant aux prédicateurs, si nous avons l'avantage d'en trouver de bons, tant mieux ; si non, il faut prendre patience, nous ne pouvons pas les changer. Il n'en est pas de même des livres ; si l'on ne se trouve pas bien de l'un, on en prend un autre. Certes, nous serions heureux de pouvoir nous entretenir avec des saints ; en lisant leurs livres, nous conversons avec eux. Procurez-vous donc les ouvrages de Thomas a Kempis, ceux de saint François de Sales, et ceux encore du père Louis de Grenade, lesquels, au témoignage de sainte Terese, ont converti à Dieu une multitude incroyable de pécheurs. Faites cela, et vous verrez que la lecture spirituelle de chaque jour est un des plus puissants moyens de vous sauver.

X. Pour sanctifier complètement la journée, il convient de faire tous les jours un examen de conscience le soir

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