MOTIFS QUI DOIVK.NT NOUS EXCITER A LA DOULEUR DE NOS PÉCHÉS
ORAISON PREPAKATOIRE
Ranimez votre foi sur la présence de Dieu, qui est en vous et autour de vous, et dites avec humilité : Mon Dieu, je crois fermement que vous êtes présent ici, et dans tout l'univers. — Adorez-le ensuite du fond du cœur et dites en inclinant la téle : Je cous adore, 6 Trinité sainte, Père, Fils et Saint-Esprit; je vous reconnais pour mon Dieu, moti Seigneur et le souverain Maître de mon âme.
p. u. vu. iO
no II* JOUR. MÉDITATION DU MATIN.
PKEMIKR POINT.
Je considérerai en premier lieu que tous les péchés que j'ai commis sont opposés, non-seulement à la majesté infinie de Dieu, mais encore à toutes ses perfections, de telle sorte qu'en péchant j'ai ravi à chacune d'elles l'honneur, la gloire et l'amour qui leur sont dus, je les ai toutes méprisées. J'ai méprisé sa sainteté, en la contraignant de contempler le péché qu'elle a en abomination. J'ai méprisé sa miséricorde, en me prévalant de l'espoir du pardon pour pécher plus librement. J'ai méprisé sa toule-puissance, en la faisant servira des actions quelle condamne. J'ai méprisé sa justice, en péchant encore après tant d'exemples de châtiments universels qu'elle a mis sous mes yeux. En un mot, il n'est aucun des attributs divins que je n'ai outragé, misérable créature que je suis, et cela pour la plus vile satisfaction. Ah ! que je devrais pleurer en réfléchi-sant que ce Dieu que j'ai offensé de la sorte est mon Créateur, sans lequel je n'existerais pas, mon Conservateur, sans lequel je ne pourrais subsister un instant, ma Providence, sans laquelle je ne puis vivre, mon Rédempteur, sans lequel je serais perdu pour toute l'éternité, mon Glorificateur, sans lequel je ne pourrais parvenir à la lélicité éternelle, pour laquelle il m'a créé. Et j'ai été assez impie, assez ingrat, pour ne pas craindre de l'offenser, après qu'il m'a donné l'existence, qu'il me l'a conservée, qu'il m'a racheté et qu'il m'a préparé une gloire éternelle. Le chaste Joseph regardait comme une chose presque impossible de consentir aux infâmes propositions de la femme de son maître, de qui il avait été traité avec bonté; c'est ce qu'il lui répondit : Quomodo possum hoc nialum facere, et peccare in Deum 7neum* ?
' Gen. 39, 9.
DOULEUR DE .\0i PÉCHÉS. IH
Et moi. comment ai- e pu pécher coiilre mon Dieu de qui j'ai reçu tout ce que je possède de biens, et de qui seul je puis attendre les biens futurs que j'espère?
Pesez attentivement ces vérités, et de celte considération passez aux affections qu'elle fait naître.
1 . Admirez comment un Dieu si outragé par vos ingratitudes 3 eu la patience de vous supporter si longtemps sans vous punir.
2. Repentez-vous sincèrement d'avoir offensé un Dieu qui vous-a comblé de tant de bienfaits.
3. Enfm implorez son assistance pour ne plus recommencer à outrager une majesté, une bonté qui mérite l'amoiir de tous les cœurs.
SECOND POINT
Considérez que ce ne sont pas seulement les bienfaits communs à toutes les créatures qui doivent vous exciter à déplorer votre ingratitude, mais que vou.^ avez bien plus sujet encore de vous reprocher d avoir été ingrat en "présence de tant de bienfaits particuliers que Dieu vous a accordés. Repassez-!es donc en esprit avec un sentiment d'humilité, et dites-vous en vous-même : Il est pourtant vrai qu'avant que je ne fusse, et que je vinsse au monde, le Seigneur, sans aucun mérite de ma part, m'a choisi entre tant d'autres qui périssent uniquement pour n'avoir pas eu le don de la foi , qu'il a voulu que je fusse au nombre des siens, de ceux qui étaient appelés à naître au sein de l'Eglise catholique et que je fusse lavé dans le sang précieux de Jésus-Christ, en recevant le sacrement de baptême. Et depuis que je suis au monde, quelle bonté, quel amour de père Dieu ne m'a-t-il pas témoigné ! Relativement aux corps et aux biens temporels non-seulement
\\% m' JOUR. JIÉDITATION DU MATIN.
il m'a fourni des choses nécessaires à l'entretien de la vie, mais encore de ce qui en fait l'agrément. Quant à lame et aux biens éternels, aurais-je pu désirer des secours et des moyens plus efficaces que ceux que j'ai reçus dans le cours de ma vie , afin d'arriver a la béatitude pour laquelle j'ai été créé? Qae de saintes pensées, que de bons sentiments Dieu ne m'a-t-il pas suggérés depuis que j'ai atteint l'âge de raison! Que de fois ne m'a-t-il pas nourri du pain des anges, c'esl-à-dire de sa propre chair et de son précieux sang! Que de fois ne m'at-il pas fait entendre sa voix au fond du cœur! Que de lumières surnaturelles ne m'a-l-il pas communiquées! Que d'inspirations saluiaires ne m'a-t-il pas envoyées dans les retraites, dans les communions, dans le temps de la maladie, à l'annonce de telle mort prématurée, à la vue de tel accident ! Et quoique j'aie mérité la mort aussi souvent que j'ai eu le malheur de pécher, il m'a cependant épargné , et n'a cessé de me supporter , en employant pour m'altirer a lui, tantôt la sévérité , tantôt la douceur. Que ferai-jedonc enfin? Ah ! le front dans la poussière, je dirai à mon Dieu ce que Saul dit à David ; JusHor tu es" quam ego : tu enim tribiiisti inihi bona, ego autern reddidi tibi mala^ : Oh ! que vous êtes juste, que vous êtes bon, mon Dieu! tandis que vous ne cessiez d'user de miséricorde envers moi, je ne cessais de vous offenser. — Pleurez amèrement une si monstrueuse ingratitude et tirez de celte considération les affections suivantes :
■1 . En premier lieu, confessez à Dieu que vous n'êtes pas digne de sa protection, que vous ne méritez pas qu'il daigne seulement se souvenir d'un ingrat tel que vous.