‹ Œuvres complètes (volume 4)Chapitre 35 sur 78 · SIXIÈME JOUR · texte numérisé non relu

SIXIÈME JOUR

sur l\ sa.sctification des mmancues it fêtes et l'assistance a la sainte messe.

I. Dieu qui domine tous les lieux par son immensité, et tous les temps par son éternité, a jugé bon, pour montrer son empire sur toutes choses, do se réserver quelques portions de l'espace et du temps; ainsi de même qu'il a voulu que certains lieux lui fussent consacrés, les églises,

il s'est aussi choisi certains jours, en établissant les fêtes,

* et il nous a fait un précepte de les sanctifier. Ce précepte

renferme deux parties, savoir : — l'obligation de s'abstenir de toute œuvre servile ou quasi-servile, el — l'obligation de vaquer à des exercices de piété, au culte divin, surtout en assistant à la suinte messe. Celte réforme spirituelle roulera donc sur l'obligation que nous avons de sanctifier les dimanches et ./êtes, afin de voir si réellement nous les avons sanctifiés comme nous le devons.

II. En premier lieu, examinez si vous n'avez pas travaillé ou fait travailler un dimanche ou jour de fêle, sans motif légitime qui vous excusât, ou sans dispense des supérieurs qui vous y autorisât. Il est certain que travailler ou faire travailler les jours de précepte, sans nécessité, et pendant plus de deux heures, serait une faute grave, et d'autant plus grave que ce péché tient du

F. .u vil. ^0

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sacrilège, attendu que par le travail on profane une chose consacrée a Dieu, savoir, le saint jour qu'il s'est réservé. Vous qui m'écoutez, n'avez-vous jamais vaqué à des œuvres serviles ou quasi-serviles, pendant plus de deux heures, un jour de dimanche ou de fête? Je vous plains; car vous avez fait un bien triste bénéfice.

Si vous ne savez pas ce qu'on entend par œuvres serviles, je vais vous l'expliquer. Les œuvres serviles sont celles qui de leur nature sont propres aux gens de service, ou aux hommes de peine, telles que labourer la terre, bêcher, tisser, coudre, maçonner et autres semblables ; généralement tous les arts mécaniques appartiennent à cette catégorie. Les œuvres quasi-serviles sont celles qui distraient tellement l'esprit qu'elles ne lui permettent pas de s'appliquer aux exercices du culte divin, comme les opérations de banque, les achats et ventes de choses non nécessaires, les procédures qui se font avec solennité et contention, et autres semblables, d'où vous pouvez conclure que lire, écrire, chanter, faire de la musique, dessiner pour se récréer ou autrement, ne sont pas des œuvres serviles.

Or, je dis que si vous travaillez pendant plus de deux heures, sans dispense de l'évêque ou du curé, ou sans motif légitime, vous péchez gravement.

Une cause légitime qui excuse le travail du dimanche, c'est la nécessité corporelle; qu'elle soit personnelle ou non, peu importe. On peut dire en général qu'il y a nécessité personnelle pour cette classe de misérables qui n'ont point d'autres ressources pour subsister que le travail : s'ils chôment, ils ne mangent pas. Il faut, bien entendu, que la nécessité soit urgente, de telle sorte qu'à moins de travailler ce jour-là, on n'aurait pas de quoi vivre, que d'ailleurs on le fasse sans scandale, et que l'on ait soin d'assister à la messe.

SANCTIFICATION DU OIMANClIt. 235

La nécessité du prochain ou la charité permet, par exemple , de préparer les remèdes nécessaires à un malade, de faire cuire le pain quand les besoins de la population le demandent, et autres choses semblables.

Remarquez cependant que tout cela doit s'entendre en ce sens qu'il n'y ail pas de fraude, c'est-à-dire qu'on ne remette pas à dessein au dimanche ce qu'on aurait pu faire pendaiit la semaine.

On convient aussi que la crainte fondée d'éprouver une perte ou un dommage plus ou moins considérable, serait une excuse suffisante ; ainsi il serait permis de moissonner, de renTermer le grain, de vendanger, a l'approche d'un orage ou lorsqu'on est menacé de pluies désastreuses; de faire des digues pour se préserver d'une inondation , de ferrer des chevaux a l'occasion d'un voyage nécessaire et pressant. Il en est de même de bien d'autres conjonctures où il y aurait un péril réel et notable à différer.

Une autre raison suffisante, ce serait sa nécessité spirituelle propre ou celle du prochain, par exemple, travailler pour ne pas succomber au péché ou ne pas faire succomber autrui. Ge cas toutefois ne peut guère se présenter dans la pratique, parce qu'on peut toujours trouver des moyens de ne pas pécher, sans profaner les saints jours par le travail.

Examinez maintenant si vous n'êtes pas du nombre de CGùX qui, semblables à l'araignée, s'épuisent les entrailles pour our lir une vile toile, c'est-h-ciire, pour jogner quatre sols, ou plutôt qui n'y épuisent pas seulement .t-urs entrailles, mais qui y sacrifient même leur àmc, à cause de la colère de Dieu qu'ils s'attirent en profc.jant les jours qui lui sont consacrés.

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