PRÉROGATIVES DU TKÈS-SAINT SACREMENT
pez-vous la poitrine, la faute en est à vous seul ; c'est que vous n'apportez pas à la table sainte les dispositions requises pour la rendre fructueuse.
La dernière prérogative du très-saint Sacrement, c'est d'être un gage de la gloire. Jésus-Christ lui-même nous en assure : Qui manducai meam carnem et bibit meum sanguinem habet vitam œternum^ , Celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle. Remarquez que le Sauveur ne dit pas : aura la vie éternelle, au futur ; mais bien, qu'il a présentement cette vie; tant est grande l'assurance que nous recevons de la posséder un jour, lorsque nous mangeons son corps et que nous buvons son sang, avec les dispositions voulues ; car de même que celui qui a en main une obligation est sûr du capital pour lequel elle a été constituée, ainsi celui qui reçoit la divine Eucharistie est sûr (pourvu que rien ne manque de son côté) de la vie éternelle, en vue de laquelle le très-saint Sacrement nous a été laissé pour gage.
Concluez de là que cet adorable Sacrement, étant un gage de la gloire, nous offre un puissant motif d'espérance et de crainte : d'espérance, si nous en profitons; de crainte, si nous en abusons : Mors est malis, vita bonis-. Voyez donc quel usage vous en faites. Si vous en usez bien, proposez-vous d'en user encore mieux à l'avenir ; si vous en usez mal , proposez-vous de vous amender et prescrivez-vous la règle suivante : Toutes les fois que vous recevrez le très-saint Sacrement, figurez-vous que c'est la dernière communion de votre vie, et que vous recevez le corps du Sauveur en viatique ; je suis certain que, moyennant cette réflexion, vous y apporterez les dispositions requises. Protestez, par le colloque suivant, que c'est ce que vous voulez.
♦ Joan. 6, 55. * Liturg. prose : Lauda Sion.
348 vm^ JOUR, méditation du matin.
Colloque.
Aimable Sauveur, quel est cet auguste festin que m'a dressé votre généreuse compassion, ou votre immense charité, ou votre miséricorde inouïe? Il ne vous suffisait donc pas, pour nous témoigner votre a-mour ineffable, d'être descendu du ciel en terre en vous revêtant de notre dépouille mortelle ; il ne vous suffisait pas d'avoir conversé avec nous pendant trente-lrois ans consécutifs, en endurant tant d'incommodités et de privations, la faim, la soif, le froid, le chaud, et une infinité d'autres travaux; il ne vous suffisait pas d'avoir sacrifié votre vie, en versant votre sang dans les douleurs et les tourments : il vous fallait encore nous donner en nourriture votre chair adorable, et pour breuvage votre sang très-pur. 0 don précieux! 0 banquet d'amour! où nous recevons, nonseulement la grâce, mais la source de toutes les grâces, et le gage le plus assuré de la gloire ! Comment donc mon cœur ne s'échauffe-t-il pas? comment mon âme ne se fond-elle pas d'amour? Ah! que j'ai de regret de m'être si peu préparé pour m'approcher de ce céleste banquet! 11 n'en sera plus ainsi à l'avenir, ô mon Dieu ! Voici la résolution que je prends : j'entends et je veux que toute ma vie, toute sans réserve, soit employée ou en préparation pour recevoir Jésus-Christ dans la communion, ou en actions de grâce après l'avoir reçu ; afin que je sois rendu digne de le recevoir à l'article de la mort, et que cet auguste Sacrement me soit un gage assuré de la vie éternelle. Amen.
vili" JOUIS. MÉUITATION DU SOIR. 349