IMITATION DE N.-S. .1 -C
des plaisirs. Vous semble-l-il que ce. soit là suivre les traces de Jésus-Christ et conformer votre vie à la sienne? Croyez-vous après cela que, quand Jésus viendra pour juger le monde, il vous reconnaîtra pour un des siens et vous traitera comme son disciple? Je m'en étonne bien. Voici ce que vous devez inférer de tout ce qui vient d'être dit : il faut, ou renoncer au titre de chrétien, ou renoncer à votre manière de vivre ; oui, pas de milieu : changer de croyance, ou changer de vie.
SECOND POINT
Considérez les avantages précieux que vous recueillerez de l'imitation de Jésus-Christ, telle qu'elle vous est commandée par le Père céleste. L'Apôtre saint Paul nous assure que ceux-là seuls seront prédestinés qui seront trouvés semblables à Jésus-Christ : Quod prœscivit, et jirœdesiinavit conformes fieri imaginis Filii sui..., hos et vocavit^. Il est vrai qu'il y a des leçons du Fils de Dieu qui sont de conseil seulement et non de précepte. Il n'est pas nécessaire de vivre comme il a vécu dans une pauvreté extrême ; mais il est indispensable d'avoir le cœur détaché des richesses, d'estimer la pauvreté, d'être humble, de porter sa croix, d'aimer ses ennemis, de pardonner à ceux qui nous ont offensés, comme il l'a fait, parce qu'il est notre règle et notre modèle. Par suite, nous serons d'autant plus chers à Dieu que nous imiterons plus parfaitement son divin Fils; nous ne pouvons rien faire qui lui soit plus agréable ; c'est même l'unique moyen d'engager et le Fils et son Père éternel à nous aimer tendrement. Nous y engagerons le Fils unique de Dieu,
• Rom, 8, 29.
394 IX* JOUIl. MÉDITATION DO MATIN.
parce que rhacun esl porté à aimer son semblable ; si (Jonc nous devenons des copies vivantes de Jésus-Christ, Jésus-Christ est contraint de nous aimer comme son Père l'a aimé lui-même; et sachant que son Père l'aime infiniment, au point qu'en contemplant cette image de sa substance il produit son Esprit d'amour ; ainsi le Fils en voyant reluire en nous ses vertus et sa sainteté nous aimera d'un amour presque égal à celui qu'il se porte à lui-même, et par conséquent il nous remplira de son esprit, de ses grâces, de ses dons, de mille biens. Nous engagerons aussi le Père céleste à nous aimer, attendu qu'il aime tout ce qui est parfait, tout ce qui est semblable à son Fils bien-aimé. Que dites-vous maintenant? k quoi êtes-vous décidé? Si un roi de la terre vous proposait d'imiter son propre fils, et qu'en récompense de cette imitation il vous promit de vous faire son cohéritier dans le royaume, ne vousoffririez-vous pas aussitôt à l'imiter? Et pourquoi ne vous offrez-vous pas au moins avec la même promptitude à imiter Jésus, tant à cause que son divin Père, le roi des rois, vous l'ordonne, que parce qu'en obéissant à cet ordre suprême vous acquerrez des biens immenses? Prosternez-vous donc sans délai aux pieds de Jésus, et dites-lui avec générosité : Sequar te quocumque ieris^ ; Seigneur, me voici prêt à vous suivre partout où vous irez : si vous marchez par des voies âpres et difficiles, contraires aux voies du monde, je vous suivrai, Sequar te; je serai votre compagnon fidèle, je marcherai sur vos traces. Je ne vous demande que deux choses, le pardon de m'être comporté si mal par le passé, et votre assistance pour mieux faire à l'avenir. Affermissons-nous dans ces dispositions par un pieux colloque.
< Luc. 9, 57.