A M. BARTHÉLEMI CAROGGIO, SECRÉTAIRE DE LA RÉPUBLIQUE DE GÊNES
Rapallo, le 19 janvier 1745.
Monsieur,
Que la grâce de l'Esprit saint soit avec vous.
Je vous envoie l'incluse de l'excellentissime Seigneur Commissaire de Bastia, afin que vous la fassiez voir au serenissime Doge, ainsi qu'aux sérénissimes Collèges, et qu'après avoir examiné, ils prennent leurs mesures. J'ai prévu depuis longtemps que, sans déployer une force imposante, on aurait difficilement recouvré les tailles, que les troubles se seraient aggravés, et que le danger de révolte n'était pas chimérique, mais fort probable. J'ai tout exposé dans mon rapport qui a rencontré peu de credit : ma plus grande peine serait de voir s'effectuer la ruine qui a été prévue. Pour moi, j'espère que j'aurai le même mérite que si la Corse tout entière était soumise et pacifiée, et je prierai Dieu tout particulièrement pour qu'il nous accorde cette grâce ; mais je crains de n'être pas exaucé.
Je ne perds pas de vue l'affaire concernant votre famille. Priez pour moi comme je prie pour vous. Vive Jésus !
De Votre Seigneurie,
Le très humble et très dévoué serviteur,
Fr. Léonard, missionnaire.
(1) 44» de redit. Hai.
P. S. Quand vous aurez fait usage de l'incluse, je désire que vous me la renvoyiez.