Tous les dimanches et les jeudis, ils ont une confé
rence spirituelle. Voici en quoi elle consiste : on se réunit tous ensemble, on fait une lecture spirituelle qui dure un quart d'heure, puis le président interroge les solitaires l'un après l'autre pour qu'ils disent quelque chose d'édifiant ; chacun alors manifeste les lumières dont il a été favorisé de Dieu dans l'oraison. Entretiens salutaires et souverainement profitables aux solitaires : tandis qu'ils se communiquent avec candeur et simplicité les pieux sentiments qui les animent, il en est d'eux comme des charbons qu'on met en contact ; ils s'enflamment mutuellement et s'embrasent de plus en plus du feu sacré de l'amour de Dieu.
10. Ils emploient une heure chaque jour à un travail manuel, tel que la culture du jardin, ou tout autre ouvrage honnête et nécessaire, mais toujours dans le plus parfait silence. Du reste, leur récréation ordinaire est une lecture spirituelle, ou l'exercice du Chemin de la Croix, qu'ils renouvellent fréquemment ; ils font aussi beaucoup de prostrations, de génuflexions, d'oraisons jaculatoires, tous moyens propres à arriver à la véritable union avec Dieu dans une pure contemplation.
11. La pauvre nourriture dont ils ont besoin pour se sustenter, leur est portée chaque semaine par la bête de somme du couvent du Mont, de Florence, afin qu'ils n'aient pas à penser aux choses de la terre. Il arriva plusieurs fois qu'à cause du mauvais temps ou pour tout autre motif, le tierçaire qui remplit cet office ne put secourir à temps les solitaires ; le Seigneur, d'une manière plus ou moins merveilleuse, a toujours pris soin de ses serviteurs ; c'est ce qui eut lieu notamment en 1718, le 22 décembre. Il y avait, ce jour-là, à la solitude un religieux Augustin qui y faisait sa retraite ; le président fut averti par le portier que la provision accoutumée n'était pas arrivée, et que pour le repas principal, il n'y avait, en fait de pain, que quelques restes de la