‹ Œuvres complètesChapitre 66 sur 155 · VIII · texte numérisé non relu

VIII

AU FRÈRE ETIENNE d'uRBIN, A ROME.

Du couvent de Saint-François~du-Mont, le 12 juillet 1754.

Cher frère en Jésus-Christ,

Que la paix de notre bon Jésus soit avec vous.

Ci-joint une lettre pour la reine. Je vous remercie de tout ce que vous avez fait pour la correction des livres; néanmoins lorsqu'il s'agit d'en donner un exemplaire à quelque personnage, je trouverais bien de le faire corriger à la main. Quant aux trois cents qui doivent être envoyés à Florence, j'ai déjà écrit au courrier, à qui j'ai rendu service auprès du grand-duc, pour le prier d'avoir la bonté de les apporter en plusieurs fois, et il s'offre de bonne grâce à le faire. En écrivant à frère Paul d'envoyer les vêtements d'hiver, je lui dis de mettre dans le paquet le dernier tome des livres venus de Naples, parce que j'en ai besoin dans la Solitude, où j'irai demain ; qu'il y mette aussi quelques exemplaires brochés de l'ouvrage à l'usage des religieuses2, et si vous le jugez bon (car en vérité j'ai compassion de vous), vous pourrez lui remettre les trois cents, afin qu'il ait soin d'en envoyer vingt-cinq ou trente par chaque poste; de cette façon, ils seraient transportés sans être trop à charge au courrier, et sans embarras pour vous qui avez déjà tant d'autres soucis; vous pourriez aussi lui confier les livres venus de Naples, pour qu'il les envoie un à un...

(1) 9e de l'édit. ital. (2) Le Manuel sacré.

Je désire ensuite que vous m'écriviez le nom de cette princesse, en m 'indiquant sur un morceau de papier le titre qu'il faut lui donner, afin que je puisse lui écrire et la remercier.

Le père François ne me dit rien des besoins de l'Institut; si je puis être utile en quelque chose, dites au père Directeur que je m'y emploierai toujours avec le plus grand plaisir, dussé-je même verser mon sang ; quoique éloigné, je suis présent de cœur et j'aime tendrement ma mère.

Présentez mes respects au père Directeur, au père Pierre, et à tous ceux à qui vous savez que mon souvenir est cher; et recommandez-moi à Dieu, afin que dans la sainte Solitude où je vais entrer il en finisse avec moi, et me prépare à la mort ; car c'est à cette fin que je suis venu ici.

N'ayant pas autre chose à vous écrire, je termine, mon cher frère, en me disant

Votre très affectionné en Jésus-Christ, Fr. Léonard, pécheur.

Page 1