‹ Œuvres complètesChapitre 67 sur 155 · IX · texte numérisé non relu

IX

AU MEME

De la solitude de l'Incontro, le 1er août 1734.

Cher frère en Jésus Christ,

Que la paix de notre bon Jésus soit avec vous.

Vous trouverez ci-jointe une lettre pour la Reine; ayez soin de la lui faire parvenir aussitôt, carello l'attend avec anxiété.

On n'a pas encore reçu les vêtements d'hiver; j'en ai plus de regret pour le livre que pour l'habit. C'est une mortification que le Seigneur a jugé bon de me faire éprouver. Je m'étais procuré cet ouvrage précisément pour m'en servir dans ma retraite et je n'ai pu l'avoir : soit, pour l'amour de Dieu. Voyez qui l'a porté au courrier, et tâchez de savoir à qui il a été confié, comment il s'appelle ; car ici on fera toutes les diligences possibles. On n'a pas encore vu non plus les exemplaires du livre pour les religieuses; ils sont attendus avec impatience. Ce n'est pas que je ne sois plein de compassion pour vous : je sais que vous êtes accablé d'affaires; mais si le père François est encore à Rome, qu'il se charge, lui, de ce soin ; si non, frère Paul, j'en suis sûr, le fera volontiers. Dites-lui que j'ai reçu sa lettre et que je le remercie du billet de Notre-Dame Auxiliatrice.

Saluez pour moi le père Directeur ; je compatis à ses afflictions, et je ne manque pas de le recommander à Dieu dans cette Solitude. Mes salu'ts également au père

1) 16e de l'èdit. ital.

Pierre età tous ces Messieurs que vous savez y tenir. Vive Jésus!

Votre très-affectionné en Jésus-Christ,

Fr. Léonard.

P. S . Notre Directeur m'écrit de Florence que les trois cents exemplaires du Manuel pour les religieuses, sont arrivés; mais pas de vêtements. Dieu veut me mortifier : j'avais un trop grand désir de lire ce livre, à cause que c'est un ouvrage de poids. Soit, pour l'amour de Dieu ; mais faites voir à qui il a été remis, et qu'on sache dire son nom.

AU MEME

Du couvent de Saint- François-du-Mont , le 29 août 1734.

Cher frère en Jésus-Christ,

Que la paix de notre bon Jésus soit avec vous.

Me voilà hors de cette sainte Solitude : je n'ai pas été digne d'y rester plus longtemps ; croyez-moi, on y jouit du paradis sur la terre.

Ici, à Florence, il ne me manque pas d'ouvrage; ces messieurs et ces religieux voudraient bien ne plus me laisser partir; mais il faut obéir : on partira donc pour la Marche à la suite du père François. Toutefois, la semaine prochaine, il me faudra aller à Prato pour consoler nos frères qui me désirent, et de là à Massa où il

(1) 11e de l'édit. ital.

vie s. L. 36*

y a un couvent de sœurs de la Visitation, qui ont fait violence à notre Gardien afin qu'il m'envoie vers elles. Elles sont à vingt-cinq milles d'ici; je ne sais quand je serai de retour à Florence.

Pressez, s'il vous plaît, le courrier de se charger du drap qui est envoyé à frère Diego, pour faire les vêtements d'hiver; envoyez-le-lui, s'il y en a. — Ayez encore la complaisance de remettre, comme de coutume, l'une des deux lettres ci-jointes à la Reine, et d'envoyer l'autre à Madame Briganti avec deux exemplaires du Manuel brochés; elle les fera relier elle-même. Si elle vous envoie un petit reliquaire, vous me le ferez parvenir.

Je me réjouis d'apprendre que la mère abbesse de Sainte-Cécile a fait représenter la Solitude en peinture; à ce sujet j'écris à la Reine de lui suggérer de faire un jour par mois la solitaire, selon ce que j'enseigne à la fin du Manuel sacré.

Saluez pour moi le père Directeur et le père Pierre, à qui j'ai écrit par le dernier courrier. N'ayant pas autre chose à vous écrire, je termine en me disant, cher Frère,

Votre très affectionné en Jésus, Fr. Léonard.

P. S. Les vêtements et les livres sont encore à Viterbe;onapromis de tout apporter la semaine prochaine; nous verrons.

XP.

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