‹ Œuvres complètesChapitre 68 sur 155 · A SON FRÈRE N · texte numérisé non relu

A SON FRÈRE N

Sur la chasteté.

[ 4754 ou 1735.}

A vous parler franchement, mon bien cher frère, je crois que vous vous faites illusion : vous avez en tête cette sotte idée qu'il ne vous est pas possible de vivre

chaste Ce faux principe étant fixé dans votre cœur,

il en résulte qu'à chaque tentation, vous vous rendez aussitôt. Il est bien vrai que sans la grâce de Dieu nous ne pouvons vivre chastes, mais il n'est pas moins vrai que Dieu donne sa grâce à qui fait son possible : Facienti quod in se est, Deus non denegai gratiam. En conséquence, vous vient-il une tentation, recourez promptement à Dieu, et Dieu viendra à votre secours; il l'a dit clairement : Petite et accipietis, et avec le secours de Dieu vous ne pécherez point. Gravez-vous donc dans l'esprit cette grande vérité, que, quand même tous les démons se déchaîneraient contre vous pour vous entraîner au péché, si vous ne le voulez pas, Vous ne pécherez pas, pourvu que vous mettiez votre confiance non pas dans vos propres forces, mais dans l'assistance de Dieu, assistance qu'il n'a pas coutume de refuser, je le répète, à qui la demande avec une foi vive. Voilà l'unique moyen de sortir de ce labyrinthe dans lequel vous vous trouvez engagé. Il faut, de plus, éviter toutes les occasions, baisser les yeux à la rencontre d'objets dangereux. Faites-en l'essai, et vous en éprouverez les

(1) 23* de l'édit. ital,

excellents effets. Entre temps je vous recommande à Dieu, afin qu'il vous accorde un véritable esprit de pénitence et de mortification, sans lequel on ne remporte pas facilement la victoire sur un vice si brutal. Que Dieu vous bénisse.

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