XXVIII
A LA MÊME
Avantages de la retraite.
Palombaro,, le S novembre 17S9.
Madame,
Que la grâce de l'Esprit saint habite dans votre cœur.
J'envie votre retraite, car je conçois qu'en ce monde le plus grand bien dont nous puissions jouir, c'est de rester uni à Dieu dans une sainte solitude. Le commerce des créatures est plein d'amertume, sujet à mille dangers et fécond en inquiétudes ; tandis que le commerce avec Dieu est doux et suave : ici l'âme se connaît ellemême, elle s'humilie, elle se désabuse, elle comprend l'importance de ce qui est éternel et la vanité de ce qui passe. Toute concentrée en Dieu, elle devient maîtresse d'elle-même et acquiert un grand empire sur ses passions ; de là naît la paix et la tranquillité intérieure, qui fait que toutes les autres choses nous causent de l'ennui, et qu'on ne trouve de plaisir que dans l'entier accom-
(IJ 71« de l'édit. ital.
plissement de la très aimable volonté de Dieu. Remerciez le Seigneur de ce qu'il vous procure un si précieux avantage; soyez fidèle à votre Dieu, cherchez-le, non pas au dehors, mais au dedans de vous-même, et à la lumière de la foi vous découvrirez des choses qui vous inonderont de consolations. — Je ne manquerai pas, quant à moi, de vous recommander à notre bon Jésus, car je m'y sens spécialement porté, tant je voudrais vous voir sainte ; faites-en autant pour moi ; car, quoique solitaire, vous pouvez encore être missionnaire, en offrant souvent le sang de Jésus au Père éternel, afin qu'il touche les coeurs de ceux à qui je prêche.
Cette mission a été bénie de Dieu. Aujourd'hui nous partons pour Olevano; c'est pourquoi je ne m'étends pas davantage : la besogne ne manque pas. En finissant, je vous laisse dans le côté sacré de Jésus, et je suis,
De Votre Excellence,
Le très humble et très dévoué serviteur,
Fr. Léonard.