DE SAINT-BONAVENTURE, A ROME
Condoléances. — Quelques détails.
Vallécorsa, le 46 novembre 4739.
Mon très cher frère,
Que la paix de notre bon Jésus soit avec vous. J'apprends avec peine la perte imminente de M. le duc d'Atri, le digne frère de notre bonne dame la duchesse Strozzi ; consolez-la, de grâce, et dites-lui que je tiens pour sûr et certain son salut éternel, connaissant à fond cette bonne âme. Priez et faites prier pour lui, au cas où il aurait quelque chose à expier en purgatoire; mais je ne mets pas son salut en doute : il avait un excellent cœur et une conscience des plus délicates. Conformons-nous à la très sainte volonté de Dieu, qui dispose tout pour notre plus grand bien. — Ce matin j'ai célébré la messe pour lui ; je le ferai encore plusieurs fois et j'y joindrai d'autres suffrages, parce que je désire qu'il aille bien vite en paradis.
Saluez de ma part Mme la duchesse, et souhaitez-lui de saintes et heureuses fêtes.
Cette mission est comblée des bénédictions célestes. Oh ! qu'elle était nécessaire ! Oui, quoiqu'il y en ait eu une l'année dernière et qu'il y eût encore du bon, il falli) 8« de l'édit. ital.
lait cette nouvelle secousse, et j'espère que Dieu en sera glorifié. Nous faisons venir des confesseurs supplémentaires de Pofi, car dans ce couvent-ci il y a disette.
Je vous remercie de tout ce que vous avez fait pour le Décret; nous en verrions volontiers une copie.
Lorsque les ordinaires seront arrivés, on célébrera les messes.
Frère Diego vous recommande de ne pas oublier le corroyeur. — Le doigt serait déjà guéri; mais froissé coup sur coup, il est encore souffreteux.
Je ne vous parlerai pas d'autre chose ; je n'en ai pas le temps. Si les lettres sont en retard, ne vous en étonnez pas : Dieu sait comment va cette poste.
Saluez pour moi le père Directeur et dites-lui qu'aprèsdemain, je ferai le discours sur le Chemin de la Croix, et que j'exhorterai le peuple à coopérer à l'œuvre qu'on désire. Le gardien trouve la chose facile : il en est qui pensent que ces messieurs, d'ailleurs très accomplis, sont strictioris . . . Nous allons voir.
Votre très affectionné frère, Fr. Léonard.