‹ Œuvres complètesChapitre 22 sur 54 · CHEF DE BATAILLON DU GÉNIE , A MILAN · texte numérisé non relu

CHEF DE BATAILLON DU GÉNIE , A MILAN

Liroume , le 37 juillet 1808.

Ayant éprouTé ta fidélité dans l'ambassade de Vérone , je te nomme , ou pour parler diplomatiquement , nous te nommons notre résident â Milan; et d'abord nous te chargeons d'une négociation importante , difficile , a^ec des puissances dont les dispositions i notre égard sont suspectes. La lettre ci-jointe t'expliq[uera de qnoi il s'agit. YaToir cet Orhoisan (1) , dis-lui que si je ne yais aupaj/s je suis ruiné sans ressource , et cette fois un ambassadeur aura dit la vérité. Tu as dans ce que je t'ai marqué de Florence d'amples instructions; mais le point, après tout I c'est un oui ou un non : veut-il , ne veutr^il pas que j'aie ce congé? En lui écrivant par la poste , comme je ne suis pas un grand seigneur , je n'aurais jamais de réponse. Par toi je saurai à quoi m'en tenir.

S'il t'écoute , tu pourras lui dire que sans ma maladie deNaples (qui n'était point le mal de Naples) j'aurais fait il y a six mois cette demande. Tu lui conteras de mes affaires ce que tu sais , et ce que tu ne sais pas pour lui

(1) Le gàicral d'ADihouard ; aide-dc-camp du vice-roi.

faire entendre que je ne puis , sans perdre tout ce que j'ai au monde , diflTérer daToatage à me rendre chez moi. Dislui les banqueroutes que j'éprouve, mes gens d'affaires fripons, mes débiteim sans foi, «tes créanciers sans pitié, mes fermiers en prison , mes parents morts ou malades. Hélas! en disant tout cela, tu n'auras pas le mérite de mentir pour un ami. Ajoute que la guerre peut recommencer ; qu'on peut m'envoyer outre-mer, en Turquie, à tous les diables , auquel t^as je n'aurai plus qu'à déserter ou à me pendre.

Mais s'il ne t'écoute pas , ou s'il est insolent au-delà de ce que l'usage actuel autorise , alors envoie-le faire f... , car tel tëi notre piaUir, Au reste, si tu réussis , conmie tu m'auras servi à cette cour je te servirai à Paris. Sur ee , notis prions Bieu, monsieur Fambassadeur , qu'il vous ait en sa saints garde.

A M. LE G^^ D'ARTHOVARD,

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