ROME
LiTOumc y le 17 novembre 1808.
Xai Rça dans le ttnfis^ MottsiMTi les belle» gmeies qveTMâifli'eiFeaiadfeflséee. Riev , |e t«iis asepre , ae .pedfait' me fui» plm de phiM». Toot le »oade &a te tioirfer belles; mais pour ceux qui^ eesMoe moi, ea eonnaissent les originaux , dleU ont le mérite de les représenter avec une parfaite exaeUtude , mérite rare et peut-être unique dans ce genre de trayail. En un mot , que peutr-on dire de plus? elles sont belles et fidèles. Si je ne voua en ai pas fait plus tôt mes remerciements , c'est que j'espérais toujours aller à Rome tous revoir, TOUS, Monsieur, et votre pays que j'ai tant de raisons d'aimer; et, à vrai dire, je l'espère encore; mais, abusé tant de fois , }e ne veux jdus compter sur rien , et je me décide enfin à vous apprendre , autant que faire se peut dans une lettre, combien je suis sensible à de telles marques de votre souvenir et de votre amitié.
Je ne sais si vous avez dessein de publier tous vos vases : ce serait un beau présent à faire aux artistes et aux amateurs de l'antiquité , et pour ma part je vous y engage fort; mais si vous prenez ce parti, croyez-moi,
Monsieur, sopprimes les oommentaiies infinis , les expfications foroécs, le Inze typographique et tout Tétalage au moyen duquel ces sortes d ourrages se Tendent plus cher et valent moins. Quant aux explications, je tous aTOue pour moi , que si je ne trouve pas d'abord le sujet de ces tableaux , je m'en passe fort bien , et j'aime mieux cela que de contraindre mon esprit à j leconnûtre quelques traits ou d'Homère ou d'Euripide. Vous pensez comme moi, je crob, et tous tous content» de Toir, dans la plupart des monuments qui iioas restent de l'antiquité, la icpiesentntion toute simple de qudqne aoène de laTÎe
A n. DE SAINTE-CROIX ,
A PARIS
Liyoame , le 27 noyembre 1808.
MoNSEBiTB. , suivant vos instructions, j*ai remis moimême à M. Degérando mon Xénophon (1) , qui se recommande fort à vos bontés. Vous me faites grand plaisir de ne pas dédaigner un hommage aussi obscur que le mien. Si j'ai quelque mérite, c'est d'avoir pu vous plaire, et c'est par là qm je suis sûr de prévenir au moins le public en ma ftveur.
n m'importe , comme vous dites fort bien , que mon tiatail paraisse le plus t6t possible, non-séùkment à cause de M. Gail, mais encore par d'autres raisons. Je vous prie donc de le livrer à quelque libraire , aux con^ ditioDs que vous jugerez convenables , ou môme' sans conditions. Je voudrais bien être assez riche pour faire les ftaisde l'impression et pouvoir ainsi disposer de tous les eiemplaires ; ce serait une espèce de demi-publicité qui me conviendrait fort, mais je n'ai jamais un sou; et puis, ne se moquerait-on pas avec quelque raison d'un officier qui emploierait sa- solde à se faire imprimer? Il
- (i) Les deux livres sur la cavalerie , traduits à Naples.
faut donc trouver un libraire qui se charge de tout. Vanité d'auteur à part , je ne puis croire qu'il y perde : si le grec ne se vend guère (car entre nous les lecteurs sont cinq ou six en Europe), il se vend cher;'il y a toujours un certain nombre d'amateurs sur lesquels on peut comp* ter, et la traduction , qui se peut séparer du texte, aura plus de débit , ne fut-ce que comme ouvrage militaire. Au reste^ Monsieur, en cela comme en tout le reste , vous savez beauooop mieux que moi ce qui ee peut Caire et ce qui convient , et puisque iDMm Xéftophon a la bonheur de vous intéresser, je ne suis pas inquiet de son entrée dans le monde.
Pour le grec , l'édition devrait être soignée par quel^ qu'un qui rentendift et qui voulftt prendre la peine d'y ajouter les accents. J'ai l'habitude trés-condannable de les omettre en écrivant. M. Boissonade , a(vec qui }'ai eu quelques liaisons , pourrait se charger de cet ennui , s'il voulait m'oblîger aussi sensiblemeat que Grec puisse dblîger Grec. J'hésite d'autant moins i l'en prier que je puis lui rendre la pareille, étant tout à son aervioe poux quelque ooUatSou ou notice de manuscrits qu'il lui faille de Rome ou d'ici , je veux dire de Floreuoe. Qu'il e^msidère un peu de quelle conséquence il est pour ke destinées futures de Xénophon que cette édition aoiteoixeeie, puisque , étant la quintessence de tous lea manusciila , sans addition ni suppression , changement ni corxeotioD aucune , fidélité rare et peut-être unique , elle servira de base i toutes celles qu'on fera jamais de ce texte. Ce n'est
donc pas pour moi , mms pour XéaopbOtt que je Ini demande cette grâce ; en on molpinêr famawr du free.
Je n'ai point yu l'édition pobliée en Allemagne il y a ^atre ou oinq ana , et je ne la Donnais que par les lettres de fen M. de Villoison , qui m'en parlait fort avant»geuaerneni. Si réditeur , M. Weiske , a donné qudqnes soins an texte de ces deux traités , il ne se peut que nos oanjectnrea ne se raacontrent souvent. Je ne sais même (car j'ai appris que j'étais nonmié dans sa préfaee) s'il n'a point piAlié qnelques-wies de mes notes que M. Villoi*son a pu lui communiquer.
Je crois sans peine, Monsieur , tout ce que tous me marquez de M. T.iarchftr , qaelqueadmirableque cela soit. Sa Tie est comme ses ouvrages , fort an-dessus des foroes communes. Je pense lui être plus redeyable que personne, car tout mon grec me vient de lui. Si j'en sais peu, sans lui je n^en saurais point du tout. Ce fut son Hérodote qui m'ouvrit le chemin à ces études , auxquelles je dois les meilleurs moments de ma vie. Cela vous explique pourquoi je ne cite que lui dans mes notes. Malheureusement j'ai cité quelquefois Hérodote sans pouvoir consulter sa traduction , seulement d'après mes extraits. Je travaillais en courant la poste , et le plus souvei^t sans lirres. Dieu veuille qu'il n'y paraisse pas trop! mais quoi? je faisais en soldat labesogne d'un soldat ; car il fallait un homme du métier; et qui n'e&t connu que les lÎTres n'au^ nit pu entendre ceux-li. Je reviens à M. Larcher pour TOUS prier de lui présenter mon respect. En vérité , je ne
sau par où je puis être digne de Vamitié de deux hommea comme vous et lui ^ &i ce n'est par mon inyiolable attachement*
Je comprends la perte que tous yenez de faire ( i ) , Monsieur, et j'ose à peine tous en parler. Je suis bien peu propre à vous consoler , moi qui , depuis dix ans , atteint d'une douleur pareille ( 2 } , la sens cooune le premier jour. Je crois pourtant qu'il ne faut pas se plaire à son chagrin ni se nourrir d'une amertume qui a£Eligerait , ai elles nous voyaient , les personnes même que nous regrettons.
(i) M. de Sainte-Croix renaît Je perdre m fiUe. (a) La perte de son père et ensuite de sa mère.
LETTRE
DE M. AKERBLAD A M. COURIER.
Florence , le ^ décembre 1808.
Hier nous avons fait la fameuse descente domiciliaire chez les bénédictins pour nous emparer de leurs manuscrits ; mais ils nous ont prévenus , les gaillards I Vingtsix des plus précieux de ces manuscrits ont disparu , et entre autres le beau Plutarque que nous avons vu ensemble , et que vous devez vous rappeler. Je n'en accuse pas l'abbé du couvent , mais le bibliothécaire ; ce petit père Bigi , au regard faux , est , & n'en pas douter, le voleur. Il dépend de nous deux de le faire pendre : nous n'avons qu'à attester avoir vu entre ses mains un seul des manuscrits qui manquent; mais, je vous l'avoue, je suis bon chrétien , et je ne veux pas la mort du pécheur. D'ailleurs il me semble cruel de perdre un pauvre diable pour avoir volé une vingtaine de bouquins qui , eussentils même été transportés à la bibliothèque de Saint-Laurent, y seraient sans doute restés vierges et intacts, comme ils l'ont été depuis deux siècles dans celle des révérends pères. Au reste consolez-vous; parmi les quatre-vingt-dix manuscrits grecs qui sont restés , il y en a plusieurs de ^ort précieux : deux ou trois Platons , autant de Sopho-
des , un Thucydide du douEiéme siècle , sans parler des Saint-Grégoire et Saint-Ghrysoslôvie parfidtement beaux. Voyez si tout cela vous tente, et, dans ce cas, Tenez et TOUS aurez êe quoi tous amuser. En attendant écriTeznous au moins , et mandez-moi votre avis i Tëgard du voleur et de sa punition. Quant i moi , je vote pour le carcan avec un énorme Saint-Chiysostôme au cou.
A m. D'AGINGOURT ,