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A M^ JUA C»« DE L ARIBOISSIERE ,
A PARIS
Vienne en Autriche , le 19 juin 1809.
Madame , vous approuverez sûrement la liberté que je prends de vous écrire , car j'ai à vous parler du général et de monsieur votre fils. Leur santé à tous deux est telle que vous la pouves souhaiter. Monsieur votre fils m'a tout Tai^ d'être bientôt un des plus jolis officiers de l'armée. Il le serait par sa figure quand il n'aurait que cet avantage ; mais j'ai causé avec lui , et je puis vous garantir qu'il raisonne de tout parfaitement. Où preniez-vous donc, s'il vous plait, qu'il avait l'air un peu ty>p page? Je n'ai rien vu de plus sensé. En un mot, Madame, si son frère , comme on me l'assure , ne lui cède en rien pour le mérite , vous êtes heureuse entre toutes les mères. Je vous parle le langage de l'évangile ; ainsi je pense que vous me croirez.
Quant au général , l'empereur sait l'occuper si bien , qu'il n'aura de long-temps le temps d'être malade. C'est une chose qui nous étonne tous , que sa tête et sa santé résistent à tant d'affaires. Cependant il trouve des forces pour tout. On ne sait vraiment quand il dort, et l'heure de ses repas n'est guère plus réglée que celle de
son sommeil. Arec tout cela , Madame , il se porte mieux que jamais, et n'a sûrement rien à désirer, sinon d'être plus prés de TOUS.
Ces renseignements authentiques , tenant d'un témoin oculaire et digne de foi , ne tous déplairont pas , je crois; Yoilà par où je me flatte de tous faire agréer' ce griffonnage. A mon arrivée ici je me suis d'abord mis fort bien avec le général, en lui donnant de tous, Bladame, des nouyelles exactes, récentes et satisfaisantes^ sans me yanter, puisque je tous ai vue bien mieux qu'il ne tous avait laissée. L'idée m'est venue de vous faire ma cour par le même moyen, en vous marquant fidèle^ ment l'état où se trouvent deux personnes qui vous sont si chères. '
A présent , votre bonté ordinaire fera que vous serez bien aise d'apprendre où en sont mes a£bires. Voua savez , Madame , que le général Songis s'en est allé , que M. de Lariboissiére le remplace dans le commandement de l'artillerie de l'armée. Je crois en vérité que c'est moi qui ai arrangé tout cela. L'empereur n'eût pas £dt autrement s'il n'eût songé qu'à m'obliger. En arrivant je suis allé droit au général, sans même savoir que l'autre fût parti. Le lendemain mon affaire fut présentée à l'empereur, qui s'avisa de demander ce que c'était que ce chef d'escadron , et pourquoi il avait quitté. Le général répon* dit comme il fallait, sans blesser la vanité. Bref, la con« clnsion fut que je reprendrais sur-le-champ du service. U n'y manque plus que je ne sais quel décret que doivent
faire *oeiU[ qui leb font, efi puis H aigoalure , et me voilà ea pied. Vous éîimi-Je maintenant, ISadame , ma penaée toat natarellement ? J'aimais M. de Lariboièaière par une ancienne imdiDatîon ^ qni commença dèa que je le connus (outre Tèstlme q^ae personne ne peut lai rafîuer). Maittttnant la reconnaissante s'j joiàt, etai cal «ttach»^ mant d^oia officier à son chef &it qaehfie dioaa an ter- TÎoè, il n'y aura point dans l'annëe d'officier qni serre mieuie qaè tboî.
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Courier, qui s*ëtait flatté de rester pendant todte k campagne attaché au général de Laiîboissièrey fut fort désappointé cH reèevant f ordre dé papier au quatrième oarps d'armée. Il lijaigniaetpettdattt daai tlle de Loban, et fut emplojé anx hatteciai q*i tirèrent» le 4 foillet, pour protéger le passage diaDanàba; il donna hiintoéme , dans une lettre du 5 septem» bre i8io qu'on trouvera d-apréi, le détail de ce qui lui ar* ri¥a à cette occasion.
Apcés la yictoire de Wagram il regarda la guerre comme terminée; et ne se croyant pas de nouveau engagé au service militaire par ce qui s'était passé depuis que sa démission avait été acceptée, il quitta l'armée et arriva i Strasbourg le i5 juillet.
A niADAniE DIONIGI ,
A ROME
Strufeeurg, le i$ iuillel 1809.
ÉcKiYES-Hot, Madame , dés qae vous aarez reçu cette lettre , car voilà bien du temps que je n'ai ea de tos nouvelles. J'ai tant couru jusqu'à présent que je ne pouvais vous donner d'adresse certaine ^ maintenant, sans être plus stable , je dépends plus de moi-même , et puis mieux savoir ce que je deviendrai , sauf les hasards ordinaires de la vie. Adressez vos lettres à M. Courier, à Strasbourg, poste restante; elles me parviendront, quelque part que je sois , et je serai en Suisse , selon toute apparence. Je vais là pour fuir la rage de la canicule , eoî me tappro^ chant de vous. Je passerai dans ces montagnes tout Te temps des chaleurs. J'en descendrai au mois d'octobre. Alors il fera bon chez vous, et j'irai vous voir, non pas seulement cet hiver, mais tous les hivers. C'était là mon ancien projet, mon plus beau château en Espagne, et le plas cher de mes rêves , que rien ne m'empêche aujourd'hui de réaliser.
Ma dernière lettre à vous était, je crois, de Milan. J'ai toujours voyagé depuis. J'ai traversé en plus d'un^ sens la France et l'Allemagne. J'arrive maintenant de
Vienne. JTai vu de prés les grands événements , et j'ai â TOUS faire des récits sans fin , quand nous noas reverrons, s'entend ; car de vous en écrire seulement la dixième partie, mille plumes n'y suffiraient pas.
S'il y avait quelque chose que je pusse espérer de M. Amati , je le prierais d'achever enfin le petit travail dont il s^est chargé pour moi (i) , et de l'avoir prêt pour le temps de mon arrivée à Rome. Je sens bien qu'il me le promettra sans la moindre difficulté, mais je sais aussi le fonds qu'on peut faire sur ses promesses. Vous, Bla^ dame , qui devez avoir quelque crédit sur son esprit , mélez-vous un peu de cette affaire, et obtenez de lui qu'il remplisse ses engagements , sans quoi je vois bien qu'il y faut renoncer.
Je fînis comme j'ai commencé , en vous priant de m'écrire. C'est pour cela seul que je vous écrift , moi; car je suis sûrement le plus paresseux de tous vos correspondants, et vous n'auriez guère de me3 nouvelles si je pouvais me passer des vôtres.
A n. D'AGINCOURT,
A ROME
Zurich , le aS juillet 1809.
Monsieur , je donnerais tout au naonde pour avoir à cette heure une ligne de tous qui m'assurât seulement que TOUS tous portez bien. Voilà en vérité mille ans que je n'ai eu de vos nouvelles. Vous allez dire que c'est ma faute. Non. Quand je vous aurais écrit , jamais vos ré^ poDses ne m'eussent atteint dans les courses infinies que j'ai faites après être parti de Livourne. C'est de là que je vous adressai , ce me semble , ma dernière lettre. Le seul récit de mes voyages depuis ce temps-là vous fati-guendt. Figurez-vous que si j'ai eu un moment de repos, si je me suis arrêté quelque ])art, c'a toujours été sans l'avoir prévu. Ne pouvant jamais dire un jour où je serai le lendemain , quelle adresse vous aurais-je donnée ? Maintenant je suis libre , ou je crois l'être , c'est tout un,
et je vais devinez où? à Rome. Gela n'est-il pas tout
simple? Débarrassé de mille sottises qui me tiraillaient en tout sens , je reprends aussitôt ma tendance naturelle vers le lieu où vous résidez. Voilà une phrase de physicien que quelque jolie femme prendrait pour de la cajolerie, mais vous, Monsieur, vous savez bien que c'est la^
pure vérité. U est heureux pour moi sans doute que tous habitiez justraaent le pays que je préfère à tout autre ; mais fussiez'YOus en Sibérie , dès que je me sens libre , j'irais droit â vous.
J'ai dû TOUS marquer, si tant est que je tous aie écrit de Milan , comme arrivé là je quittai sagement mon vilain métier. Biais i Paris, un hasard,, la rencontre d'un homme que je croyais mon ami ,
^^uelqiie diable «umi me pousMUt ,
je partis pour l'armée d'Allemagne , dans le desaeiu ex* travagant de reprendre du service. La fortune m'a mieux traité que je lie méritais , et tont près d'être lié au banc m'a retiré de cette galère. Je vous routerai cela quelque jour. Ce n'est pas matière pour une lettre. Dès que les chaleurs cesseront, je descendrai de mes montagnes pour aller passer l'hiver avec vous. Cependant écrivezmoi , si pieu que vous voudrez , mais écrivez-moi. Deux mots de votre main me seront }ia témoignage de l'état de vos yeux, et suffiront pour m apprendre cwunent voua vous pcnrtez.
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A IMu ET IHADAIIIE THOIIIASSIN ,