A. BI. N
A Plattance ,1e ... mai 1804.
Nous Tenons de faire un empereur, et pour ma part je n'y ai pas nui. Voici l'histoire : Ce matin d'Anthouard nous assemble et nous dit de quoi il s'agissait , mais bonnement, sans préambiile ni péroraison. — Un empereur ou la république , lequel est le'plus de votre goût? comme on dit rôti ou bouilli , iK>tage ou soupe , que voulez-vous ? Sa barangue finie , nous voilà tous à nous regarder, assis en rond. -^ Messieurs, qu'opinez-vous? Pas le mot. Per^
sonne n'ouvre la bouche. Gela dura un quart d'heure ou
plus , et devenait embarrassant pour d'Anthouiffd et pour tout le monde , quand Maire, un jeune bonmie, un lieutenant que tu as pu voir, seiève et dit < S'il veut être empereur qu'il le soit, mais, pour en dire mon avis , je ne le trouve pas bon du tout. — Expliquez-vous , dit le colonel, voulez-vous, ne voulez-vous pas? — Je ne le veux pas! répondit Maire. — A la bonne heure. Nouveau silence. On recommence â s'observer les uns les autres comme des gens qui se voient pour la première fois. Nous y serions encore si je n'eusse pris la parole. Messieurs , dis-je , il me semble , sauf correction , que ceci ne nous regarde pas : la nation veut un empereur, est-ce à nous d'en délibérer? Ce raisonnement parut si fort, si lumineux, si ad rtm que veux-tu, j'entraînai Tas-
semblée. Jamais oratenr n'eut un succès si complet : on se lève , on signe , on s'en ^a joner an billard. Maiie me disait : Ma foi , commandant, vous parlez comme Ciceron : mais pourquoi Toolez-vous donc tant qu'il soit empereur, je TOUS prie? — Pour en finir et faire notre partie de billard. Fallait-il rester là tout le jour? Pourquoi ne le Toulez-Yous pas? — Je ne sais , me dit-il , mais je le croyais fait pour quelque cbose de mieux; Yoili le propos du lieutenant , que je ne trouve point tant sot. En effet i que signifie, dis-moi...., un homme comme lui, Bonaparte, soldat, chef d'armée, le premier capitaine du monde, vouloir qu'on l'appelle majesté? être Bonaparte et se faire sire ! // aspire à deseendrê .- mais non , il croit monter en s'égalant aux rois. Il aime mieux un titre qu'un nom. Pauvre homme , ses idées sont au-dessous de sa fortune. Je m'en doutai quand je le vis donner sa petite sœur a Borghèse , et croire que Borghése lui faisait trop d'honneur.
hà sensation est iaible : on ne sait pas bien encore ce que cela veut dire ; on ne s'en soucie guère, et nous en
parlons peu. Mais les Italiens tu connais Mandelli ,
l'hôte de Demanelli Quésti son saliil fueHi êonvoUf
nn 4ilfiêr$ , un eaprajo di Carsiea chs baha imperaiarê I Poffariddio , ehê easa i neehi dunquê , eamandante , per quêl ehê vedo un Corê» ha coêiraio i Francêsi,
Demanelli (i), je crois, ne fera pas d'assemblée. Il
(i) Colonel d'un régiment d^artillerie ii pied.
envoie les signatures avec l'enthousiasme, le déTOuetûent â la personne , etc.
Voili nos nouvelles ; mande-moi celles du pays où tu es , et comment la force s'est jouée che^ vous. A peu près de même sans doute.
Chacun baise en tremblant la main cpii nous enchatne«
Avec la permission du poète cela est faux. On ne tremble point , on veut de l'argent , et oa ne baise que la.main qui paie.
Ce Césac l'entendait bien mieux , et aussi c'était un autre homme. Il ne prit point de titres usés, mais il fit de son nom même un titre supérieur à celui de roi.
Adieu, nous l'attendons ici.
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