‹ Œuvres complètesChapitre 101 sur 540 · OEUVRES DE CONTUOVEUSE. — DISC. I, MISSION DE PASTEL RS · texte numérisé non relu

OEUVRES DE CONTUOVEUSE. — DISC. I, MISSION DE PASTEL RS

coiiiiuise |>ar lui qn'h coux (iiio nous nommons et reconnaissons a|i<\lres soIom l'iùriliiro. Ce (jui cl(jnne nn nouveau tilre 'i celle M^liso, el la rend non-seulement divine et elirétienne, mais aussi a|iosl(jli(iue. Hue ses a]i6tre> connue il» ont été envoyés, aus.>>i outils établi et envoyé leurs disciples et successeurs par le rond de la terre, el ont seuls reçu ce pouvoir d'aller et d'envoyer par l'univers, (le tjui rend l'Kglise non-seulement divine, clirclienne, apostolique, iuais> aussi eallioln|UC.

Ces titres et qualités nu peuvent Être ignorés de pas un des Chrétiens, car ce sont les jiremiers éléments du christianisme, et ne ]>euvent être Irans-uis à aucune assemblée jiarliculière, que par le canal et conduit de Kl mission cpie Jésus-Christ a reçue de son l'ère, et qu'il a donnée à ses apôtres, et par ses apôtres à son Eglise de siècle en siècle. Tellement que l'Kglise, qui n'est fondée sur celle mission de Jésus Christ, envoyé en ijualilé de Dieu cl d'homme tout ensemble, el envoyant ses apôtres comme il a été envoyé, ain>i qu'il dit en saint Jean (cap. xx) ne peut être ni chrétienne, ni apostolique, ni catholique. Considérez ceci, je vous j»rie, et par ces principes ((jiii ne {teuvent et no doivent vous être suspects, comme étant tirés j'artie de votre conte^sion de foi, et partie i.ïi;s premières maximes de Ja religion chrétienne) jugez à part-vous de l'état et de l'autorité de v )tre Eglise, el apprenez désormais un document bien nécessaire à votre salut, et qui porte un oracle de vérité, el une adresse bien certaine aux dévoyés do co siècle; c'est qu'il n'y a que Dieu seul qui puisse appeler sans être appelé, et envoyer sans êire envoyé, parce qu'il est seul le souverain en son" étal, en une manière incommunicable h tout autre; el tout le reste des hommes est subordonné ci son empire, et sujet ou h son envoi, s'il daigne le communiquer, ou à sa justice el malédiction, si on le viole, el le prévient selon cet oracle ; Malheur à eux ((»arlant des hérétiques) car ils pcrisserit en la contradiction de Coré. {Jud, 11.) Maliieur et menace effroyable, el qui doit percer au vif ceux que cet exemple regarde. Car ceux-ci, Messieurs, nrélendaient 1 esprit de Dieu comme vous le prétendez ; ils vivaient et faisaient profession de la foi commune et publique du judaïsme comme vous faites du christianisme ; ils se tenaient aussi saints que Woise, et s'arrogeaient l'esprit de Dieu, et à leur parti, ainsi que vous vous l'attribuez et à votre Eglise ; ils accusaient les légitimes sacriticaleurs de tyrannie, comme vous accusez nos pasteurs;" ils voulaient entrer en l'cHice de sacrilicalure comme vous voulez entrer en l'autorité pastorale vous cherchez encore, leur dit Moïse [Num. xvi, 10), l'office de la sacrificalure. Et ils se prétendaient choisis et apfielés de Dieu à celle charge, ainsi que vous prétendez une vocation divine en votre ministère 1 Mais c'étaient eux qui se disaient ainsi appelés, el iJicu ne le disait ['as, ni Moïse son ser-

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vileur; c'éliicnt eux (|ui s'y ingéraient, et Dieu ne les y ajtpelail pa>, ni son serviteur .Moïse.

Et ce mal vous convient aussi bien «pie le-, anahjg'es et similiiudes précédentes. Car c'onI vous ({ui dites que vous avez une vraie et divine vocation, m tcjuiefois vous l'osez penser môme en le disant; mais Dieu n'en rend pas lémoignage, ni son Eglise, s'il y a eu une Eglise au monde 1 >'ous entrez en la chaire et en la charge pastorale, la Bible en main, (pii ne sullit non plus h vous donner la mission, que les encensoirs en la main de Coré pour lui donner la sacrilicalure; car la Bible eij»li(iue el contient, mais elle irappli(jue et ne donne [las les conditions de la mission légitime. El eux toutefois nonobstant leur foi el leur es[)ril de Dieu, leurs encensoirs el leurs prétentions, ont été abîmés ; et comme le ciel s'est une fois ouvert nour faire place à la chute des esorits reuelles à Dieu et à ses anges, aussi la terre s'est une f )is ouverte, pour faire tomber vivants cJedans l'enfer ces personnes rebelles ! Et un apôtre ajoute celle Kienace, 5 cet exemple assez effroyable de soimême : il ajoute, dis-je, cet avcrlisseme.'il parlant aux hérétiques, malheur h eux [Jud. 11), car ils périssent en la contradiciion de Coré 1 Menace et maliieur qui ne regarde I)as seulement les usurpateurs de l'oflice, mais ccux-mêmes qui leur adhèrent, et qui font nombre el part en leur faction el assemblée 1 Car Moïse dit notamment au peufde : Retirez-vous des pavillons de ces méchants (ainsi appçlle-t-il les rebelles et usurpateurs de l'auloritédivine), a^n que vous ne périssiez en tout leur péché! [Num. xy 1,26 ) C'est jjourquoi l'Eglise avertit si soigneusement ses enlanls (et vous donne, Messieurs, le même enseignement pour votre salut) de ne se point associer aux assemblées rebelles. Car encore qu'on n'ait point commencé ce divorce, il suffit d'y être enveloppé [lour y périr. Or, nous voyons en saint Paul une règle générale el absolue, une rè^le d'état et d'oltice en l'Eglise de Dieu, qui porte une marque infaillible d'aitenlat cl de schisme oiî elle manque; règle, dis-je, sans exception, car elle enclôt Jésus-Christ môme, comme nous dirons ailleurs, bien qu'il soit le chef el le pasteur des hommes el des anges, et qu'il mérite bien être exempt des règles générales de l'Ei-riture, si aucun le peut prétendre. Nemo (dit saint Paul hautement et absolument. [Ueir. v, i]i, nemo, dis-je, sans exception, assumit sibi honorem ; sed qui VQ~ calur a Deo lanquam Aaron.Que si, en suite de cette règle sans exception, nous sondons el recherchons les saintes Ecritures, .nous trouverons même la mission de Jésus-Christ rapportée en icelles, et présentée par luimême en la Synagogue en saint Luc.

Car il n'a pas dédaigné de rendre compte de sa mission, et il n'a pas suivi le style et la raison de l'adversaire, fuyant ici de rendre compte de la sienne, el il n'a pas sommé les sacriûcaleurs de lui rendre compte de la leur auj'aravant ; mais il l'a déclarée

e* confirmée et par les Ecritures et par miracles, substituant sa mission à celle de la Synagogue, et se co^-^tituant la base et le fondement de la mission fondamentale de son Eglise ; en sorte que comme le sacerdoce d'Aaron a duré jusqu'à Jésus-Christ selon ses paroles en parlant des pharisiens : Ils sont assis sur la chaire de Moïse. [Matlh. xxiii, 2.) Aussi le sacerdoce ei la mission de Jésus-Christ, doit durer sans interruption et sans ressource jusqu'à la tin du monde , quoique dise cet article 31, sans texte et sans autorité.

XXI. Mais poursuivons et continuons plus outre à feuilleter les saintes lettres, laissant à les examiner plus amplement ci-après, et voyons le progrès et la suite depuis Jésus- Christ jusqu'à nous. Et vous trouverez en saint Jean ces paroles mémorables, que le Sauveur dit à ses apôtres afirès sa résurrection : Comme mon Père (dit-il) m'a envoyé, je vous envoie [Joan. xx, 21) : Voilà la mission des a[)ôlres. Puis vous rencontrerez saint Paul, disant à son disciple Timothée (// Tim. i, 6) : Ressuscite la grâce du Saint-Esprit, qui est en toi par l'imposition des mains: Voilà la mission des disciiiles dos aj ôlres. Et passant plus outre, vous trouverez le même Apôtre écrivant ces paroles : Pour cette cause , je t'ai laissé en Crète, afin que tu donnes ordre à ce qui drfuut, et que tu constitues des prélres de ville en ville, ainsi que je te l'ai ordonne. [Tit. i, 5.) Voilà la mission des disciples des disciples des a|iôtres. Et par ainsi, voilà l'état de l'Eglise conduit jusqu'au dernier point, dont le narré des Ecritures nous peut instruire, et il ne reste l)lus qu'à suivre et continuer le fil de sa mission dans les annales ecclésiastiques, si vous le voulez, et vous faire voir dans les écrits des Pères, comme ils ont déduit et Fapporlé cette succession jusqu'à leur siècle, et l'ont transmis à la postérité. Car ils S9 sont aidés en leur tem|)s de ce moyen, aussi bien que nous, et aux mÔH)cs fins que nous faisons en ce siècle; et ils l'ont emjiloyé à deux usages, savoir est, quelquefois à détruire la doctrine de ceux, qui étant destitués de l'autorité du ministère, entreprenaient de faire des congrégations ecclésiastiques; et quelquefois [)uur prouver l'unité et consanguinité (comme parle Tertullien) de la doctrine ecclésiastique avec celle des apôtres , comme étant dérivées d'un môme principe par le cotvduit de la succession personnelle.

Saint XvénéG {Aclv.hœres.,\. m, c. 3) après avoir raconté la suite des évè(]ues de Rome jusqu'à son temps : « Par cette ordination, «lit-il, et cette succession, la tradition des apôtres en l'Eglise, et la [)rédication de la vérité est parvenue jusqu'à nous; et c'est une très-paifaite démonstration que la foi vivifiante , qui a été jusqu'ici conservée et baillée de main en main en l'E-

(53) Disons, en iioirc siècle, qu.lqucs Luthériens Cl calvinistes.

(54) Si ces propos ont force pour quatre cents ans, to:ui)U;n plus pour seizo cent:} ans.

glise depuis les apôtres, est une et même. »

Tertullien au liv. des Prescriptions: «Soit ainsi, » dit-il, « que toutes les Eglises aient erré, que le Saint-Esprit n'en ait regardé pas une, qu'il ait méprisé son ofiîce, laissant cependant les Eglises entendre autrement, croire autrement qu'il n'était prêché par les afiutres; est-il vraisemblal)le que tant et de si grandes Eglises aient erré conformément en une même dépravation de la foi? » Et un peu à après : « La vérité donc attendait quelques niarcionites et quehjues valentiniens (33) pour être délivrée de captivité. Cependant on évangélisait mal, on croyait mal, tant de milliers ont été mal baptisés, tant d'œuvres de fn foi mal administrés, tant de vertus et de miracles mal opérés, tant de sacerdoees et de ministères mal exercés, tant de martyres finalement mal couronnés. »

Saint Athanase {De décret. Nicen. syn.) : « Voilà nous avons montré, quant à nous, que celte doctrine a été baillée des Pères aux Pères, comme par tradition manuelle. A'ous autres nouveaux Juifs et enfants de Cai[)he, quels pères et ancêtres démontrerezvous de vos locutions? »

Saint Grégoire de Nazianze (epist. 2, Ad. Clément.) : « Si la foi a commencé seulement dejiuis trente ans, vu qu'il y a plus de quatre cents ans que Jésus-Christ a été manifesté; certes, notre Evangile en tant île temps a été vain, et notre foi vaine ; et ceux. qui ont porté témoignage ont en vain témoigné, en vain tant de si grands prélats ont présidé sur le peuple (34). »

Saint Pacien, en la troisième éj)ître contre les Novatians : « Novatianus, dit-il, a-t-il eu le don des langues? a-t il prophétisé? a-t-il ressuscité des morts? car il devait avoir quelqu'une de ces choses jiour introduire un nouvel Evangile (35). » Et un peu après : « Novatianus, répondrez-vous, l'a ainsi entendu, mais Jésus-Christ l'a ainsi enseigné. Quoi donc, depuis Jésus -Christ jusqu'à l'empire de Décius il n'y a eu personne d'intelligent? » Et vers la fin de la même épître : « Or prenez ganle maintenant pour savoir si celle-là est édifiée sur les fontlements des pro[)hèles et des apôtres, dérivant son origine de la pierre angulaire, qui est Jésus- Christ ; si elle a commencé devant vous, si. elle a cru devant vous, si elle ne s'est p.oint retirée de ses premiers fondements, si elle n'a point passé d'un parti à un autre, si elle ne s'est point séparée du reste du corps, se constituant ses propres docteurs et ses [)ropres enseignements. Au contraire, si elle a inférddes conclusions inaccoutumées, si elle a trouvé quelque droit de nouvelle introduction, si elle a signifié le divorce de la jiaix à son corps; alors (|u'elle soit réputée tout à fait s'être déjjartie de Jésus-Christ, et (■Are hors du fondement des prophètes et, ajiôtres (3G). »

Saint Epiphane {Inhœrcs.Aer.) : «Qui doit

(ôo) C'est la Micnie demande que nous faisons aux liéréiiques de notre temps.

(5()) Voilà l'arrèl prononcé contre nos advcrsai-. ros plus de douze cents ans avant leur naissauccv

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