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OKIVRES DK CONTROVF.IISF. — bISC. I, MISSION DES l'ASTKLUS.
mieui savoir ces choses, ou cel hommu <j|)us6 ijiii o<t «MK ore viv.'iiil au inonde, ou leiii (\n\ ont àlv. lénioins devaiil nous, lesiiucls ont «'U l.'i liatlilion iirùcédcnle do l'K- ^li>e, l'ciyrtnl a|»|iriso do leurs pères, «jui l'avaient eiix-ni<^ines apprise do leurs pures, selon la manière dont l'I-lgliso conserve la vraie foi et les Ir.'niilioiis dérivées de ses Pères jus(iu'h ni.'Mnlcn.iiil. «
Saint Augustin, sur saint Jran, traité 37 : « l.a foi callioli.iue, dil-ii, descendue de la dorlrino îles apAtres, plantée et reçue en n >us par la suite de la succession, et (jui doit ôlre Iransudsc pure à ceux qui viendront après nous, a conservé la vériié entre l'une et l'auire erreur, u Kt au premier livre contre Julien (télagien, après avoir allégué im ijrand munlire de Pères : « ('e (ju'ils ont, dit-il, trouvé en l'Kglisc, ils l'ont tenu; ee qu'ils ont api>ris, ils l'ont enseigné ; ce (pTils ont reçu de leurs pères, ils l'ont baillé à leurs enlants. » Kt un peu après : « Sous tels plantateurs, arroseurs, édilicaieurs, pasteurs et nourriciers, l'Kglise, depuis les apôtres, a pris son accroissement. »
Le mùme saint Irénéo sus-allégué, au liv. IV, cliap. 'i3 : « Il faut obéir, dil-il, aux prélats (jui sont en l'Eglise, (|ui ont la succession des apôtres , comme nous avons montré; «jui avec la succession de lépisco- I al ont reçu le talent certain de la vérité, selon le bon vouloir du Père, lit les autres, qui sont hors de la succession originaire, en quelque partie que ce soit qu'ils fassent leurs congrégations, les avoir [)0ur suspect, ou comme héréticjues de mauvaise doctrine, ou connue schismalicjues et rebelles. »
Tertullien, au liv. des Prescriptions:
« Que leshéréliciues produisent les oriijines de leurs Eglises, qu'ils déduisent l'ordre de leurs évoques, si bien dérivé de son principe par les successions, que le premier évoque ait eu quelqu'un des apôtres, ou des disciples des apôties, qui ioutefois aient persévéré avec les apôtres , pour prédécesseur. Car ain^i les Eglises apostoli(jues vérilient leur généalogie; connue l'Eglise de Sm) me }»roduil Polycarpe établi par Jean ; et celle de Koaie Clément, ordonné par Pierre. »
Saint Cyprien, au 'ivre De l'unité de CEglise : « ï)e là ont leur être, dit-il, ceui qui d'eux-mêmes et sans commission de Dieu, usurpent la prélalure parmi certains assistants témérairement ramassé"^, qui se çoriSlituent pasteurs sans aucune légitime ordination, qui prennent le titre d'évèque, pert^onne ne leur ayant conféré répisco[iat : hommes que le Saint-Es|.rit note par la bouche du P>almiste, assis en la chaire de pestilence, pestes et ruines de la foi. a
0|>lat Milevilain, au deuxième livre contre Parmenien, évèque des donatisles ue Carlhage :« Rendez-nous , dit-il, maintenant com|)te de l'origine de votre chaire, vous autres qui voulez vous attribuer le litre de la sainte Eglise. »
Saint Jérôme {contre Lucifer) : « Il faut, » <lil-il, « demeurer en celle Eg'i.se, laquelle
a^anl élé fondée des apôtres, dure jusqu'à cejr)urd'hui. » Et au traité contre les Luciiériens : « ,\vec riiomme, «dit-il , « est périe aussi la secte, pane (pie n'étant rpie diacre, il n'a |)u ordonner aucun (1ère après soi. Or, c(dle-là n'est point l'Eglise, qui n'a poinl de prêtres. »
Saint Augustin ou Psal. contre la part d« Donat : « Compte/, les prélats jusque depuis le siège de saint l'ierre, et en cel or<lre-là des P('res, voyez ipii sont ceux (pii ont succédé les uns aux autres, ("est la pierre, (jue les superbes portes d'Jùiler ne surmontent point, n
X\I1. Ouand je vois celte suite et succession de personnes envoyées de la pail de Dieu, et envoyani les autres defmis Je» sus-Chrisl jnscju'à ce siècle, comme si, par ce moye.i, ou nous remontions jus(pi'à lui , ou il (lescendait jusfju'à nous en la communication de ses grâces dans son Eglise, il me semble qu(! c'ct une cliaine divine (pii, d'un bout , touche la terre, et de l'autre lu ciel, et joint les hommes avec Dieu en l'opération de noire saint; et que le [tremier chaînon, c'est Jésus-Christ conjoint à Dieu son Père en la mission qu'il a reçue de lui, cl les derniers sont les pasteurs ordinaires d'âge en âge, qui ont reçu le pouvoir de lui pour nous tirer au ciel, et lui sont conjoinis par Fentre-deux des pasteurs f)récédenis , auxquels ils sont liés et associés |!ar la suite, déjiendance et subordination mutuelle des uns substitués successivement aux autres. Et il me semble que je vois en cette liaison d'autoriié divine, depuis le Sauveur jusqu'à nous, cette chaîne dorée descendue de Dieu , dont les (>oëtes , qui étaient les prophètes des païens, ont tant parlé, si toutefois il est permis de tirer lumière des profanes.
Ou pour parler plus religieusement et saintement de choses si divines, et pour ne mesurer Dieu que par soi-même, je puis dire que je vois un grand rapport entre l.nuteur (Je la nature, et l'auteur de la grâce, c'est-à-dire entre Dieu créant le monde matériel et'sensible, et lui-mêuie formant lEglise dedans ce monde, comme une leno nouvelle, et comme un nouveau monde. Car comme il lui a plu de faire un Adam en l'u-» nivers, et ordonner (pie tous les hommes tirent leur naissance, n<)n de Dieu immédiatement, (jui est le [iremier père, ni d'.\dam aussi seul, qui esl le premier homme , père de tous les hommes ; mais et de Dieu et d'Adam : et ce par le moyen de la génération de tous les hommes qui nous ont précédés en l'être, et devancé en droite ligne depuis Adam jus(iu'à un chacun de nous, sans vouloir ilonner à la nature humaine une autre nouvelle ressource, non pas même au déluge et en l'excès de sa fureur embrasée contre le monde; tant il est ferme et constant à établir et conserver l'unité et la continuité de l'unique et premier principe qu'il a donné à l'homme en son état et ea sa vie naturelle.
Aussi a-t-il plu à Dieu, faisant ce noi|-;
veau monde, que nous a[)pelons l'Eglise, de faire un Adam en celte Eglise, c'est-à-dire son Fils, formé extraordinairement de sa main, comme Adam; mais tiré toutefois de la substance et du corps de la Vierge, comme l'autre avait été tirée de la substance et du corps de la terre ; et il a voulu nous donner ce nouvel Adam pour père, en sorte que tous ses enfants tirent de lui l'être et l'esprit de la foi et du salut, et qu'ils le tirent , non |)as de lui immédiatement, mais de lui par ses apôtres, et par les pasteurs donnés a son Eglise, en l'entre-deux des siècles, depuis son avènement jusqu'à notre âge. Car il ne veut pas faire ce tort à son Fils bienaimé, auquel il prend son bon plaisir, ni permettre cet inconvénient à son Eglise (ne l'ayant pas permis et souffert dans l'état du monde, et d'un Adam terrestre , rebelle et pécheur) qu'il y ait une auire ressource et principe de mission et génération spirituelle de ses enfants, que sa puissance cl autorité |)aternelle et pastorale qu'il est venu établir sur la terre ; ni que jamais elle soit interrompue, quelques déluges en la foi et aux mœurs que nos adversaires imaginent au monde 1 Et c'est j)ourquoi l'Eglise va ainsi observant et racontant les degrés de sa descente et génération spirituelle de Jésus-Christ, par la suite des Pères et des pasteurs qui nous ont précédés. Et comme deux évangéiistes ont pris le soin de raconter la suite des patriarches en la génération de Jésus-Christ; et l'un d'eux en remontant depuis Jésus-Christ jusqii'à Dieu, pour représenter à l'Eglise la descente et la succession de son Messie selon la chair. Ainsi l'Eglise va estimant et supputant les degrés de la généalogie et descente de Jésus-Christ, selon l'esprit, insqnh. nous, par la succession non interrompue; et ce pour autoriser à ses enfants leur naissance et extraction légitime ; pour vérifier les promesses de cette succession portées en l'Ecriture, et pour marquer au front les enfants bâtards que Salan veut introduire et su[)poser au Fils de Dieu en son Eglise , par les hérésies, qui sont sa semence et sa génération.
XXIII. Après ces choses fondées en l'Ecriture,continuées en l'antiquité de l'Eglise, approuvées du sens commun de tous les fidèles: et à un point si fort, si relevé et si nécessaire d'une nécessité absolue (si on ne veut rompre les lois posées en l'Evangile, et si on ne veut être injurieux 5 Jésus- Christ et à son Eglise) ; nos adversaires opposent froidement et faiblement quelques choses. Les uns disent qu'ils sont issus do Jésus-Clirisl par le moyen de notre mission, mais cela ne sert qu'à nous justifier et à les accuser.
1. A nous justifier, dis-je : car ils doutent donc si [leu de notre mission et de noire Eglise, qu'ils veulent mendier et rechercher la leur dedans la nôtre.
(57) 1,0 sieur du Plessis an traité de l'Eglise. (38) Roffnsis, évcque tl c irdiiial , luouiut ci»
2. Et à les accuser. Car ils disent que l'Antéchrist est entré dans cette Eglise, et que le pouvoir de l'Eglise romai-ne est depuis plusieurs siècles es mains de l'Antéchrist. Ils tirent donc leur pouvoir et mission de l'Antéchrist selon leur foi, s'ils lo tirent en notre temps de celte Eglise, selon leur dire; qui est une sorte de mission que jamais l'Ecriture ne donne à l'Eglise; et que nous ne devons i)oint leur débattre ; et qui d'ailleurs est fort inutile à vous sauver, et à leur donner autorité de la part de Jésus-Christ au monde.
3. Môme ce recours à notre mission nous donne un nouveau moyen de les surprendre, comme les accusateurs delà chaste Suzanne en une manifeste contradiction. Car, à leur arrivée, ou l'état de l'Eglise était interrompu, ou il ne l'était pas : s'il ne l'était pas, ils contredisent à leur foi, qui porte en mots exprès : « Que de noire temps l'état de l'Eglise était interrompu.)! (Art. 31.) S'il l'était, ils contredisent à leur réponse, et ils n'ont pas dérivé leur mission de Dieu par la nôtre: car le canal en était intcrromj)u, selon leur créance. Quelques autres, et même un des grands docteurs (37) do leur réformation , recourent aux oies du Capitole, et veulent faire entendre qu'ils ont pu sans mission éveiller le monde, les seulinelles étant endormies. Mais cela n'est bon que pour tirer exemple et mission des oisons, et non pour satisfaire à ceux qui leur demandent exemple et mission des apôtres ; et si bien quelques {lasteurs dorment quelquefois en leuroOice, Dieu a promis qu'il y en aura toujours de veillants et de parlants , et jour eT nuit, afin que son Eglise n'eût besoin du secours et exemple de ces oisons : J'ai ordonné, dit-il en Isaïe (lxh, 6), des gardes sur tes murailles ; tout le jour et toute la nuit continuellement ilsnes.e tairont point. Et quand nos adversaires ont entré en la bergerie , ils ont trouvé, grâce à Dieu, des pasteurs et docteurs, qui ont crié au loup et à l'hérésie, et qui ont donné leur tête, leur vie et leur sang |)0ur leurs ouailles (38). Mais c'est un jugement de Dieu de laisser ces esprits éblouis en leur propre lumière (i)Our n'avoir voulu humblement suivre la lumière de l'Ecriture et de l'Eglise), être frappés d'aveuglement en un point si sensible, si manifeste et si nécessaire, et aller recherchant à tâtons dedans le Capitole et dedans Rome païenne , ce (ju'ils ne veulent pas trouver ni rechercher dedans llome chrétienne.
Quelquefois et spécialement entre eux, ils se disent secrètement (|ue c'est un point de chicanerie, et qu'il ne s'y faut arrêter. Mais c'est le Fils de Dieu et ses apôtres qui ont a[)pris aux Chrétiens celte chicanerie, et les ont obligés de jorendre garde à celte voie comme à un moyen court, facile et assuré pour ne flotter à tous les vents de dochine^
Aiig'elorio pour 1j foi, i i aulrci.
()::uvaES de controversk. - nisc. i. mission des pasteirs.
pour uVlrr en proie à la piprrie des hommes vt à leur r-:isc à caiilelettsvment séduire. {F.phrs. IV, IV.) lit p.itlniil, MOUS opposons g(''ii<'r/ili'tiuMil i» cos choses, une fois ((our toiilos, rant<tril(^, la n(^i'('ssilé, l.i diviiiilù ol Irt perpétuité do In ituissnnre et de la tnission lie Jésus-Christ jinr ses npôlrcs, en son Kglise, sans exception, sans interruption quelconniie. Nécessité qiie nous vijulons vous déduire et représenter S(jniniairenienl j nr les arlich-s suivants, et (pie nous vouons (pour plus gramle assurance de vos esprits) apprendre et puiser dans le conseil de la sainio Trinité, comme en sa source, jiour la dériver cl conduire en l'étal do l'Kgliso.
\\IV, Les anciens traitant de Dieu cl do ses œuvres, font diiïérence do deux mondes, appelant l'un le monde matériel cl sensible, cl l'autre le monde intelligible et archétype, par leipie! ils entendent la divinité, qui est un [tarlait exemplaire de toutes les choses que Dieu a laites et produites hors dcsoi-méme, [»ar lacunlejnpbition et5 l'imilalion de son essence. Ainsi Dieu, sinj^ulier en essence el pluriel en [lersonnes, vo.vanl l'unilé de son être, a voulu créer un monde, el dans ce monde une Kglise, [lour servir de relraile et d'école à ses disciples, de mère et de Inlricc à ses enfants; lui donnant à cet ciïel la pluralité el diversité des minislères dont nous la voyons ornée. El le mémo Dieu contemplant les origines des personnes divines subsistantes en l'unité de son essence, il a vouluqu'il n'y eût point(J'autre source et origine de sa divinité en l'état de l'Eglise, (jue celle de la mission ; car il lui plaît do se communiquer en terre par sa grûce aux fonctions et ministères ecclésiastiques; et il veut que la mission tienne entre les hommes le môme rang que la procession aux personnes divines, desquelles, selon saint Augustin, ces deux termes de mission el de procession disent une même chose. Tellement que comme après le Père de lumière, duquel descend et procède toute lumière créée el incréée, selon ra[)ùtre, il n'y a aucune personne subsistante en la très-sainte Trinité, que par la voie de la procession ; aussi n'y a-l-il aucune fonction divine el subsistanle en l'Eglise de Dieu pour le salut des hommes, que par la mission. Et tout ainsi que Jes deux personnes divines, du Fils et du Saint- Esprit, n'ont le pouvoir de se communiquer à d'autres, soit par grâce, soit par hyposl?.se,que par leur mission, et ne par.iissent dedans le monde que par une mission [)récédenle (car il est porté CAns les écritures que le Fils ne vient en terre jiour s'incarner, que par l'envoi du Père; et le Sainl-Espril ne descend sur les apôtres que par l'envoi du Fils); aussi en l'Eglise de Dieu, qui est l'image vive de la divine essence et l'ouvrage de la très-sainte Trinité, pas un n'y peut paraître ni prétendre le pouvoir de communiquer celte divinité par grdce, qui se communique par origine aux personnes divines, (jue par la voie de la mission, qui a droit au ciel et on la terre d'être le prin-
cipe et l'origine de la divinité, la semence des enfants de Dieu, la source de ses grâces, el l'nniqiK? moyen c(jnnnunicatif de son essence, tant au ciel el au conclave de la sainte Trinité, s'il est permis d'ainsi parler, comme en la terre et au cham[) de l'EgliK*.
Les anges ne font rien en terre que pur la mission. — Dt; là vient que les anges, «jui sont les premiers el plus nobles esprits issus de la [.nissance divine, el les plus vives images de son esseme, rpii contemplent et adorent incessamment cette admirable 'Trinité, n'entreprennent do rien faire en l'Eglise (pn; par la mission, fjuelqucs prééminences qu ils aient par-dessus les hommes, cl fpielqiies degrés di; nature élevée, dogrâce parfaite et de gloire accoiiqilie (pj'ils nient en eux-mêmes; car tous, selon saint Paul (Hrhr. I, IV), soit chérubins, soit serajihiiis, sont esprits envoyés [)0ur l'amour de ceux (pii ont part à l'héritage de salut. Beaucoup moins donc entre les hommes, y aura-t-il des hommes, ni qui puissent, ni cpii doivent entreprendre des cl/jrges sans commission. Car il est aussi facile à Dieu de pourvoir aux nécessités de son Eglise par la mission ilt'S hommes que par la mission des anges, s'il la veut secourir. Et s'il ne le veut, il n'y a aucun effort ni d'anges, ni d'hommes mortels, qui puissent lien 0[iérer ni avancer au bien et au salut du monde.
Le Fils de Dieu n'a rien fait nu mond'; que par la mission. — Môme le Fils unique do Dieu, chef des hommes et des anges, auquel appartient le soin et la puissance d'opérer le salut privativement h tout autre, n'est venu au monde pour y annoncer sa doctrine, et y faire rolfice de souverain pasteur, que [»ar la mission de son Père, alléguée par lui-même en saint Luc (iv, 18.) Spiritus Domini super me, eo qucd unxerii me : Evanqelizare pauperibus misit me, etc. Et aux Hébreux (v, o), il esl dit notamment, que Christus non semetipsum clarificavit ut pontifex fierei : sed qui dixit ad eum; Filius meus es tu. C'est-à-dire (jue le Sauveur ne s'est point glorifié et élevé soi-même en cette qualité, mais celui-là l'a gloriiié, et l'y a a(»i»elé, qui lui a dit en sa naissance: C'est toi qui es mon Fils; aujourd fiui je t'ai engendré. Ce qui a donné sujet à saint Paul llJebr. m, 1) d'apiieler Jésus-Christ Apostolum el pontificem confessionis nostrœ, c'està-dire l'envoyé et le Souverain Pontife de notre profession, car i! a ce [rivilége d'être le seul envoyé immédialenient de son Père, el ses apôtres immédiaiemeiit de lui; tous les autres étant envoyés de lui |>ar ses apôtres, et du Père j)ar lui. Or celle mission qne Notre-Seigneur a reçue de son Père, est de telle importance, que c'est la base et le fondement de la religion chrétienne, et comme le vrai cimenl de l'élai du Fils de Dieu, qui nous unit tous à lui en la créance que nous avons de son envoi, comme elle unit le Fils de Dieu h son Père en l'ouvrag '■ de notre salut. Tellement que comme* la loi judaïque était bâtie sur la mission de Moïse;
ŒUVRES COMPLKTES DU CARDINAL DE BERÎLLE.
aussi la loi chrétienne est bâtie sur celte mission de Jésus-Christ, de laquelle il est dit au Dcutéronome (x.vih, 18) Prophclam suscitabo similem tai, ipsuin audies. El la loi que nous avons de celte sienne mission, est de tel poids et conséiiuence à notre bien, que c'est Torii^ine de nMtre juslilication, le sommaire de noire foi, la cause et la raison formelle de notre créance, et le premier commandement de la religion chrétienne rapporté en ce texte préallégué et réitéré eu l'Evangile : Ipsum uiidite {Matth. xvii, 5); cl l'obéissance que nous rendons à ce i)remier commandement, est le i)reraier moyen (jui nous rétablit en la grâce et bienveillance de Dieu, perdue par le i)éché de notre premier père.
Et de faitNotrfe-Seigheur, en la prière qu'il fait à Dieu son Pèie en la lin de ses jours, ne lui représente en faveur de ses apùties, que celle créance qu'ils avaient eue de sa mission, comme étant un chef principal et un [)oint important à les rendre reconnuandabicsà sa divinité, et à les faire dignes de sa protection patern Ile en ce sien dé[>art : Co^/noverunt, i\'\l-i\ en sainlJean (xvii, 8), ç.j/a a te exivi, et crediderunt quia tu me viisisci, ef dans le même texte en continuant ce discours avec son Père au dernier de ses jours et en la plus chère de ses heures, et comme lui rendant compte de sa venue et de sa légation en la terre avant de partir, il réduit l'état de ses affaires en ce |)Oint, et comprend le tout en ces \)âro\es : Sicut tu me inisisti et ego misi eos {Ibid , 18); où il faut remarquer que non-seulement il envoie ses apôtres, et non-seulement il pose et affermit l'autorité de leur [)réJicaUon sur l'autorité de la mission qu'ils reçoivent de lui ; mais il les envoie comme il a été envoyé, c'est-à-dire, pour peser dignement les paroles de celui qui est l'oracle du ciel et de la terre, et duquel les mots et les syllal>es sont autant de mystères; et pour déployer le sens caché en ce, sicut^ et en cette relation, subslitution et similitude, de l'envoi des dis(i[)les à l'envoi du Maîire, il fonde notamujcnt leur mission sur la mission propre qu'il a reçue de Dieu son Père, qui est un point digne de grande considération. Car comme il n'a point l'être et la vie en la divinité, de soi, mais de son Père; aussi n'exercc-t-il en l'Eglise aucune fonction que de la })art de son Père, et ne vent pas qu'aucuîie action sienne, et en particulier celte mission de ses apôtres, subsiste par son seul pouvoir; mais il la réfère jusques à son Père, et l'établit sur la mission même qu'il a reçue de lui. Aussi répète-t-il ailleurs celle vérité, connue étant de singulière importance, et dit à ses apôtres en saint Jean (xx, 21), ce qu'il avait dit d'eux ici à son Père en saint Jean (xvu, 18) : Commcmon Père m'a e7ivoi/e, ainsi aussi je vous envoie. D'où je lire d'abondant, qu'il les envoie avec puissance, non-seulement d'enseigner, mais aussi d'envoyer de sa part leurs (iiscijiles; car il a été envoyé par son Père avec pouvoir non- seulement de
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prêcher, mais aussi de les envoyereux-mêraes. • XXV. Or, il faut encore ici observer uu autre rapport et similitude, qui porte cette loi et conséquence infaillible, que nul ne sera désormais envoyé par lui, s'il n'est envoyé [)ar ses apôtres; comme nul n'est envoyé du Père, que par le moyen du Fils ; car il n'y a que Dieu le Père, qui envoie sans être envoyé : et n'y a que le Fils, qui soit le seul envoyé du seul Père, non pas même la troisième personne de la divin lé, c'est-à-dire le Saint-Esprit, lequel est lellemint envoyé par le Père en l'Eglise, que le Fils o] ère conjointement avec lui celle mission du Sainl-Esprit, et qu'elle s'accomplit par son pouvoir et autorité, à raison de laquelle il dit ces mots en saint Jean (xv, 3G) : Le paraclet que je vous enverrai de par mon Père. , Recueillons donc de cette divine semence de la parole de Jésus-Christ, envoyant ses apôtres comme il a été envoyé ; que comme le Fils de Dieu est tellement envoyé du Père, que nul n'est envoyé que |)ar lui, non pas même le Saint-Esprit; aus>i les apôlres son» tellement envoyés de Jésus-Chrisl, que nul n'est envoyé que par eux, ou par ceui qui représentent leur autorité, non pas môme ceux (\ue la vocation extraordinaire a présentés, et qui ontétéimméJiatement envoyés du Sainl-Esprit, ei ce pour accomplir de tout point celle divine |)arole : Comme mon Père nCa envcyé, ainsi aussi je vous envoie. [Joan. XX, 21. j Et pour suivre ce divin rapport, que comme le Saint-Esprit est envoyé de la part du Fils; ainsi ceux qui soiit envoyés de la part du Saint-Esprit immédiatement, sont aussi conjointement envoyés de Ici [)art des apôtres et de leurs successeurs, que le Fils de Dieu qui envoie le Sâint- Ésprit a établis et envoyés au monde. Ce cjui est si véritable et absolu, qu'il se véritie même en la personne de saint Paul, duquel la vocation étant au-si extraordinaire que sa conversion est miraculeuse, il a néanmoins nasse par l'imposition des mains et pflr le ministère de l'Flglise. De l'Eglise, disje (car cela est à remarquer) et non des apôtres ; mais d'une Eglise en laquelle il n'y avait lors aucun apôtre, selon que porte celle histoire des ^c/('5, tant il a plû au Saint- Esprit conducteur de l'Eglise, assujettir ses œuvres et ses vocations exliaordinaires à celte même Eglise.
El toulefois les prétendus réformés de ce siècle, qui soutient les Ecritures par l'instinct du Saint-Esjjrit, ce disent-ils, ne fondent el ne remarquent point ces ch ses que le Saint-Esprit a insérées dans les Ecritures, et n'ajustent point le bâtiment de leur Eglise dressée de nouveau, selon ces belles règles et m;iximes, encore qu'ils ne puissent prétendre une vocation autant extraordinaire que celle de saint Paul. Et si (juclques-uns d'entre eux remarquent cette vérité, ne sont-il [)as obligés de porter la sentence de condamnation contre eux-mêmes, avant que le juge éternel la prononce? ce (jui m'étonne, de voir que les auteurs d j leur disci}»linc ecclésiastique , (part, m»
OELVIIKS DK CONTIIOVKRSK. — DISC. I, MISSJON DES PASTEURS.
c. -2), «ioiil ohservé co iiiGiiio poinl en la Noc.iliori e'Mnimtliii.'iirc di' sniiil l'aiil, Ims niùiiio (urilsicriniiaKMil Oiicctic (l.iiislcs prciiiicis c'Morls(|(f h'iir allciil.il cl soiilùveineiil j^jùiiL'ral roiiin.' rj'lj^liso, cl aient en le (Voni, (le ra|i|il:(|ncr conlix' vc\\\ (pii violent, et ne révèrent assez leur |>rélcnilu niinislèie, hien t|u"il soit encoie en sa nai.ssan((î et origine, et (jn'il ail {:oninien(é à la vérité d'une façon Tort extraordinaire h l'iivangilc cl h IKylisc.
XW'I. Or, (le ce tcxle et de lont ce discfiars, fondé sur la mission de Jésus-t^luist cl de ses apôtres, concinons maintenant et vlis(Mis, ciuesi le Nerhe éternel, dinpiei rétro ost parole, Cl dn(inel la parole e^l snhstance, e"ebt-h-(iirc, parole subsistante et incréée, (•e néanmoins ne parait et ne subsiste dans le monde (jue jtar la mission, et ne parle ni ne prôi lie sur la terre (jue par la mission, et n'envoie ses ap(>lres (\uo parce (pi'il est premièrement envoyé de s(Mi IV're à cet eifet : A (jui de CCS nouveaux pasicui's et évangélis1.es de ce siècle, apparliendra-t-il denvoyer sans ôtre envoyé? Ce (]ui ne convient pas môme au Fils de Dieu, et ne peut convenir qu'à l'antoclirist et à ceux cpii lui r.'ssemhlent. Kl à (jui d'entre eux convient dra-t-il de prêcher sans être envoyé? <Je (jui ne convient, ni au Fils de Dieu, ni à ses a| (jlres, et ne j;cut appartenir qu'à ceux que Dieu reprend par le prophète en ces termes : Jpsi currebant et non mittebam eos, non lo- (jitcbar ad cos et ipsi prophelabant. (Jer. x\ni, ""II.) Car il ne les argue que de défaut d'envoi, et ne les reprend [tas de ne point parler de lui, mais de ne point [)arler de j arlui.
Il faut certes que vous reconnaissiez do Itonne fui que les premiers instituteurs de voire Eglise en ce siècle, établissent d'euxniôn.es et en eux-mêmes un nouveau principe de mission, qui doit servirde ressource à la mission ordinaire de leur Eglise; et que cette mission est si faihie à l'épreuve, qu ils ne veulent i)as vous |iermeltre de vous en eiKpiérir seulement, et qu'elle ne peut être dérivée de la mission et puissance de Jésus-Christ et de ses apôtres, ni par succession ordinaire, ni par délégation extraordinaire, et qu'ils posent en ce faisant un autre fondement de lEglise que Jésus-Chrisl, et une autre source de l'autorité (Jivine en icelle que la puissance que le Fils do Dieu a reçue de son Père et qu'il a donnée et com mu niquée à ses apôtres selon le texte évangéli(jue(3H*), ensuite et en vertu de laijuelle ils ont été envoyés et l'Evangile a été publié par l'univers ; et <jue par ainsi non-seulement ilss'ari-o^'ont ce que nousavons montré ne pas ap[iartenir même au Fils de Dieu ni à ses apôtres, qui est de prêcher sans être envoyé par autrui ; mais aussi ils ravissent à Jésus-Christ ce qui lui ap|iartient, àsavoir l'unique fondement de son Eglise, ce ({u'ils feignent toutefois lui vouloir conserver si religieusement, lorsqu'au préjudice de sa parole ils ne veulent pas avouer que saint
Pierr(; soit la pierre sur larpiellc après Jésus-Christ et de par Jé>us-("lirist, soit bâtie cette Eglise. Ou au contraire ils se |Mjblient et coiislitueiit eux-mêmes fondement do l'Eglise, et (ce (pii estiiit(dérable) fondement non fondé sur Jé.sus-(>lirist, puis(pie leur mission ne se peut résoudre ni référer jiar les degrés de la succession en celle de Jésus- Christ et de ses anôties. Car ce (jui donne celte belle qualité à noire Sauv(!ur, tant prêchée par les apôtres et les prophètes, d'être la roche vive et la jiierre fondamentale de la maison de Dieu, c'est la procession et la mission (|u'il a re(;ue de.son Père cl que tous les apôtres et pasteurs ont re(;ije de lui , qui le fait être tout ensemble le Fils unique de Dieu en la divinité et l'unique fondement en son Eglise.
XX VIE En quatrième lienrEglisc.en l'assemblée et autorité seule de laquelle vous devez ouïr la parcde de Dieu, recevoir les sacrements et opérer votre salut, nous est dépeinte et ligurée es F^critures tomme un corps, un élat et un royaume, et non [>as comme une simjile académie en laquelle il soit |)ermis à un chacun de discourir selon SOS pensées sur le fait de la religion, parles Fioritures ex|)li(pjées et appliquées à un sens i)articulier. Fille est, dis-je, représentée comme un corps et un corps organii^ue qui a diversité de membres, c'est-ù-dire de ministères et de fonctions exercées jiar un môme esprit de Dieu, mais par »'iiveis organes; ce qui fait dire à saint l»aul (/ Cor. xii, 28 seq.) : Que tous ne sont pas apôlrts, prophètes, pasteurs, ni docteurs, etc.
Aussi est-ce un Etat qui a son pouvoir et son règlement, et un royaume qui a sesmagi>trats et ollicicrs, et parce que c'est un royaume du ciel (car ainsi est-il nommé partout en l'Evangile) aussi a-l-il ses magistrats et ofliciers du ciel et noni>asdela teire, bien qu'il les aie en la terre, et qu'ils exercent leurs ollices en la terre ; car ils les y exercent ])Our le ciel et non pas pour la terre. Et comme ce royaume est du ciel, aussi ses fonctions sont célestes et divines, lier et délier au Ciel, {Matih. x\iii, IS); pardonner el *'€tenir les })éeh(';s avec conséiiuenco de sahu ou de perte éternelle, en saint Jean (xx, 23) ; annoncer do la part de Dieu une doctrine céleste cachée aux sens et à l'esprit humain et juger di s dilTéronts avec tant de crédit et d'autorilé, que quiconque n'aquiescera à ce jugement, Cit déclaré j)ar ariêt du Fils de Dieu pour ethnique et [)ublicain(J/afi/j. xvin, 17) j </ouiY/ner l'Eglise par aulonté du Saint-Esprit {Act. XX, 28); édifier le corps de Jésus- Clirist (£'/>/je5. IV, 12); discerner et reconnaître, et d'un discernement divin et infaillible (liue chacun soit obligé de suivre, sous ]<eine de perdre la foi et la vie éiernelle), quelles sont les Flcriiures dictées du Saint- Esprit, cl quel e^l leur vrai ions es articles de foi nécessaires à salut.
Jiref, coo|)érer au salut des ûmes et dispenser les mystères de Dieu, c'est-à-dire el
(38*) Cala esi vitlii omnis poleslas; cl : EwUes ergo dcccie omnes gcute5.{}!aiilt. xx-.m, 18 seq.)
la doctrine et les sacrements, par le pouvoir qu'il a donné en terre à ses apôtres et à lonrs successeurs en cet oftice. Or ces fonctions ne sont-elles pas si divines et irai)ortanles, qu'elles ne peuvent être attentées sans sacrilège, ni usurpées sans autorité? Kt de fait, saint Paul parlant seulement de l'une de ces fonctions, qui est la prédication , la déclare impossible d'être exercée que par la mission : Quomodo prœdicabiint nisi mittantur [Rom. x, 15), et donne assez à connaître par les pointes de son discours, que la prédication divine et authentique, ne peut non plus être en l'Eglise de Dieu sans la mission, que la foi ne peut être plantée en l'univers, ni dérivée en nos cœurs que par l'ouïe lie la parole de Dieu, qui est sa source, sa base et son fondement. Car a[)rès avoir établi celle maxime générale du salut : Oinnis oui invocaverit nomen Domini salvun crit [Ibid., 13), et après avoir donné entrée à son discours par le dernier effet que la foi opère en nous, qui est de nous sauver; il le conduit par tous les degrés de cette voie salutaire, et l'élève jusqu'au premier principe de la foi et du salut, qui est la mission : Quomodo invocabunt, dit-il, in quem non crediderunl? Quemodo credent ei quem non audierunt ? Quo^ modo audient sine prœdicante ? Quomodo prœdicabiint nisimittantur? {J'bid., I4.)0iiil faut noter aussi que l'apôtre ferme et arrête ce propos et ces demandes en ce point de la mission, comme ayant remonté en iceluy jusqu'au jiremier principe de sa théologie, et que selon sa profondité accoutumée, il nous représente en peu de mots de très-grandes et tiès-nécessaires vérités.
Car, en la substance de ce texte, il comprend en cinq degrés le sommaire de tous les exercices de la religion, et réduit en cinq actions tout l'ouvrage du salut des hommes, en en pro|)Osant trois do la [lartdeccux qui sont appelés, invoquer croire, ouïr, et deux de la part de ceux qui les appellent et attirent au salut, savoir prêcher et être envoyé; et par l'ordre et texture artificieuse de ses paroles, il nous fait reconnaître le histe rapport, la dépendance nécessaire et la liaison parfaite que ses actions divines ont toutes les unes avec les autres, et les hommes avec D.eu par leur ministère; car elles sont tellement liées et enchaînées par ensemble, que comme il est impossible d'invoquer sans foi, et d'avoir la foi sans l'ouïe de la parole; aussi, selon ce dire de saint Paul, il est iml'ossible d'ouïr cette parole sans la voix de celui qui la porte et annonce de la part de Dieu, et de l'annoncer aulhentiquement, sans la puissance et la mission qui est reçue de sa part.
Et comme ses actions sont liées les unes aux autres , aussi elles lient tellement l'homme à Dieu, et Dieu à l'homme (qui est ce à quoi tend la religion par tous ses exercices), que comme par l'invocation l'homme est lié à Dieu lorsqu'il rinvo(jue, et encore plus lonsqu'en rinvo(piant il obtient de lui le salut (qui est le dernier effet de la foi, et lequel établit l'homme en celte union avec
Dieu pour jamais). Aussi, par l'ouïe, le fidèle est conjoint à celui qui lui parle de la part de son Dieu, et ce prédicateur à Dieu (an nom duquel il parle) par sa mission. Tellement que nous voyons comme un cercle parfait en l'accomplissement de ses actions divines, religieuses et chrétiennes, toutes étant dérivées de Dieu par la mission, et toutes terminées en Dieu |)ar le sa'ut et la gloire éternelle à laquelle elles aboutissent comme à leur fin dernière. En somme, si nous remarquons la conclusion de ce texte préallégué: Quomodo prœdicabunt nisi mittantur? [Rorn. x, 15 ) nous apprendrons suflisamment par ce seul oracle de saint Paul que la niission a une inffuence si absolument nécessaire sur les autres actions divines et salutaires qui sont en l'état de l'Eglise, que là où il n'y a point de mission, il s'ensuit infailliblement qu'il n'y a [lersonne qui puisse parler de la part de Dieu; et par conséquent il n'y a point de foi, ni d'invo- (•ation vraie de la divinité, ni de salut.
Car, selon ce discours, comme il a appert, la mission est le dernier point auquel so doit résoudre le salut des fidèles, l'hommage et le service de Dieu, la créance des honmies, la prédication des disciples de notre Sauveur, c'est-à-dire en un mot tout Tétât et l'exercice de la religion chrétienne ; et j)ar ainsi, elle est comme la base et le fondement de la maison de Dieu , le premier ressort de ses œuvres, le premier principe de la foi, et le premier effet émané de la puissance et bonté divine, pour opérer et conduire le salut des hommes jusquesdedans le ciel , sans laquelle, comme les autres actions suivantes ne dérivent pas de Dieu * aussi elles ne conduisent pas à Dieu; car il n'y a rien qui puisse rejoindre et réunir l'homme à son Dieu, duquel il est séparé par le péché, que ce qui procède de Dieu ou originairement, comme les deux personnes divines envoyées et employées i:)ar le Père éternel à cet effet, ou gratuitement comme tout ce qui se voit en 1 ordre de la nature et de la grâce, èlre ap|)li(pié de Dieu, à ce grand et admirable effet de la réunion du genre humain à son premier [)rincipe.
XXVJll. Jevous laisse donc à juger maintenant si c'est un point de chicanerie, et un point qui doive être ou malicieusement décliné, ou considéré légèrement, que celui de la mission, qui est un des plus hauts points do l'Evangile, et même le fondemenide la théologie du Fils de Dieu et de ses ai ôlres : et s'il est tolérable en cette Eglise qui croit et adore la procession et mission des j^ersonnes divines en la sainte Trinité de navoir point la procession et mission des |)ersonnes établies et envoyées de la |)art de Dieu en son ministère ecclésiastique; et s'il est j erm s à ceux qui croient que le Fils éternel de Dieu, secon(Je Personne du paradis, n'intervient à la production du Saint-Esprit qui procède de lui que par le pouvoir qu'il en a reçu de son Père, de croire que les enfants des hommes soit puissants et ca[iobles d'cux-mômos de douer leurs semblables d'un être spiri-
OEUVRES l»E CONTHOVKI\SK. — IHSr. l|. m S\(:î\IHCK DK LV MRSSK.
liicl el divin sans nnrnn pouvoir rcrii du liel , cl (l'élever les lifinirnus (coiniiu' p.'ii le sninl Pierre) h \a |'nriiei|inli()n de h iinluro divine, (|ui se f«il en I Jlglise, Ktsi«-en\ (jiii npinennenl f's f)r.icle.s divins, que le S/iinl-l'isprit, l-l-piil, dis-je, .soiivernin, siihsislanl élerrielli'Micnt et incréé, ne vienl et nopère en l'K^liso de Dieu (j\ie par la mission, doivent se pcrsuailer (pio les esprits des hommes peuvent s'iiilrociuirc dans l'étal de l'K^lise, sans char^'e et sans eoinmission.