DISCOURS
VV SA(.I\II Kl-; l>K L\ MICSSK CKl-ÉHIléEN I.'i:<;i.ISK CnilLTIKNNE.
I. L'homme crt'v ni liiens'cn élunl si'parc ])nr lepnhr, il n pht à Dlrit dressrr l'clnl (le In reliijinn, comme un droit cfcmin pour t'y vumcnrr, et un moijm pnur l'y rfjoindn-. La loi, robrissancc, le sacrement et le sacrifice sont comme les i/ttafre colonnes qui soutiennent l'clat de ta rrlii/ion. — II. Combien (/lie Dieu soit esprit, et ses yrdcrs aussi spirituelles, il lui n plu néanmoins revêtir de corps, srs (jràccs et soi-mcmc encore en la plénitude des temps. Dieu a fonde sur la créance et adoration de ce mystère [(fui est celui de l' Incarnation) une religion (jui doit être (i propi rlion accomplie et divine en toutes ses parties. — III. Jisus- Christ n'a pas aboli le sacerdoce, le sacrement et le sacrifier, non plus que In reliyion, mais cJian<j(^ en mieux. — W . Celte reli- (jion est toute divine, ayant Dieu non-seulement pour objet, mais aussi pour auteur. — V. Puur ce que nous ne sommes pas moins redevables à la souveraineté de Dieu qu'à sa justice, le fils de Dieu établissant cette religion toute di'ine, a voulu être et le prix de notre rachat eti la croix, et l'hostie de notre adoration en Cautel. — \'l. C'est une faible réponse à nos adversaires : que le Fils de Dieu n'a pas dit à son Père en la Cène qu'il faisait un sacrifice. — N II. Les saintes Ecritures nous fiijurant l'étal du Nouveau Testament j nous représentent en icelui tout ce qui concerne un vrai sacrifice. Texte de Malachie, du sacrifice continuel et oblation monde, pesé. — N'Ill. La doctrine de la foi selon les hérétiques mêmes, requiert une instruction domestir/ue , et on ne la peut prendre de son sms particulier, sous ombre de la lecture des Ecritures. Or, cette instruction domestique , qui est la tradition, les condamne en ce point ; les conciles et tes Pères, de qui nous la recevons de main en main, étant contre eux. — IX. La religion chrétienne 7i'a aucun sacrifice sanglant, et pourquoi. — X. La sainte Eucharistie est sacrement et .sacrifice, et ceux qui avouent l'un ne peuvent nier l'autre. — XI. Cela est prouvé par le texte de Malachie et les expositions des Pères sur icelui. bacren.ent est une cérémonie sainte de Dieu à nous : et cela parait en ces paroles que le Eils de Dieu nous dit : Prenez et mangez. Sacrifice est une cérémonie sainte de nous (\ Dieu ; et cela parait en ces autres paroles : Il rendit gi '"-
OFaVRES COMPL. VF. DE BÉRLLLE.
ee<5. — XII. L Ecriture ayant remarqué qu'il prit du pain et qu'il dit : Prenez et mandez , ajoute : ( eil esi mon cor[t5 qui ©si donné, ou, selon saint Paul , rpii e>t IfMiipil pour vous ; et c'est cette parole qui est constitutive de ce mystère. — XIII. Il y a effusion de sang en l'autrl, mais wystXffue et invisible ; ri i Ecriture remarque trois différentes effusions du s'ing tn Jésus - Christ. — Xl\'. Il y a en ce mystère manducation sans digesti(>n,et immolation sans orcision. Ce sacrifier est fmidé sur celui de ta croix: et c'est par celui de la croix que Jésus-Christ est fait victime et Agneau de //iru : et il le prélient en ce dernier souper, faisiivl dès lors oblation de soi-même à Dieu s'tn père en cet état de victime. —W. Des divers noms que l'Eglise a imposés à cette institution de Jésus-( hrist. — \\\. De la firme usitée par l'Eglise en la célébration de ce divin mystère.
Le si'cond point, agité en la dispute du H. P. (ioniier et du sieur du Moulin, est celui du sucrilico quotidien de l'Kglise clirélieniie, eomme l'appelle saint Augustin : sur quoi jo dois vous exposer clnirenieiil la foi de l'Kglise, et prendre ce ftoint en sa source [»our le dériver et conduire en votre Aine.
I. Vous avez donc à savoir que Dieu a fait riiomme et toutes ses créatures en soimôuie. Car, à raison de son immensité, il ne peut rien faire hors de soi, vu (}u'il est partout, en suite de quoi sôint Paul dit aux Athéniens : In ipso vivimus , rnovcmur et sumus. [Act. xvH, 28.) Or l'homme, qui peut au mal ce (pie Dieu ne peut point (car ce I ouvoir est une iiupuissanee), a trouvé le moyen de se séparer de Dieu et de son souverain bien [lar le péché. Mais il a plu à la bonté divine de rechercher et relever cet iiomme, ainsi déchu de Dieu et do soi-même. Kt comme l'homme, par le mouvement de la nature qu'il ne peut anéantir, a un instinct de retourner à Dieu, aussi a-i-il jduàia divine Providence de dre>ser un droit chemin pour l'y ramener, et ordonner l'état do la religion comme une invention très-digne de sa sagesse éternelle, pour rejoindre et relier les hommes avec Dieu (dont aussi est venue l'élymologie de ce mot, selon saint Augustin),' et pour rétablir une sainte alliance entre Dieu et les hommes 1 C'est pourquoi il n'y a jamais eu religion qui n'ait eu de la part de Dieu une loi posée à l'homme, et de la part Je l'homme une obéissance rendue à Dieu ; de la part de Dieu derechef, des grâces et faveurs conférées et témoignées aux hommes par des signes sensibles que nousap[»elons sacrements ; et de la part de l'homme, un hommage rendu à Dieu par un culte externe de latrie, que nous appelons sacrifice. Tellement que la loi et l'obéissance, le sacrement et le sacrifice sont comme les liens qui nous attachent et conjoignent avec Dieu, et comme les piliers et les fondements qui soutiennent l'état de la religion en terre.