‹ Œuvres complètesChapitre 110 sur 540 · DISCOURS IV · texte numérisé non relu

DISCOURS IV

l'eucharistie est tout a la fois SACREMEN'I ET SACRIFICE.

I. Le Fils de Dieu étant venu en la lerre pour y établir une nouvelle religion , // a inis en son corps la rédemption du monde, la religion des peuples, et le salut des hommes. Jésus-Christ au ciel par Vétat de sa gloire, a voulu demeurer en la terre par le lien de son amour, et l'état de son mystère. Il est au milieu de nous comme le don que nous recevons de Dieu, et comme Voblation r/ue nous lui présentons, c'est-àdire comme sacrement et sacrifice. — II. L'hérésie outrecuidée donne uit'démenli à Jésus-Christ, parlant clairement au dernit'r de ses jours ; et les fidèles, comme ses ouailles, écoutent et suivent sa voix.

I, Puisqu'il a plu à Dieu prendre un corps, et se faire homme, et vivre entre les hommes pour le salut des hommes; et établir lui-même en la terre une religion céleste qui nnus sépare de la terre, nous tire à Dieu, nous élève au ciel , et nous y établit en corps et en âme pour un jamais , il a voulu vivre entre les hommes, et parler pour le gai ut des hommes : et par un conseil digne de sa sapience, il a mis en son corps la iédemi)tion du monde, la religion des peuples, et le salut des hommes; et par une pensée digne de son amour, il a voulu que ce corps et ce sang qu'il a pris d'entre nous, et qu'il a ré()andu pour nous, fût l'hostie de louange, la victime de Dieu, le ciment des peuples, et le centre de notre unité et avec Dieu et avec lui-même, et des uns avec les autres ; et à ces fins être avec nous jusqu'à la consommation des siècles. Et comme il est au ciel par l'état de la gloire, il est en 1? terre par le lien de son amour, et par l'état de ses mystères; et il est au milieu de nous, pour nous tirer au ciel, et pour être l'hostie de notre louange. Et d'autant que la religion contient nos devoirs envers Dieu, et les dons de Dieu envers nous, c'est-à-dire sacrement e.t sacrifice, il lui a plu que nous eussions tout en lui, et que ce môme corps tînt lieu de sacrement et de sacrifice tout ensemble, c'est-à-dire fût le don de Dieu et la grâce suprême que nous recevons de lui, dont il porte le nom d'Eucharistie, et qu'il fût l'hostie de louange, [lar lacpielle nous louons Dieu à jamais, et le présent sacré que nous oÛYons à Dieu l)Our reconnaître cl adorer son autorité su-

(liO) Qui fundubti terrain super ilabilitaïc

m ^uam. {Pbal. cm, 5 )

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prômo sur sos cn^ntiiros, comme l.i olio«o ineillciiro, In |»liis sniiitc, la plus diviiio «jiii soil eiilre nos nuiiiis.

II. Ces (oiiUs sonl iliscniiriis nillours, sont supitosjl's ici; et «-es vrriliVs solides et fon<lomonts ini^lirnnl.'ibles siilliseiit h .'iltirer notre esprit m I.i conlciniiljitioii de ce invstrre, nmpiel nous «vous et ndorons J«^sus- Clirist prcsent. si nous croyons liuuihlement h sa ()nrole, el si nous ne doutons point de .sa puissance el divinité. Nous avouons ingénument que nous ne voulons pas ^tro du iiomhre do ceux (jui aiment mieux suivre leurs sens (jue sa parole, (pii aiment mieux douter (le sa puissance (jue de leur hel esj>ril ot cnpa( ité. et qui prennent pour régie tle loi leur incréiluliié ; osant bien donner un démeiiti h Dieu en son mystù-e et en son Testament, e(, par une .■miJacc inlolérabli', dans le paradis île son Kj^Iise: imitant le îier|ient (jui, au paradis terrestre , a donné mi démenti h Dieu sur un fruit |)roliilié. lit nous n'avons | as assez de présomption |>our établir une néi^alive, disant imjiudemment (pie ce ncst pas son corps, contre son allirmalive, et lorMju'il nous dit luiinôme au dernier de ses jours; Ceci est mon curps , lequel, ajoute-t-il, sera livré pour vous [Mn'Jh. XXVI, 20): mais nous avons ns.^cz d'obéissance et de dépendance de sa voix, jiour le croire et le suivre en sa parole.

En l'humilité, en la simidicilé, en la sainteté de cetic créance, de celte obéissance et de cette adhérence à Jésus-Christ , nous suivons notre pasteur; nous écoutons sa voix comme ses ouailles; nous croyons sa parole plus que nos sens, plus que nousmêmes, plus (juc tout le reste du monde ensemble; et le reconnaissant en sa [aroie, le trouvant en ses mystères , nous l'adorons , nous le louons, nous l'invoquons, et nous le révérons de ce qu'ayant daigné lui-mftme opérer notre salut en la croix , il daigne nous ra[ipli(iuer lui-môme en l'Eucharistie. En cet esprit, el en celte foi nous allons en son église j)0ur partici[)er à ses mystères el à l'oblaiion pure, qui, en lous lieux selon Malachie, el en lous siècles selon Daniel, est otlerle à Dieu jusqu'à la consommation du monde.

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