DISCOURS V
JÉSUS, DANS l'kLCHAKISTIE, CONSIDÉBÉ SOLS TROIS RAPPOUTS AVEC LES HOMMES.
Dieu, en qui nous adorons unité et pluralité, se peignant lui-même en ses œuvres, a fait deux mystères d'unité et de pluralité, c'est à savoir l'Incarnation et rEucharistie.
Jésus-Christ doit être regarde en l'Eucharistie en trois manières : comme notre Dieu présent au milieu de nous, et auquel nous rendons nos devoirs ; comme le pnin de la vie éternelle , et comme le sacrifice et l'hostie que nous offrons à la majesté de Dieu. L hérésie ennemie de Dieu, comme Satan dont elle est engeance, essaye d'abolir ce mystère en tous ces trois points. Louanges et e/fpts du saint Sacrement.
ISIIK, DISC. VI, C.\ SCIC.NCE CT LV J 01. 700
Te Dieu quo nous adorons est signalé en soi-même, en unilé el en pluralité; uruté d'e-sence , pluralité de personnes; unité unissant celle pluralité rpii fait distinction .sans diversité en Dieu mônio. Au>si (;sl-il signalé en unité el plurahlé en ses ouvrages , cl en l'o-uvrc de ses œuvres, (jui est rincarnation, où nous adorons unité de personnes en pluralité d'essences.
Le même Fils de Dieu, comme élanl le môme Dieu (pie s<m Père, et ayant opéré co mystère de 1 li (arnation, my>ière d'unité el de |iluinlité, veut faire sur la terre un œuvre singulier, l'u.'uvre de ses (ouvres, l'abré/é d(; ses merveilles, le mystère (Je l'Eucharistie. El ((Miime semblable h soi-même, il le fait en unité el pluralité : joignant '"ois choses singulières dans un même mystère, sa présence au milieu delà terre, coiimie roi et souverain de son peuple; son .ncorjioiaiion dans nos (fDurs , dans nos corps , dans nos âmes, comme pain céleste, el aliment divin, (pli nous traiisfuinie en lui; et l'oblation au l'ère éternel , comme hostie et sacritice de son Eglise. Trois jjoinls liés en un même mystère, que l'Iu-résie maudite anéantit par trois erreurs contraires : (jtant la présence de Jésus-Christ ^on Seigneur souverain, de la terre, par son infidélité ; ne nous laissant que du pain et du vin, e.', une figure creuse et vide pour l'aliment céleste, cl un signe [)Our la chose signiliée; et abolissant le sacrifice per[iétuel , pour prévenir les desseins, el préparer la venue (Je l'Antéchrist au mon(Je. L'Eglise, humble , constante et fidèle, doit persévérer en la créance et au discernement de ces trois points signalés, el tirer l'usage qu'elle doit de la présence de son Dieu en la terre, de la pâture céleste qu'elle reçoit de lui en son cœur el son corps, et de l'olTraniie qu'elle doit faire de lui au Père éternel.
Les âmes saintes qui ont la mort en désir, et la vie en tolérance, et qui vivent en la terre comme en un exil et bannissement, y sonl consolées de ces trois points : de ce qu'elles peuvent croître en l'amour de Dieu, |iarla divine veru de la manne céleste ; un giand privilège qui ne convient qu'à la tcri-e ; de ce qu'elles ont le Fils de Dieu, leur roi et leur sauveur, présent cor|)oreIlement au milieu d'elles; et de ce qu'il a mis en leurs mains un divin moyen de lui rendre, el à Dieu son Père, un hommage vraiment digne de son infinie majesté. C'est la manne de noire désert ; c'est l'agneau du passage de notre exil ; c'est le pain de noire vovage et quarantaine jusqu'à la montagne d'Oreb; c'est la victime de notre propiliation; c'e?t notre hostie de louange; c'est notre sacrifice d'actions de grâces el d'impéu-ation, et le [Mix par lequel nous obtenons tout du Père.