‹ Œuvres complètesChapitre 125 sur 540 · CHAPITRE XIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII

Cette science est fille de V oraison, disciple de l'humilité, mère de discrétion. Son maitre est Jésus-Christ ; Unus est magistervester Chri»tus. (3/f/?//i.xxiii.8 ) Cette science fait partie de i esprit de l'Oratoire. Déclaration de l'espritde celte congrégation. Quelles dispositions il faut pour Cacquérlr.

Aspirons donc à cette science sainte, divine et salutaire ; elle est fille de l'oraison, disciple de l'humilité, mère de discrétion ; «lie requiert des disciples, qui ne veulent l)as seulement ap|)rendre, mais veulent faire aussi ce qu'ils ont afipris. Elle a cela de propre, que celui qu'on pense être maître est disciple lui-même, et le premier disciple de son école, et s'instruit en instruisant les autres, et se fait saint en faisant saints les autres ; et Jésus est proprement l'unique maître de cette science, comme il dit lui-même à ceux qui devaient être les maîtres de l'univers : L'nws esr magister rester. Or Dieu qui a voulu perfectionner en ce siècle toute autre sorte de science, dissipant les ténèbres des siècles })assés, veut aussi renouveler et perfectionner de nos jours cette science vraiment sienne et propre à sa lumière et à son esprit ; science qui ne périra point en la terre, comme les autres ; car son origine n'est pas de la terre, mais du ciel, et de la terre aussi elle passera au ciel. Et d'autant que Dieu a mis tous SCS trésors en son Fils : Jn quo sunt abscondiii omnes ihesauri scientiœ et sapienliœ Dei (Co/oss.ii,3), puisons en lui cette science de luimême ; et puisque nous faisons profession spéciale d'adhérer à Jésus, comme prêtres de Jésus, ayons soin de rechercher cette science de

Jésus, de recevoir cet esprit de Jésus, de nous conformer aux desseins et voies de Jésus. Nous devons bien honorer et même supposer toute autre science qui est bienséante à l'état ecclésiastique; mais nous devons faire exercice et profession [irincipale de celle-ci; nous devons tendre à celle-ci. C'est la science apostoli(]ue, c'est la science de Jésus, le sujet et le docteur de cette science. C'est la science qui enseigne les mystères, les giandeurs et les voies de Jésus, et qui fait les ouvriers en la vigne de Jésus. Et cette science fait partie de l'esprit de celtecongrégation : espritd'amour, d'hommage et de lumière au regard de Jésus ; esprit servant aux desseins et conseils de Jésus dans les âmes ; esprit d'honneur, d'adhérence et de dépendance au regard de tout ce qui concerne Jésus ; esprit qui doit être connu et pratiqué des supérieurs, et même doit être éminent en eux. Car ils sont obligés de donner cet esprit 5 leurs inférieurs, et de les disposer à cette grâce et lumière par leur conduite, ce qu'ils ne peuvent faire sans celte éminencr. Car les philosophes nous enseignent qu'il faut avoir l'acte pour le donner à ceux qui ne l'ont qu'en puissance, être ens in actu, pour réduire ad actum cnsin potentia. Recherchons donc cette science, cette science de salut, cette science de Jésus ; recherchons-la avec es()rit d'humilité, avec oraison, avec adhérence au Fils de Dieu. Et pour rentrer en son école, en sa science, et en cet art de régir les âmes par son esi)ril ou pour sa gloire, reconnaissons comme tout ce que nous savons de Dieu, de son Fils unique, de l'économie de sa grâce, de ses voies sur les âmes, des âmes même>, et de l'art de les régir en la grâce et pour la grâce, est si peu au regard de ce que nous ignorons, et au regard même de ce qu'il serait nécessaire que nous en sussions, que pour correspondre à la vérité, nous sommes obligés défaire beaucoup plus profession d'ignorance quo de connaissance ; et nous ne devons enlre- })reDdre d'agir que f)ar nécessité ou par une j)uissanle conduite de l'obéissance et de la charité, et lors môme nous ne devons agir que comme ayant et ressentant un très-grand besoin de la lumière et conduite du Saint- Esprit pour suppléera notre impuissance et obscurité.

Page 1