CHAPITRE XXIV
Le siipn'ieur doit prendre souvent en Fannée du temps pour vaquer pur lui-même aux choses les plus viles de la 7naison, et en cela rendre hommage aux bassesses que Jésus-Christ a voulu porter en son alliance avec nous.
Adorant et iuiilant ce rare exemple de la bonté et charité de Dieu envers Ihomme, le su[>érieur doit s'appliquer à tous, et à tout inuîiédialement jusqu'aux personnes et aux clioses moindres : et ne doit rien réputer indigne de son soin et de son ministère, faisant par soi-même, et non-seulement [)ar autrui, ce que sa charité reriuiert et son temps lui jjermet. Et en l'honneur de ce grand abaissement du Fils de Dieu aux choses basses et viles de notre nature et condition, il doit prendre chaque année, et du temps exfjrès pour vaquer par soi- même aux plus vils ministères de la maison, et pour imiter celui qui a dit : Sum inmedioveslrum qui minislrat,non sicut qui recumbit. [Luc. XXII, -21.) Et comme Dieu même s'est étendu à régu- et déifier non-seulement la vie sf>ililuelle et raisonnable, mais encore la vie animale et sensible, et la vie même végétante de la nature humaine unie au Verbe, aussi le su|)érieur doit avoir soin, nonseulement des âmes, niais aussi des corps, et doit régirtoul, non-seulement les actions grandes, mais aussi les actions plus basses et concernant les cho:3es moindres et corpo-
CARDINAL DE DERULLE.
relies: et en un mot, doit avoir soin de tout, des esprits et des corps, de l'intérieur et do l'extérieur, du général et du particulier, du dedans et du dehors, de tous les lieux et ofiices de la maison, de la santé, de la netteté, de la propreté du corps humain et delà communauté, etc; et doit avoir un œil ouvert, et une prudence étendue sur tout et ap|)liquée h tout.